‹ Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 59 sur 66 · L'ORIGINE ET LE SENS DE L'ŒUVRE · texte numérisé non relu

L'ORIGINE ET LE SENS DE L'ŒUVRE

Au chapitre XX de Cinq -Mars, Vigny avait fait une place somptueuse à la primauté du génie poétique; il laissait paraître l'espoir, partagé avec toute sa génération littéraire, d'un avènement prochain du règne de l'intelligence : le rôle essentiel des grands écrivains dans les sociétés modernes semblait d'autant plus indispensable que le régime du sabre et le pouvoir de l'hérédité nobiliaire étaient également dépassés par l'esprit du temps, et qu'un retour à la théocratie paraissait improbable. Or le Régime de Juillet satisfit de moins en moins des espérances qui , aux approches de 1 830 , étaient fort impatientes : la royauté de Louis-Philippe associa bien à la «curée» un certain nombre d'écrivains, mais ne tarda guère à accorder aux puissances d'argent, aux grandes entreprises, une importance fort explicable : encore paraissait-elle une trahison à ceux qui avaient annoncé «l'empire toujours croissant de l'intelligence». Ils entendaient par là, non seulement ie droit à la critique ou les revendications des «capacités», mais aussi les vues qui dominent, par l'expérience de l'histoire et la vie supérieure de l'esprit, les simples exigences des partis et des intérêts.

Dès la fin de l'année 1830, les notes prises au jour le jour par Vigny témoignent d'un agacement qui va croissant, et qui n'est pas moins révélateur parce qu'il se revêt d'une sorte d'humour, également hostile aux apostasies fructueuses , aux succès de l'improvisation facile, aux condescendances du talent pour la popularité, aux surenchères

des flatteurs de l'opinion. Au poète qui s'était trouvé plutôt en froid avec la Restauration, la Monarchie de Juillet n'agrée guère davantage, et son principal grief — auquel s'ajoutera maint ressentiment personnel — c'est que l'« esprit pur» ne s'y trouve pas assuré d'une meilleure situation que sous d'autres régimes. Despair and die, «désespère et meurs» : sera-ce donc l'issue obligée de tant d'enthousiasme généreux chez les plus désintéressés des écrivains?

La position du poète vis-à-vis du pouvoir — non sans une outrance caractéristique dans les revendications — va donc inspirer la seconde œuvre romanesque de Vigny. Qu'elle dût être fort différente de la première, l'auteur de Cinq-Mars s'en rendait si bien compte que son manuscrit a gardé , biffé au bas d'une page , un rappel de ce qu'il y avait de plus «frénétique» dans son premier roman — et qui ne devait pas reparaître dans l'œuvre en cours. Stello dit au Docteur-Noir :

(F* 6.) Commencez donc pour me consoler une douce histoire de malade [qui] où il n'y ait pas un Bourreau, pas un précipice, pas un monstre, pas un Damné, pas une sorcière, ni une tempête, ni un orage comme j'en ai fait dont bien me peine, favorable aux grands cris et sentimens criminels, [ni une scène d'auberge, s'il vous piaît,] et leur servant de basse continue; pas une émeute populaire, [je vo] surtout; c'est trop facile pour vous par le tems qui court, il ne faut qu'une fenêtre sur la Rue. Surtout je vous en conjure point d'Ecoliers [c'est encore trop [facile] aisé, vous n'auriez qu'à copier tout ■ autour de nous. Ecoliers ministres, [critiq] conspirateurs en plein vent, écoliers capitaines, écoliers tacticiens] j'ai mon enfance en horreur.

Ce n'était pas le seul rappel donné au temps où Vigny écrivait Cinq- Mars. Le même feuillet, imputant d'abord les diables bleus, «monstres pluviatiles, infernales puissances de l'hiver et des brouillards», à une tendance au rhumatisme, portait ceci, qui fait allusion à l'impatiente époque où le 55* de ligne tenait garnison à la frontière d'Esipagne :

Maudite soit la nuit [des] où dans les Pyrénées... mais [qu'importe à qui que] qui s'intéresse [à des] aux services longs et douloureux d'une armée évanouie? Ah! [si vous pou] mon ami, si vous pouviez...

