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Le Révd J,B. Thibault, le colonel de Salaberry et M. D). À. Smith nommés commissaires donnérent des explications dans une assemblée générale, réunie le 18 décembre, au fort Garry.
À la fin de cette assemblée, le président du gouvernement provisoire demanda au peuple d'ordonner une convention de 40 délégués, représentant le pays, et chargée de délibérer sur les propositions du gouvernement du Canada.
Les délégués élus se réunirent au fort Garry, le 25 janvier 1870.
Le 27, Louis Riel fut élu président du gouvernement provisoire, en remplacement de John Bruce.
Les trois commissaires appelés devant la convention lui firent part des conditions auxquelles il offrait au peuple d'entrer dans la confédération, et en même temps, il lui conseillait d'envoyer des délégués à Ottawa, en leur promettant une réception cordiale,
—Le peuple obtempéra à ce conseil. M. le juge Black, le Révd M. Ritchot et M. Alfred H. Scott, furent choisis comme délégués. Toutes leurs dépenses de voyage devaient être aux frais du gouvernement canadien, qui les a de fait payées.
Ces dispositions prises, on commençait à respirer, lorsque le Dr Schultz qu'on avait laissé s'échapper de 14 prison, le 22 janvier, provoqua un soulèvement de 7 à 809 hommes, qu'il réunit, à Saint-André, à environ 10 milles, au nord du fort Carry.
Deux meurtres y furent commis, celui de Sutherland, un homme parfaitement inoffensif, qui n'avait pris aucune part aux troubles et celui de Parisien, un des séides aveugles du Dr Schultz.
Des courriers furent expédiés dans tontes les directions, portant l'ordre de commencer la uerre sur plusieurs points à la fois, afin de orcer les Métis à abandonner le fort Garry, pour secourir leurs familles ; au moyen de cette guerre fratricide et lâche, le Dr Schultz espérait dégarnir je fort de ses défenseurs et s'en emparer sans coup férir.
Les Métis s'étantemparé d'un de ces courriers, du nom de William Goddy, le condamnèrent à mort, sans forme de procès, Il fut conduit dans un des bastions du fort pour y être exécuté, et le peuple fut apaisé, Mais par une ruse généreuse, Ambroise Lépine et Elzéar Goulet arrachaient à la mort cette malheureuse victime de la vengeance populaire, en simulant une exécution secrète qui n'eut pas lieu. Goddy dut son salut à ces deux hommes, dont l’un, Elzéar Goulet a été assassiné, en plein jour, au milieu de Ja ville de Winnipeg, par une main restée inconnue, dont l’autre, Ambroise Lépine a été condamné à mort, sentence qui fut commuée en deux aus d'emprisonnement.
—Le 17 février, 48 hommes, sous les ordres du major Boulton, sont faits prisonniers par A. Lépine. Boulton conspirait avec Schultz contre le gouvernement. 11 ne dût la vie qu'à l’intervention de Riel et à l’intercession de M. D. A. Smith, l’un des principaux employés de la compaguie.
des délégués allaient partir pour Ottawa, lorsque le Dr Schultz souleva les habitants du Portage Laprairie et les tribus sauvages des environs contre le gouvernement provisoire.
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L'histoire de Scott trouve ici naturellement sa place,
Thomas Scott faisait partie du détachement des arpenteurs qui envahirent les premiers la Pointe de Chêne, sous les ordres de M. Snow.
Dès lors, il se signala par sa violence, On le vit, un jour, porter un pistolet à la figure de son chef, et s’en étant emparé avec une bande de misérables de son espèce, ils l'entraînèrent à la rivière avec l'intention de le noyer, ce dont ils furent empêchés par d’autres hommes du même parti,
Au commencement de décembre 1869, après la déclaration de guerre de M. McDougail, Scott fut incarcéré comme l’un des partisans les plus dangereux du Dr Schultz. S'étant évadé, il se réfugia au Portage de la Prairie, d’où il repartit en février, à la tête d’une bande de forcenés, pour venir attaquer le fort Garry, commettant toutes sortes d’exactions et forçant sur une distance de 40 milles, des gens paisibles à prendre les armes, et à le suivre.
