I.OllS VEUILLOT. (il
ment, logeant, ceux-ci chez des amis, ceux-là dans des appartements provisoires; les noviciats de Saint-Acheul et de Laval furent fermés ; puis on attendit, sans plus se cacher mais sans bruit, les événements d).
Kn fait, et si l'on juge les choses sur leurs suites, le mal ne fut pas très grand. Après réflexion, on put même y trouver, au point de vue étroit des choses du jour, un certain avantage en ce sens que, la question des Jésuites étant écartée, la question de la liberté de l'enseignement effrayait moins le bourgeois conservateur, Lacordaire fit valoir cette raison que beaucoup de " sages » acceptèrent. M^*" Parisis, lui-môme, en tira un argument. « Maintenant, écrivit-il, que le gouvernement ne peut plus nous confondre avec les Jésuites, s'il continuait à forger des chaînes pour nos consciences... combien notre résistance en deviendrait plus manifestement légitime, notre position plus puissante et surtout nos réclamations mieux comprises ! » C'était vrai et l'on pouvait dire : A quelque chose malheur est bon; mais au point de vue des principes que défendait le parti catholique et de l'attitude belliqueuse qu'il avait prise, c'était un déplorable affaiblissement... Comment! nous parlions sans cesse et très haut de résister, de faire valoir nos droits de citoyens, de tout braver, et devant la première menace sérieuse
(1) De tous les ecclésiastiques français alors établis à Rome, celui qui servit avecie plus de zèle et d'habileté Kossi, fut M-' de Bonnechose, supérieur de notre église nationale, Saint-Louis des Français, et bientôt évè- (|ue de Carcassonne. Cela résulte de sa Vie, écrite sur ses notes, par M*' Besson, évèque de Nîmes.
D'après ce récit, qui n'est pas en tout d'accord avec d'auti-es, non moins autorisés, il faudrait voir en M'' de Bonnechose la cheville ouvrière des négociations. Ce serait sur ses instances que le Pape aurait enfin reçu Rossi et fait assez bon accueil à ses demandes; ce serait également lui qui aurait décidé le T. R. P. Roothan aux conces.sions dont le gouvernement français se contenta. L'Univers le traita alors en ennemi et il .s'en souvint longtemps. Cependant un beau jour il écrivit à Louis Veuillot : Soyons amis, et ils le furent... à peu près. fVoir la Vie du cardinal de Bonnechose, par M" Besson, t. I, p. 253-260.)
ti-.' I Ml is VKiii.i.ur.
Dows disparaissions sans ris(|uer mônic un a|)[)el aux lois ! Quelle cliute !
Louis Vcuillot souiriit beaucoup <!<• ce dénouement « doul)lement maliieurcux, disait-il : inallieureux pour la 0 liberté, malheureux pour la relifiion ». dépendant il ne fut pas de ceux qui jugèrent avec amertume et colère la conduite du K. P. Hoothan, du cardinal Lainhruschini et de (iiégtjire XVI. Il aurait, certes, voulu <ju on ne cédât rien; mais le jour où les concessions furent faites, il se dit que si le général des Jés'\iitcs les avait consenties, dans la conviction de se conformer aux intentions du Pape, tous devaient s'y résigner sans arrière-pensée, et il s'y résigna. Homme d'obéissance, il ne se croyait plus le droit de blAmer quand Home avait tout au moins laissé faire et gardait un silence qui valait ou, mieux, qui était une approbation.
CHAPITHE III