Le mécontement de Stello, enfin, disait son fait à la médiocrité contemporaine :

(F* 10.) — [Je suis las des [jeunes] [nouveaux] livres] qui prennent l'air vieux, [autant que des vieu] piteux [et bonhomme] et mignard; de leur fausse bonne -foi, de leur crédulité sournoise, de leur rudesse étudiée, de leur sauvagerie parisienne, de leur [gaucherie] païsannerie citadine, de leur

dévotion impie, de leur sublimité pie, noire et blanche ou [comme l'antithèse] antithétique, [de leur] comme il vous plaira; de leurs efFrois symétriques, de leurs trépas paralléliqucs, des ogres [faméliques] héroïques; des vierges sottes; des horreurs chirurgicales, aussi bien que je le suis de [la] prose poétique, de poésie prosaïque, [l'une] sautant, l'une du bas en haut l'autre du haut en bas ; [la première] pour se joindre et mêler assez tristement parfois. Et nos Drames, ô mon fidèle ami, les Drames [à personnages escamotés, à colères boursoufflées, à ficelles tordues à dénouement] à scènes combinées comme une partie d'échecs, à événemens entassés géométriquement dans des cartons [magnifiques] peints, à personnages escamotés, nos Drames raides comme [le valet de cœur] la Dame de trèfle et [le valet de pique] son valet; nos chers Drames noirs et rouges comme le charbon [d'enfer] et le Diable, parlant en vers qui me font mal aux lèvres en passant. Si vous en êtes las pour les voir que suis-je donc pour les faire, hommes éternellement injustes !

[Et les [journaux] grands journaux et les petits [journaux et les gros journalistes et les petits] [qu'on se garderait de lire, n'était la crainte d'y voir son nom barbotant] qu'on se garderait de lire, n'était la crainte d'y trouver son nom barbotant malgré soi et la nécessité de le relever [du pied ou de la] de sa propre main [de peur de] pour empêcher la submersion — comment n'en être pas fatigué [à sentir] à mourir. Et les idées Aristocratiques filles de l'Orgueil et les idées Démocratiques filles de l'Envie — choisissez entre deux péchés mortels.

[Par Dieu j'ai la pluie en horreur et le soleil en dégoût] Je suis las de la fausse science, etc.

II y a donc , chez Vigny, tout un frémissement d'impatience excédée, <jui fait écho à la déception dont témoignent des œuvres comme les ïambes de Barbier. «Le Docteur Noir seul parut en moi, Stello se cacha.» (1832.) Œuvre de douleur — et d'insomnie, si nous en croyons l'aveu du poète et les crayonnages manuscrits de son labeur nocturne, — ces proses recueillent des griefs que domine, par ailleurs, la foi idéaliste de Vigny.

Cependant c'est une forme humoristique, au moins au début et dans ses allures apparentes , que prend la mauvaise humeur de l'écrivain. 11 «polarise» les suggestions de l'intelligence et celles du cœur — «la tête est philosophe, le cœur est poëte» — en opposant le Docteur-Noir à Stello , en les mettant aux prises comme Sancho et Don Quichotte. Le Tristram Sbandy de Sterne a certainement contribué à créer l'atmosphère et tels personnages de Vigny et à y introduire un certain maniérisme : là aussi triomphent les infiniment petits dans les plus grandes entreprises, le sens des gestes et des attitudes , l'illogisme fantaisiste des personnages, la cordialité d'un caporal Trim et l'humour

d'un D' Slop, les dissonances foncières dans l'opinion qu'on peut se faire des choses. D'ailleurs, si «l'idée des Consultations et du D"^ Noir m'est venue de cette observation très simple que les hommes sont tous malades de la tête» {Journal inédit, 1832), il était naturel que le spécialiste portât un nom qui rappelait par antiphrase le fameux D'" Blanche, le psychiatre lettré, élève de Pinel, à qui se confièrent tant d'hommes de lettres à Montmartre et à Passy. Il ne paraît pas douteux, d'autre part, que les livraisons d'août et décembre 1830 de la Revue britannique n'aient aidé Vigny à animer sa confrontation du médecin et de l'hypocondriaque, l'un et l'autre tenant là une place éminente : le médecin — dans l'espèce le D' Samuel Warren , auteur du Diary of a pbysician , — servant de confesseur à l'espèce humaine, le neurasthénique maudissant la vie dans ses accès de spleen. Un ami de Vigny, Lourdoueix, avait imaginé semblable dialogue dans ses Folies du siècle (18 18).

