I.OLIS VKl ll.l.OT
sans peine de leur conduite» dans l'aflaire des Jésuites.
Apr^s avoir ratifié les [)rocédés de son « ambassadeur », Montalombert déclarait à Tabbé Hiron, comme à tout le monde, <[uc Louis Veuillot et Taconet, ayant refusé de livrer leur journal à lui, le chef du parti et aux hommes de sou clioix, étaient de grands criminels :
(( J'estime, criait-il, que lopins grand crime qui ait été commis depuis longtemps contre la cause catholique a été celui des hommes qui, pour échapper à un contrôle honorable et public comme celui qui maintient et contient le Correspondant y ont été chercher en Belgique, un écrivain très respectable (1), mais étranger depuis douze ans à la France et à nos luttes, et qui ont ainsi rendu impossible la réalisation d'un plan conçu par les serviteurs les plus anciens et les plus dévoués de la liberté religieuse pour fortifier et discipliner l'action catholique en France. Dans tout le cours de ma vie, je n'ai rencontré chez personne un orgueil plus intraitable et plus effréné que celui qu'ont déployé alors devant nous MiM. Taconet et Veuillot... »
Cinq pages sur ce ton... ! J'y prends .seulement quelques passages propres à compléter et éclairer ce qui a été dit ailleurs sur cet incident.
Montalembert ne tenant compte, ni des rectifications qui lui avaient été opposées, ni des explications qui lui avaient été données, reprenait toutes ces accusations. Voici comment il prétendait se justifier d'avoir dit : ITnivers est la honte du catholicisme...
« J'ajoute enfin qu'il est honteux pour la cause catholique qu'on ne puisse pas empêcher, d'une part, une polémique dégoùtanle comme celle que Y Univers a entretenue contre la Démocratie pacifique (2), et que, de l'autre, ce même journal, dont on avait refusé la direc-
(1) M. d.i Coux.
(2) Je dois ici notor iiiinilili'mont que j'avais cii plus de part que tout
I2i» LOUIS VKni.l.nl.
lion ;i MM. (le i;avi,i;iian, Dupaiilnup, Laconlairc, LvïH)iiiijiiit ri m<ii, ail été, il y a peu de mois à la veille d'elle livré /i>>"r tic Targrut, à (|ui?... à quatre honnêtes i^'ens (le I)rai3''ui!,'^nan, dont ïl^niv/'/'s n'avait encore parlé que pour se niocpier. hc soile (pic l'cxislence morale et mail ricUc du piiiicipal orirane des intéièts religieux en France, se trouve livré tantôt aux {grossièretés du mauvais goût, tantôt aux caprices de la spéculation. Eh bien, je n'hésite pas à dire qu'un paieil état de choses esl la hontf! du catholicisme en France. .. ->
Ainsi, parce (|ue 17 '/èùv/\ avait maltraité la Drmocrntic paci/igur, organe d'une école socialiste foncièrement lubricpie, et parce qu<' Taconet ne s'était pas refusé j\ toute négociation avec « quatre honnêtes gens de Uraguignan » désireux (ÏAXoivV Univers, l'œuvre de Louis Veuillot était pour Montalembert et devait être pour tout le monde, la /in/i(c du calholicisme... Du reste, il y avait tout au moins de rend)arras dans cette explication, raide quant à la l'orme, mais au fond, anodine et fuyante, de la phrase oiatoire tant exploitée à Kome par M. Dupanloup et qui eut (le l'écho en France jusque dans la presse.
Naturellement, l'abbé Iliron remit cette lettre à ceux pour (|ui Montalembert lavait écrite. M. de Coux et Louis Veuillot décidèrent que chacun d'eux y répondrait. Ce fut une correspondance développée et où, de part et d'autre, l'aménité manqua. Le 16 novembre, Louis écrivait à du Lac, alors à Solesmes et déjà au courant de l'affaire :
« La lettre de .M. de Coux <>t la mienne ont, l'une et l'autre, dix pages et la question est traitée à fond. On déclare, en somme, à iMontalembert qu'il s'abuse d'une
autre dos iédacleui"s de YLnivers dans la iiolciniqui- ainsi qualifiée, .l'ajoulf que mes articles contre la Dcmocralie paci/i(/ue, organe dos phalansti-riens ot des amours ultra-libres, avaient (Hé revus et approuvt'-spar mes doux rédacteure en chef, .lo viens «le les parcourir dans mes Quesliotis d'hisloirr contemporaine. J'affirme que les doctrines vraiment déyoùlanles du fourii^'rismo y sont indiquées ot llétrios décemment. Ce n'était pas facile.