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gouvernement canadien, pour avoir alors, par écrit, la convention déjà faite au sujet de l’em nistie,. Son Excellence le gouverneur-général répondit qu’il ne croyait pas qu'il y eut rien au monde de plus sûr que la parole même d’un représentant de Sa Majesté. Que cette parole, lui-même l'avait engagée en faveur de l’amnistie. Que les habitants du Nord-Ouest auraient cette amnistie, et qu'elle serait rendue dans le Nord-Ouest avant les délégués eux-mêmes.
Les délégués revinrent au Æort Garry, le 17 juin 1870. Le 24 du même mois, le gouvernement provisoire ayant réuni la chambre des représentants du peuple, se fit rendre compte, dans nne séance publique, des arrangements faits avec le Canada, par les délégués.
Le traité se composait de deux choses fort distinctes : lo de la constitution politique d'une partie considérable des territoires du Nord-Ouest, comme province indépendante
‘dans la Confédératian. C'était l’'Acte même de
Manitoba. 20 du règlement définitif de toutes les difficultés passées par la proclamation très prochaine d’une amnistie générale qui avait été prenne à notre délégation, comme je viens de e faire connaître.
des délégués avaient fait avec le gouverne-
ment canadien des arrangements si favorables,
que la chambre des représentants du Nord- Ouest vota, sans aucune opposition, le consentement d'entrée dans la confédération. Et le gouvernement provisoire, par son secrétaire, d'Etat; Thomas Bunn, notifia de ce fait l’hon. Joseph Howe, secrétaire d'Etat pour les provinces. Le document portait, que le Nord- Ouest consentait à se confédérer avec le Cana-
da, parce qu’il y avait dañs l'acte de Manitoba les principes pour lesquels il avait combattu, et parce qu’une amnistie générale ne devait pas tarder à être proclamée.
Sa Grâce Mgr Taché porta cette importante pièce officielle aux autorités, à Ottawa.
I1 faut remarquer ici, que le gonverneurénéral n'avait pas rempli la promesse faite par ui, aux délégués, que l’amnistie précéderait
leur arrivée dans le Nord-Ouest.
Cependant, le 15 juillet 1870, le transfert de la terre de Rupert et des territoires du Nord- Ouest fut fait au gouvernement canadien.
Pour terminer leurs arrangements, les déléués avaient prévenn le gouvernement canaien, que les membres et les officiers du gou-:
vernement provisoire voulaient être déchargés de la responsabilité de gouverner, aussitôt après que le transfert aurait été opéré. Mais, : comme là-dessus, l'honorable ministre de la milice et de la défense, Sir Georgé Etienne Cartier, avait insisté auprès des délégués, en disant : “ Que Riel et son conseil continuent à maintenir la paix, après le transfert, dans Manitoba et le Nord-Ouest, jusqu’à l’arrivée du lieut-gouverneur, ” les délégués se dévouèrent à cette tâche, |
Depuis le 15 juillet 1870, jusqu’au 24 du mois d'août suivant, le gouvernement provisoire agit de par l'autorité du gouvernement fédéral et dans l'intérêt du Canada. Cet espace de temps écoulé, le colonel Wolsely arriva au fort Garry. Au lieu de se présenter ‘amicalement, comme le droit des gens lui en faisait un devoir, son arrivée fut celle d’un ennemi. Le Vice-Président du gouvernement provisoire,
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Pierre Poitras, deux des représentants du peuple, qui, le 24 juin auparavant, avaient voté amicalement en faveur de la confédération, suivaient paisiblement la route qui mène à leurs demeures ; Wolsely les fit arrêter violemment et trainer en prison. L'un d'eux, P. Poitras, un vieillard, tut sérieusement maltraité par les soldats du colonel Wolsely.
Après avoir ainsi pris possession du Fort Garry que Riei avait abandonné, Wolsely, dans un discours public, se félicita, lui et ses tronpes, d'avoir mis en fuite les bandits de Riel. Telles sont les expressions dont Ie général se servait pour qualifier le gouvernement provisoire et ses soutiens.
‘“ Quelques jours plus tard, arriva le lieutenant-gouverneur, les mains vides de l’amnistie, le sine qu non, du contrat politique passé avec le gouvernement canadien.” :
Dans un article que publiait la Revue Canadienne, du mois d'août 1871, M. Sulte faisait du fort Garry, la description suivante :
“Le fort Garry a eu des commencements bien humbles, il a passé par nombre’ de transforma tions avant de devenir la capitale d’une province. Simple poste de traite sous les Français, il s’est agrandi et, depuis cinquante ans, il a acquis de l'importance avec la petite colonie qui l’avoisine, Tel qu'il est aujourd'hui, il a été bâti en déux fois : la première en 1840, formant à peu près un carré de :300 sur: 250 pieds, et la seconde fois en 1850, en doublant
4 L'exposé ci dessus est emprunté principalement au mémoire de Riel, publié +n 1874 : Montréal, irup. du Nouveau-Monde, dont l’auteur est bien connu.