Dans une note biffée de son manuscrit [f*3], Vigny faisait dire à Stello que seul un peintre anglais, avant lui, avait éprouvé ce genre de détraquement causé par l'atmosphère : on songe aux sautes d'humeur de ce singulier ami de Sterne, Hall Stevenson, châtelain de Crazy Castle. Le blue devil, enfin , figurait dans la Démonologie de W. Scott et dans la Fée aux miettes de Nodier.

D'autre part, les singularités de Hoffmann dont la vogue est grande à ce moment, les truculences de Rabelais que Vigny pratique volontiers, ont contribué à l'attirer sur ce terrain de l'humour, assez peu analogue à ses dispositions profondes.

Ce n'est que chemin faisant (et sur les instances de Buloz) que Vigny a porté à trois le chiffre primitif de deux anecdotes contées par le Docteur-Noir à son client [f" 8 du manuscrit] : le triptyque ne s'est copiplété qu'en mars 1832. En 1831, une histoire d'Ancien Régime monarchique , une histoire de Régime Parlementaire, suffisaient à épuiser l'acrimonie du défenseur des poètes.

L'histoire d'Ancien Régime s'en tient à la légende de Gilbert — victime légendaire de la dure condition de l'homme de lettres — devenue d'assez bonne heure et sans raison le symbole du génie infortuné : Vigny a consulté la Correspondance litte'raire de La Harpe et, sans doute, les éditions de Gilbert de 1788 et de l'an XII.

Pour l'idée de la «puce enragée», qui agrémente d'une élégance un peu façonnière la démonstration de la désinvolture royale, Vigny a pratiqué les deux volumes d'un recueil : Paris, Versailles et les Provinces au XVI II' siècle (Paris, 1809), dont l'auteur anonyme, Du Gas

'<!e Bois Saint-Just, réunit de nombreuses anecdotes bien faites pour documenter un narrateur en quête d'historiettes. Vigny trouvait là (I, 288, 294., 343) un souvenir des «petits soupers» du timide et défiant Louis XV le Bien-aimé, une allusion à M. de Beaumont, archevêque de Paris , une anecdote relative à M°" d'Esclignac et à sa peur des puces enragées. Une certaine rancune à l'égard des oublieux Bourbons ne pouvait manquer de se faire sentir dans un récit qui mettait l'un d'eux en scène , et C'est M"* de Châteauroux elle-même — morte avant la naissance de Gilbert ! — que le manuscrit du poète nous présentait d'abord.

Assez habilement, Vigny a opposé en quelque sorte, aux Plaintes du malheureux de Gilbert, les vers de Clitandre à Trissotin (Femmes savantes, IV, 3). Lecteur de Chamfort (cf. Mercure de France, 16 janvier 1909), il s'est trouvé par lui confirmé dans cette idée que «l'espérance est la plus grande des folies»; mais il n'en espère pas moins, de son intervention pour les poètes, un sort meilleur dans l'avenir.

Quant à l'histoire de Chatterton, ou plutôt à sa légende, elle était depuis longtemps connue en France; mais, comme Ch. Nodier avait servi, à Amiens, en 1809-18 11, de secrétaire à sir Herbert Croft, le premier défenseur passionné du marvellous hoy, on peut admettre que le jeune Anglais qui avait tenté de se pousser au plus vite par une supercherie littéraire jouissait à l'Arsenal d'une réputation déjà faite.

Le poète français est d'ailleurs en 1832, et restera en 183^, au moment où sa pièce reprendra le même thème, assez médiocrement informé au sujet de son émule d'outre - Manche. H. Reeve, qui deviendra son ami et qui lui rend visite le 14 janvier 1835, ^""^^ enthousiaste de Stella, notera que «son Chatterton est une pure abstraction fondée sur une biographie résumée de ce jeune garçon mise en tête de ses œuvres» : sans doute, en effet, les notices courantes ont-elles suffi à lui donner quelques repères. C'est le tome XV des Englisb Poets de Chalmers (18 10), qui lui fournit textes et glossaires. En somme, il le dira à propos de son drame :

Chatterton n'était qu'un nom d'homme et j'écartais à dessein les faits exacts de sa vie pour ne prendre que ce qui la rend un exemple à jamais mémorable d'une noble misère (1839).

