A l'abbé Coupy (Orléans) et à M. Fascon. Élections
28. A l'abbé de Serres, secrétaire du cardinal de Bonald. Les élections. La situation.
Même jour, à Montalembert.
Le 31, à l'abbé de Cazalès. — Conseil d'accepter la candidature.
.1 ajoute qu'en ce même mois Louis Veuillot écrivit chaque jour dans Y Univers et eut aussi chaque jour plusieurs audiences à donner. Toutes roulaient sur cette question : Que doivent faire les catholiques?
Quelques notes encore :
3 avril, au commandant de Maisonneuve « Nouvelles. Qu'il mette à ma place sur sa liste Bûchez ou l'abbé Ledreuille. » Cet abbé s'occupait beaucoup des questions sociales et des classes ouvrières. )
A l'abbé Chassay : «... Lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a peu de temps, nous disions bien que l'humanité était mûre pour des catastrophes immenses ; nous ne pensions pas dire encore si vrai. Dieu soit béni de tout. Voilà la grande charrue qui passe, renversant nos petits édifices; mais elle creuse d'immenses sillons pour la vie éternelle. »
Même jour, à l'évêque d'Annecy. Nouvelles et remerciements. Il prévoyait de grands désordres et ajoutait :
:iJ2 KOUIS VELILLOT.
« Après (juoi nous essaierons de réorganiser la société proI)altlemenf au moyen d'un»' «lntalure inilifairo. Tout est terrible, injuste par ceux «jui le iont, mais juste dans la volonté suprême qui les pousse. Cette bourgeoisie avait ( omble la mesure... Elle a v<miIu obstinément arracher Iheu du Cd'ur des peuples... »
A révè(jue de Langrcs. « Le pour et le contre sur les candidatures épiscopales à rAssemblée constituante. > Il aboutissait au pour.
A un séminariste qui, man(]uant de vocation, lui demandait une place de bureau : <■ Je n'ai point de place à lui donner, il n'y en a nulle part. Qu'il se fasse ouvrier ou soldat. »
Ce conseil un peu rude lit réllécbir le correspondant (le Louis Vcuillot. La lièvre que le mouvement révolutionnaire lui avait donnée se calma ; il resta au séminaire et devint un bon prêtre.
De mars 18V8 je passe à mars 18V0, et le cahier n'est guère moins chargé : quatorze billets pour annoncer aux intimes la naissance de Gertrude, sa troisième fille, et vingt-deux lettres dont voici les principaux destinataires : l'abbé Mignc, le comte de Falloux, Eugène Loudun « en lui renvoyant des vers >■ ; l'abbé (^aillaud, vicaire général de Bourges « sur IhJre Nouvelle et les polémiques »; MM. Hochet et Carnet « sur la vocation littéraire » ; Léon Aubineau, M"*^ Aflre, nièce de l'Archevêque, <■ pour un recueil de lettres de femmes chrétiennes » ; M"" la duchesse de Laval, MM. Adrien de Thuret, de Dumast, Foisset, M'"* Lenormant, le comte d'Horrer, « avec son manuscrit sur la prophétie du frère Hermann » ; M. Albert du Boys, refus de son article sur le livre philanthropique de l'abbé Tailhand. « Il faut plus de réserve en présence de ces tendances à la charité bureaucratique, etc.. etc. »
Par quels plais»irs Louis Veuiliot se reposait-il de tant de travaux? Iniquement par la vie intime. Il n'était d'aucun cercle, il ne fréquentait aucun salon, il n'allait pas au
LUI is \i:i ii.i.(/r. -.iii
thcùlio, hiciKjuil 1 ainiAt, ni au concert, malgré son goiU pour la musique. Recevoir assez souvent à sa tahle, plutôt maigre, sa famille et deuv ou trois collaborateurs, ou amis, c'était alors tout son luxe. Matliilde, sa femme, très aimante, très aimée et très modeste, s'arrangeait parfaitement de cette existence presque fermée. Quelques [)romenades au bras de son mari, et de loin en loin un déjeuner au café de Foy suffisaient à la contenter. Cette facilité de sa femme à se montrer vraiment heureuse des rares et si simples distractions qu'il lui donnait le touchait extrêmement. Ce fut une des douceurs de son mariage.
Et pendant quil vivait ainsi, Eugène Sue le dénonçait comme écrivant ses articles « aux flammes de l'orgie >> en compagnie de Rose Pompon I