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cette étendue et le nombre des bâtiments qu'il renferme, lesquels sont de briques et de bois, disposés sans trop d’égard pour la symétrie et le plaisir des yeux. La construction de, 1840 seule est entourée d'un mur de pierre d’une dizaine de pieds de hauteur ; l'autre par une haute et forte palissade. Les meurtrières, les bastions où l’on a installé de l'artillerie, et quelques précautions de cette nature dans l’ensemble des constructions, en font une véritable fortesse à l'épreuve des attaques des Indiens, mais presque sans moyens de résistance contre une troupe armée à l’européenne. Il est placé dans l'angle formé par les rives gauches des rivières Rouge et Assiniboine, à 200 pieds de cette dernière et à 2,090 pieds de la ville, (150 maisons de Winnipeg, sur la Rivière Rouge.)
‘“ Personne, dans l'entourage du colonel, ne pouvait l’informer des intentions de Riel, Les portes du fort étaient closes et l’on distinguait, sur les bastions et sur la grande entrée, les gueules menacçantes des canôns braquées sur la colonne qui s’avançait, et desquelles pouvaient sortir tout-à-coup le fer et Je feu.
“ Point de drepeau sur le fort. Nul signe en dedans des murs. La pluie et le brouillard aveuglaient les soldats. L’anxiété la plus vive régnait dans les rangs. Le colonel faisait presser le pas. Quelques curieux s'étaient groupés dans la plaine, en dehors de la portée des armes à feu, pour être témoins de ce qui allait se passer. Telle était la situation.
“ Le silence inquiétant du fort devenait terrible pour les troupes. L'idée d’un piége se présentait à tous les esprits comme une chose naturelle en présence de cette étrange scène.”
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“ Ce passage guillemeté est une composition que nous nous sommes plu à faire, en imitant les récits du colonel Wolsely, du capitaine Huyshe et de quelques correspondants de journaux.
Tout est vrai dans ce passage, * on y redresse le fait principal, à savoir : que le colonel et ses soldats connaissaient parfaitement qu’ils marchaient sur un fort ouvert et que Riel, s’il y était encore, n'avait gardé presque personne autour de lui. Nos lecteurs peuvent maintenant reconstruire le récit de cet événement en faisant la part du ridicule, qui s'attache à la mise en scène du colonel.
“ Plus on avançait, plus la solitude semblait complète derrière les murs. Enfin, un certain nombre de gens du paye, et trois fficiers s’avancèrent au galop, et la vérité se révéla d’un coup d'œil ; Riel était parti! Effectivement, il sortait, avec Lépine et O’Donoghue, par la porte qui s'ouvre sur la traverse de l’Assiniboine, à l'instant même où les troupes entraient par l’autre façade du fort, dans un pêle-mêle facile à comprendre sous l'impression d’une telle bonne. fortune. Il était dix heures du matin.
Hisser le drapeau britannique sur le fort, fouiller les logements, piller les magasins de la compagnie de la Baie d'Hudson, pousser des cris de réjouissance et maudire bien haut Riel et ses adhérents, furent les premières occupations des soldats. I] y a gros à parier qu'ils eussent fait un très mauvais parti aux lieutenants de Riel, qui eussent eu la naïveté de se laisser prendre en cet endroit, Nauf deux colons français, arrêtés dans les bureaux de la compagnie de la baie d’'Hud son et qui furent relàchés immédiatement, toute la prise du fort se brna à de bruyantes
démonstrations, arrosées par le grog de la compagnie.