A quoi s'ajoutent, pour Kitty Bell, une dolente interprétation d'héroïnes à la Richardson et, peut-être, le souvenir de l'élégiaque Marceline Desbordes -Valmore.

Enfin, quelque atmosphère anglaise peut avoir été suggérée à l'écrivain français, avant tout séjour outre-Manche, par la saison de plage, en pleine colonie britannique , que Vigny fit à Dieppe en 1827 et qui fiit peut-être agrémentée d'une excursion sur la côte d'en face.

Les deux récits concernant Gilbert et Chatterton paraissent dans la Revue des Deux Mondes des 15 octobre et i" décembre 1831 : «Première consultation du D' Noir, position du poëte dans la société.» Outre l'insistance de Buioz qui presse l'écrivain de poursuivre, une autre invite encore lui était adressée par Nodier, qui a publié dans la Revue de Paris, en 1829,1a rapsodie qu'il appelle Souvenirs et Portraits de la Révolution. Or, dans son chapitre La réaction thermidorienne, le négligent conteur, avouant son absence d'ordre et de méthode, ajoutait : «... Mais quel tableau , grand Dieu ! pour ces grands écrivains qui sont de grands peintres, un W. Scott, un Victor Hugo, un Alfred de Vigny, que celui de ces jours d'exception dont le caractère indéfinissable et sans nom ne peut s'exprimer que par les faits euxmêmes ...»

r\\cz ses dispositions à la Tristram Sbandy, Vigny devait être enclin à conter ces faits du point de vue des infiniment petits , facteurs insoupçonnés des plus grandes choses. La réaction thermidorienne résulte, à en croire son récit, de la nonchalance d'un canonnier (qui, pour le fantassin Vigny, semble devoir sa drôlerie spéciale à Rudon l'artilleur, crayonné par G. Cavaignac dans le Vieux Canonnier, Revue des Deux Mondes, t. III, p. 275, 1831) : les humoristes se complaisent à attribuer à des causes ridicules les plus grands événements.

Mais le pathétique suprême, au gré de Vigny, et la farouche iniquité de toute cette époque, n'était-ce pas l'exécution d'André Chénier? Sa vieille admiration pour le poète des Idylles était presque une déclaration de profondes affinités; ne l'avait-on pas salué, des 1825, comme son vrai continuateur.

Toi qui nous rends Chénier, jeune et brillant Vigny?

A l'heure présente ■— il termine Stella en mars 1832 — l'opposition grandissante et l'hostilité fondamentale entre les «avocats» et les «penseurs» qui lui paraissait caractériser le régime ne pouvait manquer de grandir jusqu'à le fausser l'holocauste d'André. Celui-ci était depuis assez longtemps la troisième figure d'une triade douloureuse,

et par exemple Ch. Loyson, dans le Lycée français de 1819, le mettait à côté de Gilbert et de Chatterton. Peut-être Vigny a-t-il pris connaissance des inédits de Chénier (cf. C. Kramer dans la Rev. d'bist. litt. de la France, 1925, p. 105).

Sur la tranquille frivolité et le stoïcisme involontaire des prisonniers de la Terreur, Paris, Versailles et les Provinces (I, 335) contenait des textes probants. Des personnes de son monde avaient connu M"' de Coigny; d'autre part Vigny, le 27 décembre 1832, jetait cette ligne dans son Journal: «Note sur M"" de Saint-Aignan. Ma mère i'a connue — se la rappelle parfaitement.» Il se pique aussi d'avoir visité l'ancienne prison de Saint-Lazare.

