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Les deux autres rivières du Loup n'étaient pas des rivières, mais bien et dument de beaux zrands villages, la Rivière-du-Loup en haut et LÀ Rivière-du-Loup en bas, désignation qui leur est venue de leur position géographique vis-àvis (Québec, la première étant au-dessus, la seconde, au-dessous de notre capitale, Ces deux villages devenus depuis, deux villes, ont pris les noms de Louiseville et de Fraserville.
D'où vient ce nom de Rivière-du Loup ?
Quelque chef sanvage appelé Le Loup, ' avait-il sa cabane ? Les loups fréquentaient-ils autrefois ces parages en troupes ? l’histoire ne nous en dit rien. |
De la rivière, le nom a passé au premier établissement, s’est élendu ensuite au village, mais la ville l'a repoussé en s'éloignant de la rivière. Elle a oublié son origine, méprisé son berceau. (Cela se voit si souvent parmi nous, que je ne lui en ferai pas reproche. Avec cela qu’elle détruisait l’anomalie d'une rivière qui tout en étant rivière est en même temps une contrée formée de terrains, de rochers, d'arbres, en même temps une ville de quelques milliers d'habitants, Fraserville est un nom de reconnaissance pour les dons généreux de la famille Fraser, Il a été inspiré par de bons sentiments, il sera bien porté,
Charmante petite ville, pleine de promesses, rendez - vous des touristes américains, des familles fashionables du Canada. qu'égaient les baigneurs, les baigneuses;, les valseurs, les valseuses, des concerts, des bals, des dîners, de bruyants pique-niques, des régattes, où Îles. amoureux se tressent des bouquets de fleurs sans épines, pour le moment du moins, où les
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politiciens de haute volée trouvent un refuge contre les pétitions, les requêtes, les demandes de places, les soumissions et les contrats. Les aigles s’abattent des hauteurs jusques sur le riVage. Fuyez tendres colombes ! Sir John A, McDonald y a passé les dernières vacances avec l’hon. À. P. Caron, son jeune collègue, le brillant ministre de la milice, son ami de cœur plus encore que son disciple politique.
Pour être une station balnéaire furt recherchée, Fraserville n’en est pas moins, un port de commerce en été, une place importante d'affaires en toute saison. Les heureux du, monde, les riches y cherchent le plaisir, sans le trouver toujours, les malades y puisent la santé, les jeunes y sont en quête d'aventures galantes, les vieux s'y croient à la fontaine de Jouvence, mais dans cette affolement des étrangers, la population résidente y poursuit activement ses travaux et son commerce. En face de la salle de bal, contrastant avec l'harmonie des flons flons et les bruyants trintrins des verres et des bouteilles, on entend le bruit des marteaux de forge qui charmaient l'oreille de Pythagore, et les ronflements sonores de la vapeur. Dans le port, le yacht fleuri plein de chansons, de petits cris de mouettes effrayées, de gaieté folle se croise avec le bateau à vapeur affairé, avec les goélettes chargées des produits du golfe et de la côte nord : au parfum des fleurs se mêle l'odeur de la morue, de l'huile de marsouin ou de phoque et du musc des pelleteries. À côté d'1 papillon, sur la mêérue fleur, vous voyez l'abeille puisant le miel qui nourrit, Ja cire dont on fait des flambeaux et des cierges, des flambeaux pour éclairer la marche du pro-
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grès, des cierges pour éclairer l’antel.
L'afluence des étrangers à Fraserville durant la belle saison est un luxe agréable, un surcroit de ressources sans donte, mais ils disparaitraient que sa prospérité n’en serait pas atteinte. Elle peut se suflire à elle-même, par son industrie, ses moyens naturels, ses chemins de fer, son port dont elle sait tirer parti avec intelligence. Les sacrifices ne lui coûtent pas, elle sème à pleines mains assurée qu'elle est d'un rendement au centuple, Il n’en est pas de même de Cacouna qu'un caprice de la faveur ou la vogue a fait naître, qu'un soutle peut emporter, gentil château de cartes dont s’amusent les désæœuvrés du beau monde,
L'Evénement du 16 septembre dernier, résumait les progrès de Fraserville dans les lignes suivantes qui sont bonnes à conserver :
‘“ Le ministre de la mihce a fait l'acquisition de la résidence qu’il habitait cet été.
Le sergent d'armes de la Chambre des Coimmines, M. Macdonnell, a aussi acheté une résidence d'été,
M. Bates, d'Ottawa, a fait ériger une superbe villa au prix de $K,000.
M. J. E. Pouliot s'est aussi fait construire une fort belle résidence.
L'hon. M. Thériault, ci-devant membre de l'exécutif du Nouveau-Brunswick, vient d’acheter une très-belle résidence qu'avait fait construire M. Fortin.
La propriété Beaulieu, près du quai, a été achetée pour la somme de 825,000 par la compagnie Sénécal qui va y ériger au coût de ei un grand hôtel et une dizaine de Villas.
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Une quarantaine de maisons ont été eonstruites cet été dans les limites de la ville,
Le prolongement de la voie de l'Intercolonial jusqu'au quai est à peu près terminé,
Une succursale de .la banque Jacques-Cartier sera ouverte en cette ville, le premter d'octobre,
Le gouvernement fédéral doit construire un bureau de poste, ici, l’an prochain, A l’heure qu'il est, il est reçu sept courriers et il en est expédié sept tous les jours.
Le port doit être déclaré ort d'entrée et un officier de douane sera nommé bientôt.
I] manquait un journal à Fraserville, M.
Mercier du Quotidien vient de combler cette lacune. On dit que cette petite feuille grandit de jour en jour, qu'elle couvre déjà de son ombre favorable plus d’un millier d'abonnés.