Bibl. nat., fonds francais n° 20486, fo
2. J. Quicuerar, op. cit., dans les Mélanges historiques, t. IX, pp. 448 el suiv.
8. Cf. un mémoire dans lequel on indique au roi des procédés pour se procurer de l'argent, et, entre autres, celui-ci : « Item de faire remectre où conseil ung proces que autrefoiz y fut levé entre aucuns particuliers de Cusset et le général de ceulx de ladicte ville, le procureur du Roy adjoint avec eulx pour ne que ladicte ville fast mise es mains de monseigneur de Bourbon. Et en ce faisant, fauldra une
cesse pressé par la nécessité. En avril 1470, le roi écrit à Bourré qu'il a « ung grant tas de Gascons », auxquels il ne peut donner même «€ ung blanc ». « Et pour ce Je vous prye, ajoute-t-il, trouvez façon de me trouver quelque peu d'argent soit à Saumur, ou à Angiers”. » Une autre fois, il écrit lettre sur lettre à ce même personnage pour lui réclamer «la valeur des tiercemens et doublemens de Languedoil ». Qu'il tâche de trouver de l'argent en Normandie, « car, comme savez, lui dit-il, nous avons de grans charges, et pour leure présente, navons finance dont nous puissons gaires aider que ceulx là. » Quelques chiffres suffisent à montrer avec quelle rapidité croissent les besoins de la royauté : en 1470, l’assignation du trésorier des guerres équivaut à 907,362 livres ; en 1473, elle monte à 1,106,000 livres; en 1483, elle s'élève à 2,700,000 livres*.
Aussi le roi et ses officiers s’efforcent-ils d’accaparer tout ce qui reste encore d'argent dans le royaume : même les provinces, où les anciennes libertés semblent avoir survécu, ne peuvent échapper à cette constante exploitation. La Normandie, en 1463, aequitte 400,000 livres tournois : les Etats se plaignent ; qu'importe‘? Aux Etats Généraux de Tours, en 1468, les députés sont encore très heureux d'obtenir un
amende que montera, comme on dit, à VIII ou X mil escuz. » (Bibl. nat., ms. fr. n° 20485, fo 162).
1. Lettres de Louis XI, t. IV, p. 108. — Bien souvent, les hommes d'armes ne peuvent se faire payer leur solde. Tristan Lhermitte écrit à Louis XI, en 1468 : «Il y a sept mois entiers que nous navons eu un blanc, et ny a nul qui ait de quoy payer une mesure davoine pour son cheval. » (Bibl. nat., Portefeuilles Fontantieu, t. 133). — En 1473, il faut entretenir l'armée de Roussillon : deux bourgeois de Tours avancent à Louis XI jusqu'à 30,000 livres tournois (Bibl. nat., fonds francais n° 6980, fo 140). ;
2. Lettres de Louis XI, t. Il, p. 125. — Dans les dernières années du règne, les nécessités de la guerre deviennent encore plus pressantes (Bibl. nat., fonds francais 25715, passim).
3. Cf. A. Sroxr, La Taille en Languedoc, de 1450 à 1515, p. 42.
&. Bibl. nat., ms. fr. n° 25713, pièce 33,
abonnement de 400,000 livres tournois; en 1478, la province est taxée à 765,000 francs? ; en 1480, l'impôt est encore augmenté de 96,711 livres”. La résistance des Etats de Languedoe est tout aussi vaine’; malgré toutes leurs réclamations, ils donnent, en 1483, la somme énorme de 450,000 livres”. Les habitants du Dauphiné, pour lesquels Louis XI conserve une véritable amitié, ne sont pas mieux traités : en une seule fois, en 1466, on demande à leurs États un subside extraordinaire de 12,000 livres; les députés envoient une commission à Lyon pour emprunter de l'argent, mais les banques ne veulent rien prêter : 1l faut se résigner à taxer les plus riches villes du pays. La province est complètement
ruinée °. — Que dire des pays où les derniers vestiges de
hbertés ont disparu ? Comme le fait remarquer Basin, les Ï l ’ Francais sont depuis si longtemps pliés à l’obéissance que G Ï 5 PSI I nulle part on ne songe à se révolter contre l'exagération des
subsides et des impôts”.
4. G. Duronr, Louis A1 et la Basse-Normandie, dans les Mémoires de l’Académie de Caen, 1880, pp. 347-48.
DDC ASIN UN l Ech LS