Que prendrez-vous Monsieur? me demanda une servante
—Vous avez du hachis ?
"st (est lui ! c’est lui !” exclama une voix que je reconnus. La jeune fille mystérieuse était à 1a table voisine à côté de,sa compagne, Evidemment, ces paroles venaient d'elle à mon adresse. Je ne pouvais les voir parce que je leur tournais le do:, mais je n’en fus pas moins étrangement troublé.
On m'apporta du hachis ; je n’y tonchai pas je mangeai. du pain avec des cornichons : je le méritais bien n'est-ce pas ? je mis du fromage dans mon thé avec un peu de: sel en guise de sucre, puis jouant avec mon couteau sur mon assiette, une servante accourut, :
—Que désirez:vous Monsieur ?
—Qe que je désire ? rien,
— J'ai cru que vous aviez appelé ?
—Ah ! pardon alors. Puisque vous y êtes je désirerais savoir si je snis fou oui ou non ?
—On n’a pas de ce mets-là ce soir, Monsieur.
—Tant pis pour moi alors.
—ÆExcusez-moi Monsieur, je suis une nouvelle servante dans la maison : j'en parlerai à M. Dion, peut-être y en aura-t-il demain ?
— Vous le mettrez sur la carte si je le demande ?
—M. Dion nous a recommandé de ne vous rien refuser.
—Fort bien, remerciez M. Dion pour moi :
je me charge de le féliciter de votre intelligence et de votre zèle. Vous mettrez sur la carte du dîner, demain, du fou a lier vous m'entendez ?
Certainement monsieur. Du reste, on doit connaître cela à la cuisine.
—Je n’en serais pas surpris, dis-je en me levant de table— : j'en ai vu bien d’antres dans les menus d'hôtel.