Enfin l'Histoire de la Révolution et de l'Empire de Thiers , que Vigny a consultée de près (il note sur son manuscrit les pages 28, 244 du tome VI) contribuait à sa documentation générale, tandis que les Mémoires sur les Prisons de ç^ , ceux d'un Prêtre régicide, ceux de Thibaudeau , lui sont connus , et qu'une brochure vengeresse de l'époque , L'agonie de Saint-Lazare sous la tyrannie de Robespierre (Paris, s. d.), qui lui fournissait le nom du concierge Semé et l'âge de l'abbesse de Montmorency, lui permettait aussi de parler des tombereaux où les victimes étaient garrottées deux à deux. La vie et les crimes de Robespierre et de ses principaux complices ( Paris , an V ) peut l'avoir également documenté (p. 160, 178, 184). 11 n'en a pas moins ignoré que c'est à la «Barrière renversée» que Chénier fut guillotiné, et que les cheveux du poète n'étaient pas «noirs et plats», mais châtain foncé.

Ce qui semble, plus que toute autre chose, avoir ému la bile de Vigny en 1832, c'est la cristallisation tendancieuse de la légende révolutionnaire, telle que les partis politiques la pratiquaient désormais. Un passage biffé porte témoignage de cette inquiétude :

(F° 95.) [Et ne me parlez pas de] [Aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, on leur invente des systèmes, on leur fait l'honneur de les supposer dévoués volontairement à la haine de l'avenir par amour de rbumanité et de la patrie]

C'est sur épreuves que Vigny, au chapitre xxxi, ajoutera quelques citations caractéristiques de l'esprit de système chez Saint -Just, comme pour protester davantage encore contre des doctrines de Salut Public dont l'injustice le révolte au même titre que la doctrine des souffrances expiatoires chez J. de Maistre.

Des «notes» (anciens papiers Ratisbonne) aident à faire com-

prendre la genèse de la plus importante des trois histoires enchâssccs par Vigny dans son encadrement humoristique. Elles s'ajoutent à ce mémorandum : «Tous les ouvrages de Robespierre et une dizaine de ses discours, l'éloge de Gresset, les Institutions de Saint-Just. . .» :

Nodier dans ses Souvenirs (à la fin) dit ceci : On dit cjue j'ai étendu Robespierre sur le lit de Procuste : cela est possible, mais j'ai peur de l'y avoir grandi. — II est noble de l'avoir grandi sous la Restauration et de s'en accuser en 1832. — Moi je ne le grandirai pas, par esprit d'opposition. Je voudrais le peindre tel qu'il fut.

Je ne suis pas content des Souvenirs de Nodier. — Il gâte ce qu'il y a de bien dans les observations sur les hommes et les teins, par des fables trop romanesques et trop composées et empesées.

Mad' de Montcalm a connu M"° de Coigny, celle qui fut emprisonnée avec André de Chénier et pour qui il composa la jeune captive. — Elle épousa depuis M. de Fleury, divorça, puis épousa M. de Montron qui la ruina en faisant ce qu'il appelait arrondir la dot de sa femme, c'est-à-dire en vendant tous les jours un angle. Elle le quitta enfin et est morte depuis plusieurs années.

— Elle était brune de peau, les J'cux noirs; bardie et animée, enflammée de langage, [et mais] ressemblant à la Corinne de Gérard.

Mad, de S' Aignan soufl^re de voir l'étourderie de M"' de Coigny compromettre André Chénier il fait pour lui plaire des vers qui le perdent. Ces bourreaux barbouilleurs de lois.

Notes sur 93. — Le 9 Thermidor. Le 8 André de Chénier mourut ( Thiers ).

Ce fut une lutte entre la Convention et la Commune. — Henriot voulait faire feu. Le refus des canonniers fixa le sort du 9 Thermidor. . . Si un canonnier eût approché sa mèche la face du monde eût changé . . .

La Commune assiégeait les Tuileries.

La Convention assiégea l'Hôtel de Ville.

Les Sections se décidèrent pour la Convention qui envoya ses commissaires.

(Mesure meilleure que d'attendre à l'Hôtel de Ville les députés de section.

— Robespierre fit cette faute.)

Robespierre — avocat froid - — méchant et lâche. Thiers appelle les œuvres d'André Chénier d'admirables ébauches. Ce sont des tableaux parfaits.

D. La Commune et la Convention s'excommunient mutuellement, — Ceux qui attaquaient succombèrent — ce fut la première fois dans la Révolution. A ce signe on voit que le mouvement ascendant était fini (Mignet) (bien vu).

Le D' : il y avait là quelque chose de fatal.

Je crois qu'il ne devait plus rien produire puisqu'il est mort alors.

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