“ Riel avait attendu le débarquement des troupes pour partir. Jusqu'à la veille de leur arrivée, il avait corn, paraît-il, qu'elles! suivraient mais ne précèderaient pas le gonverneur ; une fois qu'il fut bien certain du contraire, il assembla ses principaux conseillers, . dont quelques-uns optaient encore pour la résistance, et délibéra avec eux sur la conduite à tenir dans les circonstances où ils se trouveraient placés après leur sortie du fort. Le conseil términé, il passa la nuit a rassembler ses papiers seerets qu'il expédia en lieu sûr; il leur attache une importance que l’histoire pourra dévoiler un jour, nous l’espérons. ‘Il ne se coucha point ; il déjeûna vers neuf heures ; ensuite il prit congé des derniers amis qui avaient passé la nuit au fort, ou qui étaient allés le voir en ce moment ; puis, quand il vit les troupes de ses yeux, il traversa la rivière. Après avoir regardé de loin, pendant quelques instants, les files de soldats qui pénétraient un à un dans le fort, il monta à cheval et se diriar sans être poursuivi, vers Pembinaet le vilage américain de Saint-Joseph.” |
Voici d'après le rapport officiel, la liste des armes trouvées dans le fort : :
“26 canons, tant de bronze que de fer, la plupart de petit calibre et de fabrique: ancienne, dépareillés, mal montés et. tous couverts de rouille. . 77 fusils à pierre, 46 fusils à percussion, presque tous en très mauvais état, ou complètement inserviables, 12 seulement. étaient chargés, 8 carabines américaines, 1 carabine Enfield, 124 bayonnettes, 6,188 livres de poudre
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contenues dans 98 barils. 80,000 cartouches à balle et d'autres munitions en petites quantités. (Ces armes appartiennent toutes à la compagnié de la Baie d'Hudson,
“ Riel, qui est un homme intelligent, et qui avait pour principal support des chasseurs habitués au maniement des armes à feu, ne songeait donc pas à résister puisqu'il laissait ses moyens de défense s: détruire sous ses yeux et qu’il ne gardait, pour lui et son escorte, que douze fusils en bon ordre et chargés — si bien entretenus qu'en lus tirant, onze partirent à la première capsule, ce qui fait voir que les autres armes auraient pu devenir redoutables
- entre les mains des Métis, s'ils enussent voulu
s'en servir contre les troupes.
“ Le but de l'expédition était atteint. Il ne restait plus qu’à remettre le gouvernement du pays à M. Archibald, attendu de jour en jour, et à renvoyer, sans délai, les troupes régulières en Angleterre, où les rappelait un ordre pressant du bureau de la guerre, pour compléter le retrait des troupes du Canada, décrété par la politique dite “ libérale ” du cabinet actuel de Londres.
“Maître du fort Garry, le colonel Wolsely se trouvait provisoirement la seule autorité légitime du pays. Il ne voulut pas prendre la conduite des affaires et s’arrangea un rôle d'Achille retiré sous sa tente. Ce’pacificateur attitré ne crut pas devoir empêcher ses soldats de molester les habitants qui avaient pris part à l’insurrection. Le mauvais effet de sa conduite s’est
-fait sentir dans les rangs des volontaires d'On-
tario, la plupart déjà trop disposés à exercer des représailles contre les catholiques et les français de Manitoba.
“ Le lieut.-gouverneur arriva le 2 septembre, par la route de Winnipeg, et prit en main le gouvernement de la province. Le 10, le colonel Wolsely, accompagné de son état-major partit, par la voie de terre, pour rejoindre les réguliers à l’angle nord-ouest du lac des Bois,
“ L'arrivée tardive du lieut.-gouverneur sert d'argument dans la bouche des amis du colonel Wolsely, pour excuser et couvrir les. troubles qui ont eu lieu dans le premier moment de réaction politique provoqué par l’arrivée des troupes.
“ Le pouvoir civil, disent-ils, avait été remis à M. Archibald, qui était absent, et cela privait le colonel de tout moyen d'agir. Dans les circons: tances exceptionnelles où il se trouvait, nous pensons, au contraire, que le colonel devait, en justice pour tous, assumer, de sa propre initiative, l’autorité nécessaire pour faire régner la paix autour de luiet rassurer les colons de toutes les croyances politiques et religieuses. Il n’a pas voulu remplir ce devoir de conscience,
“L'extrême rapidité de la marche des réguliers, depuis le Lac des Bois jusqu'au fort Garry, avait on le comprend, dérangé les calculs du gouverneur, qui, au lieu de les suivre à une journée .le distance, n’a pu arriver au fort que sept jours après eux.. Mais le colonel va plus loin que de formuler une accusation de délai ; il vouarait avoir vu M. Archibald le précéder au fort Garry. On se demande quelle position le gouverneur aurait eue, sans force armée pour le soutenir, s’il eut pénétré dans la province que Riel tenait encore sous son contrôle ; car, malgré les protestations pacifiques de ce dernier, le gouvernement canadien devait être désireux de
