‹ Louis VeuillotChapitre 9 sur 73 · I.ol IS VKI 11, LOT · texte numérisé non relu

I.ol IS VKI 11, LOT

qui retourne à Paris, vous dira tout ce que je ne vous dis pas. »

Le I*. Rubillon, en remettant cette letlre à mon frère, lui apprit que Kossi demandait que les concessions faites lussent élargies. « Nous nous exécutons, ajouta-t-il, à « Saint-Acheul, Laval, Toulouse, Avignon, comme à <( Lyon et Paris, sans savoir si ces sacrifices nous pro- ;< fiteront devant les hommes. » Les craintes du P. Provincial ne furent pas justifiées et les sacrifices n'allèrent pas plus loin.

Plusieurs évèques avaient écrit au Pape en faveur des Jésuites, lui disant que ces religieux rendaient de grands services, et protestant contre les dénonciations ou plaintes dont ils pouvaient être l'objet. De ce nombre étaient M^' Parisis et M'' Clausel de Montais. Le Pape répondit par lettre confidentielle à chacun d'eux, mais seulement après que le succès de Rossi eut été annoncé. M^"" Parisis communiqua la réponse qu'il avait reçue à Louis Veuillot, avec la précaution, par crainte des indiscrétions de la poste, de n'en pas nommer l'auguste auteur :

« Je reçois à l'instant même (28 juillet) de Rome, une lettre d'un très haut "personnage qui me dit, de science très certaine, que pour l'affaire des Jésuites aucune négociation officielle n'a eu lieu avec le Saint-Siège et que si le Saint-Siège eût eu à se prononcer il l'eût fait avec la modération et la fermeté qui lui sont dictées par sa mis' sion divine. On ajoute que les Jésuites ont décidé spontanément qu'ils aviseraient aux moyens d'apaiser Forage sans cesser de faire le bien. Je vous donne confidentiellement ces détails les plus authentiques qui soient venus de Rome depuis la fameuse alerte, non pour que vous leur donniez aucune publicité dans leur forme originelle, mais pour vous diriger vous-mêmes quand vous avez à écrire sur ce sujet... »

M*^'"" Clausel de Montais faisait à mon frère une semblable communication et lui disait :

<io loi IS Vi;i ll.i.nT.

■ J'ai r«.Mu avant-hier 31 juillet i une hdlie du Pape, signée de sa main... Elle dit que le Saint-l*ère approuve notre zèle pour la défense des Jésuites, que, dans les occasions où cette Compagnie aura besoin de son secours, cet ap[)ui ne lui mancjuera pas. Ensuite, on nous fait observer ([ue la prudence doit être la modératrice de tontes nos actions et de toutes nos vertus. Kt le Pape ajoute : « Gratissimiim mihi fuit co(jno.scere... » Il m'a été très agréable de savoir que le général des Jésuites avait de lui-même spontanément réglé sa conduite sur cette maxime, afin do calmer l'irritation, etc.. Quoi qu'il en soit, ayons confiance; la mienne est inébranlable. C'est un sentiment dont je suis pénétré jusqu'au fond de l'àme. ..

On a beaucoup écrit sur cette allaire et j'ai là tout un gros dossier où je pourrais encore trouver de l'inédit. Je ne l'essaierai point. Ce serait m'écarter de mon sujet. Je veux me borner à l'indispensable, liossi, repris sévèrement par le Saint-Siège sur la dépêche où il avait annoncé et grossi son succès, déclara, avec des protestations de vifs regrets, que le texte donné n'était pas le sien. Il avait simplement dit que la Compagnie de Jésus allait d'elle-même se disperser, fermer ses noviciats et prescrire à ses membres de vivre comme des prêtres ordinaires. Ces explications et d'autres encore n'étaient ni tout à fait fausses, ni tout à fait vraies. Au total, après des négociations laborieuses où le cardinal Lambruschini avait eu le double rôle d'intermédiaire et de conseiller, il avait été convenu qu'une concession réduite serait faite au gouvernement français. Ne fallait-il pas que celui-ci, ayant promis à la Chambre de persécuter les Jésuites, pût au moins les gêner ! <■ Nous devons tâcher de nous effacer, écrivit le R. P. Roothan aux supérieurs français, et expier ainsi la trop grande confiance que nous avons eue à la belle promesse de liberté qui se trouve dans la Charte et qui ne se trouve que là. -> Les Jésuites se dispersèrent momentané-

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