Il arrive inopinément à Winnipeg, suivi d'une centaine d'hommes armés et se rend droit à la demeure de Riel qu’il fait cerner, avec l’intantion de s'emparer de la personne du président du gouvernement. Par bonheur, Riel n’était pas chez lui.
Après cette audacieuse tentative, ils allèrent rejoindre, à Saint-Anüré, le rassemblement tumultueux de sauvages et de blancs aux ordres du Dr Schultz.
Le 17 février, quand Boulton fut pris avec ses
47 hommes, sous les murs du fort Carry, Scott était encore du nombre.
“ Ainsi capturé pour la seconde fois, Scott dans sa prison, re lite pas de se distinguer par la violence de sa conduite qui s’exagéra surtout le ler mars. Ce jour-là, lui ot MeLeod forcèrent les portes de leur prison, se ruèrent sur les gardes, invitant leurs compagnons à faire comme eux. Les Métis qui avaient toujours traité les prisonniers avec beaucoup d’égards, furent si indignés de ces outrages qu'ils trainèrent Scott en dehors de l'établissement et qu'ils allaient le mettre en pièces, lorsqu'un de leurs représentants l’arracha de leurs mains, Tous demandèrent que Scott futtraduit devant un conseil de guerre. Cependant, il ne fut pas livré de suite à la cour martiale, Riel tenta d'éviter cette extrémité en faisant venir Scott devant lui, Il l'invita à se bien rendre compte de sa position, le priant en quelque sorte, quelles que fussent ses convictions, de se taire et de se tenir tranquille dans sa prison: ‘afin, dit le ‘“ Président, que j'aie cette raison d'empêcher “ que tu sois traduit devant le conseil de l’ad- “ judant-général, comme les soldats métis le de- “ mandent à grands cris.”
Scott dédaigna tout, et persista dans sa mauvaise conduite.
D'heure en heure, on s'attendait à voir surgir de nouveaux troubles. Ces troubles allaient mettre en jeu la vie des citoyens : ils tendaient à entraver le départ des délégués. Ils favorisaient les projets du Dr Schaltz, qui, ne pouvant plus demeurer à la Rivière Rouge, se rendit à Ontario pour y soulever les masses contre le gouvernement provisoire, empêcher les dé-
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iégués d'être reçus officiellement par le gouverneur et pour tâcher de faire prévaloir à Ottawa une délégation du Nord-Ouest, selon son choix.
Le 3 du même mois, Scott comparut devant un tribunal de guerre, Examiné sous témoignages assermentés il fut convaincu et condamné à mort,
Un ministre méthodiste, le Révd, M. Young passa avec lui le reste de la journée et toute la nuit jusqu’à l'heure de l'exécution qui ent lieu le lendemain, 4 mars, dans l'enceinte du fort.
Le Révd, M. Young accompagna Scott jusqu'au lieu de l'exécution, Le condamné avait les yeux bandés et les mains liées derrière le dos, Vingt hommes armés de fusils étaient rangés sur une même ligne, en face de lui ; trois fusils seulement étaient’ chargés à balles et rien ne les distinguait des autres chargés à poudre. Au commandement ‘ feu ” ! il y eut une décharge d'ensemble et Scott tomba à la renverse, mais il n’était pas mort, Un métis nomumé Gtoulet s'approcha alors de lui et l’acheva d'un coup de pistolet tiré presqu’à bout portant.
Le corps fut déposé dans une bière grossière, On entoura cette bière de lourdes chaînes, etla nuit suivante, des personnes dont les noms sont ignorés, la transportèrent dans une voiture appartenant au Dr Schultz, à un endroit profond de la rivière. Un trou y fut pratiqué dans la glace et le corps y fut jeté. Mais si bien enfoui qu'ait été Scott, il n’en a pas moins continué d’agiter le pays et la confédération tout entière. Dans ia province d’Ontario surtout l’exaspération fut à son comble. Protestants, orangistes, anglais, écossais ne voyaient