n'avancer qu'à pas sûrs et d'éviter une seconde édition rh mésaventure de M. MeDougall. Lorsque l'on connaît la lettre de l'évêque anglican de Rupert's Land, adressée au colonel lui. même, on est surpris de l’aplomb avec lequel ca dernier blâme le cabimet d'Ottawa, et exprimé une opinion que personne n'a partagée,
“ Riel a tenu le fort Garry jusqu'au dernier moment, mais n'en déplaise aux personnes qui ont cherché à le représenter comme un rebelle à tous crins, il n’a jamais cherché à s'opposer à l'approche des troupes du Canada’, Sa conduite dans la malheureuse affaire de la mort de Scott lui a valu, à juste titre, le désaveu des gens sensés ; toutefois, il s’est arrêté à cet acte de violence, et s’il a persisté à ne pas se désaisir du pouvoir avant l’arrivée des troupes, ça été autant pour empêcher l'anarchie de lui succéder, dans l'intervalle, que pour conserver une position, dont il ne pouvait encore se prévaloir pour rendre plus imposantes ses prétentions à un acte de la clémence royale. En vue de ce dernier résultat, il n’a abandonné ni le contrôle des affaires publiques ni préparé de résistance aux troupes. Voilà, réduite à sa juste mesure, la politique de Riel dans les mois de mai, juin, juillet et août. Les révolutionnaires et les rebelles ne sont pas ordinairement si raisonnables, : D'ailleurs, il est avéré que sans la mort de Scott, qui l’a forcé de se soustraire aux représailles, Riel fut resté au fort Garry pour y recevoir les troupes et le lieutenant-gouverneur, et
t Voir à ce sujet le livre que M. Alexander Begg vient de publier sous le titre de ZZstory of the Red-River troubles, dans lequel il constate que Riel était désireux de voir arriver les troupes.
serait aujourd'hui l'homme le plus considérable de Muanitoba,
“ Nous croyons qu’on ne lira pas sans intérêt le ps suivant d’une lottre adressée, le 28
Le let 1870, par monseigneur Taché à Son xcellence le gouverneur-général, C'est l'archevêque qui parle :
“ Je veux tout d'abord repousser les odieuses “ calomnies dont j'ai été personnellement l'ob- “ jet dans certains journaux, La participation “ que j'ai prise aux troubles de la Rivière- ” Rouge se réduit à la peine extrême que j'en “ai Fe préasine et aux efforts que j'ai faits, au “ meilleur de mon jugement, pour les apaiser. “ Je regrette autant que qui ce soit les actes “ déplorables qui ont eu lieu, et cependant, j'ose “ affirmer qu'il est impossible de juger impar- “ tialement ces actes, à moins d’avoir sur les “ circonstances qui les ont fait naître des infor- “ mations Les ne possèdent pas ceux qui ont “ vécu en dehors du milieu où ils se sont pro- ‘“ duits.
“ Trois hommes ont perdu la vie pendant les “ troubles de la Rivière-Rouge. Le premier, “ Sutherland, a été, je dirai la victime d’un ac- “ cident, puisq..'il a été tué par Parisien qui “ n'avait pas l'usage de la raison. Parisien lui- “ même, fait prisonni-r d’abord par le sci-disant “ parti loyal (auquel pourtant il appartenait) fut ‘“ ensuite mutilé ou tué au point d’être laissé “ pour mort, par ce même partiet mourut en “ effet par suite des horribles traitements qu'on “lui avait fait subir. Personne ne blâme la # mort de ces deux hommes ; tout au contraire, ‘* quelques-nns de ceux qui ont le plus contri- ‘“ bué à la mort de Parisien prétendent faire
le de Ma-
8 intérêt te, le 23 é à Non l'est l'ar-
odieuses nent l'obicipation Rivièreque j'en
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endant les | premier, e d’un acrisien qui risien luisci-disant tenait) fut être laissé aourut en ents qu'on blâme la contraire, lus contrident faire
; preuve de loyauté en demandant que l'on ‘ venge la troisième victime, l'infortuné Scott, * Ceux qui connaissent les évènements s'éton- “ nent bien moins de la mort de Scott que du “ fait qu'iln’y a eu qu'une seule victime dans le ‘“ camp des insurgés, (Cette dernière circons- ‘ lance prouve du moins que la soif du sang et “ l'esprit de vengeance n'étaient pas le mot “ d'ordre de ce peuple en armes,
“Je ne veux incriminer personne, mais dans “ mon humble opinion, si les plus coupables et “ les plus rebelles devaient être punis, le chà- ‘“ timent pourrait bien être infligé à quelques- “uns de ceux que l’on exalte comme les cham- ‘“ pions de la loyauté, Si des actes déplorables ‘“ peuvent avoir une compensation, je la trouve “ cette compensation dans la conduite mème ‘‘ des chefs du mouvement insurrectionnel de “ la Rivière-Rouge, Ce mouvement n'a jurnais ‘ été fait pour soustraire le peuple de cette ré- “gion à l'allégéance de Ja Grande-lretaune.
