Ibid., p
k, À Beauvais, au xrv° siècle, la municipalité tend à s'affranchir de la suzeraineté de l'évêque pour s'attacher plus étroitement à la royauté. Cf. Lapaxpe, AHisloire de Beauvais et de ses institutions municipales jusqu'au XVe srècle, dans les Positions des thèses soutenues par les élèves de l'Ecole des Chartes en 1890, p. 77.
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Ainsi s'établit un véritable régime municipal; car les élus sont choisis par l'assemblée des habitants. Mais cette création est purement accidentelle ; dans l'esprit du Dauphin, l'institution des élus a d’abord été toute provisoire : comme il arrive souvent, un mandat spécial, en principe, a pris peu à peu un caractère général; par des progrès incessants, les élus deviennent les exécuteurs des décisions de l'assemblée générale, puis les administrateurs de la ville. La nouvelle constitution est, suivant l’expression de M. Giry, l'une des plus démocratiques du moyen âge ; mais la royauté ne se félicite, en aucune façon, de son œuvre involontaire !.
D'ailleurs, Charles V reste fidèle à la tradition : il pense qu’au roi seul appartient le droit d'octroyer des libertés municipales. Il n’institue qu'une seule ville libre; il supprime même un grand nombre de communes par acte de justice, quand elles ont méfait; par acte de grace, lorsqu'elles sont ruinées : Roye, qui a été désolée par la guerre, ne peut plus supporter les charges inhérentes à une commune ; Charles V ordonne que les bourgeois « demourrent simples habitans..., sans moyen, comme avant ladite création et tolérance de commune ». — D'ailleurs, il dispose à son gré des municipalités; en 1366, il avait supprimé la commune de Tournai: il la rétablit quatre ans après; ce n'est pas qu'il ait consulté les désirs des habitants ; il fait faire une enquête adnunistrative, et il se convainc que les bourgeois seront mieux gouvernés par leur conseil que par les officiers royaux”. Charles V se considère done comme le maître absolu des villes: bien que la plupart soient ruinées par les guerres, il n'hésite pas à lever sur elles des impôts très lourds*.
LuCrry, op. cit., p. 209 et suiv.
2. E. Lavisse, Le pouvoir royal au temps de Charles V, extrait de la Revue Historique, de 1884, p. 27 et suiv.
3. Cf. Léopold Dezisce, Mandements et actes divers de Charles V