LA LOI DE
On rappelle souvent que Louis Veuillot combattit le projet de loi de 1850, qui, en fait d'enseignement, allait donner aux catholiques une liberté considérable. On devrait rappeler aussi que la même opposition fut faite par bon nombre d'évêques, notamment Mgr Parisis, et par des prêtres et des laïques importants.
En revanche, il ne faudrait pas dire, et pas du tout, que Louis Veuillot revendiquait pour l'Église le monopole de l'enseignement.
Non, Louis Veuillot, les évêques, les prêtres et les laïques qui approuvaient son opposition et ses critiques, ne demandaient pas que l'Église obtînt aucun monopole. Loin de là : ils repoussaient tout monopole d'enseignement. Ce qu'ils reprochaient au projet de loi, c'était précisément de consacrer, en le modifiant, le monopole dont bénéficiait l'Université. Ils déploraient qu'on abandonnât l'ancien programme, lequel comportait l'entière liberté.
Il reste là-dessus une longue série d'articles écrits au milieu de la lutte.
Dès que le projet de loi parut, Louis Veuillot annonça qu'il le combattrait, et pour les raisons suivantes :
« (29 juin 1849.)-.. Qu'avons-nous demandé, toujours et unanimement? La liberté 1 Que nous offre le projet? Une faible part du monopole!
« Le projet organise et fortifie le monopole ; il n'institue pas la liberté.
(( ... L'Université gouverne les établissements libres, autorise les livres et les méthodes, confère les grades.
« ... Dans la vaste enceinte du monopole, on trace un petit enclos dominé de toutes parts. On y place des sentinelles universitaires, une douane à l'entrée pour les livres, une douane à la sortie pour les examens, on y envoie des inspecteurs et on nous dit : plantez-là un drapeau ; c'est le terrain libre.
« ... Sans doute il est urgent d'en finir, mais avec le monopole et non avec la liberté. Il est urgent de vaincre, il n'est pas urgent de transiger.
« Nous n'avons, pour nous, jamais combattu en vue d'une transaction future, c'est-à-dire en vue d'obtenir moins que nous demandions. Nous ne reconnaissons pas que nous ayons jamais rien réclamé au delà du juste et au delà du nécessaire, rien au delà des droits de l'Église et de la famille, rien au delà du droit de la conscience chrétienne, rien au delà du droit pressant de la société. Nous