“ Le drapeau britannique n'a jamais 616 abattu “et le drapeau fénien n’a jamais été arboré, “ quoiqu'en aient dit les journaux. Les féniens “ n'ont rencontré que des refus ou le silence, “ quand ils ont offert leurs services et coopéra- “tion, En dehors de l'association fénienne, le “ LE Miro provisoire de Ja Rivière- “ Rouge a repoussé des offres qui auraient pu “ le séduire, si le sentiment de l’allégéance ne ‘ l'avait pas dominé. Des sommes collectives, ‘“ à un montant total de plus de quatre millions “ de piastres, des hommes et des armes ont été “ offerts, et le tout a été refusé par ces rebelles, “que l’on voudrait faire pendre aujourd'hui “ par l'expédition que d'autres voulaient les
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“ déterminer et les nider à attaquer."
Le lientenant-gouverneur Archibald avait à peine pris en mains les rênes du pouvoir que les féniens menacèrent les frontières de la colonie, Les troupes régulières ayant 6té rappelées, le gouvernement se trouvait impuissant à repousser l'invasion, Force fut au lieutenant. gouverneur d'accepter alors les services que Riel et Lépine lui offrirent spontanément, Ils organisèrent en quelques jours un corps de volontaires assez imposant pour intimider les envahisseurs, De rebelles qu'ils étaient réputés la veille, les voilà devenus les défenseurs du trône et da drapeuu britanniques Deux prétendus assassins veillent sur les destinées de l'empire, La reine en a fait ses sentinelles avancées, Peuvent-ils être flétris après avoir offert leur sang pour protéger 1n constitution ? Seront-ils condamnés par les lois qu'ils ont contribué à sauvegarder ? Ils ont offert leur poi. trine à l’ennemi, va-t-on leur donner l’échafaud pour récompense ? Aujourd'hui des héros, demain des criminels ! Ne seront-ils pas plutôt des martyrs ? Etranges criminels que la patrie en danger appelle à son secours et qui font un rampart de leur curps à ses institutions menacces.
Le horde fénienne ainsi paralysée dans ses efforts, dut se dissiper sans coup fêrir, De leur côté, Riel, Lépine et les volontaires qu'ils com: mandaient retournèrent à leurs occupations, avec in confiance qu’une amnistie générale serait bientot proclamée. Leur dévouement n'effaça. ‘-1l pas dans l'esprit de la reine, le sonvenir de ieur faute, qui pouvait être une erreur mais non pas un crime ? Pouvaient-ils s’atten-
rait à r que colo- \ippeant à nant que
Ils
e Vos en- >utés s du pré- »s de elles avoir ion ?
| conr poi- \faud x, delutôt atrie it un
des Eos
dre à un châtiment lorsqu'on leur devait tant de reconnaissance ?
Les élections pour les Communes ont lieu en 1878 et Riel est élu député du comté de Provancher, Il se rend à Ottawr pour assister à la session de 1874, Mais poursuivi, traqué par lès orangistes qui ont juré de venger par sa mort l'exécution de Scott, il Ini faut se déguiser, sè cacher, changer de domicile au moindre soupçon qu'il a d'être déconvert ou filé, Par bonheur, il compte autant d'amis qu'il y a de Canädiens-Français dans la province. Réfugié à Hull, sur le territoire de la province de Québec, entouré d’une population dévouée il peut y braver en paix la rage des fanatiques, mais
u'il ne se risque pas dans les rnes d'Ottawa. Une mort à peü près certaine l'y attend, La police de Manitoba et d'Ottawa chargée d'un mandat d’arrestation va le saisir, s'il échappe aux poignurds et aux balles des assassins, Cependant, le 80 mars, il quitte sa retraite de Hull et se rend seul au er er rte où il prête serment d'allégéance comme député de Provancher, en présence du greffier des Communes.
La nouvelle s’en répandit avec la rapidité ‘de l'éclair. Tout le monde crut qu'il allait prendre son siège dans l'après-midi. Il fallait .voir la foule se presser aux abords du parlement, Lne véritable marée humaine montait de toutes les rues, de toutes les avenues, venant battre de ses flots murmurants les marches du pérystile du palais législatif. Les uns s'attendaient à voir entrer Riel entouré d'une phalange d'amis, de toute la députation canadienne-française, sa garde d'honneur : les autres croyaient qu'il se glisserait incognito à travers la foule. On le