Ibid., CC
Bourré que depuis quelque temps les bourgeois n’ont cessé de fournir de l'argent au roi €tant par manière d’aultres empruns, qui nont esté renduz ne restituez, comme par manière de dons à plusieurs fois ». Grâce à cette énergique résistance, les Lyonnais obtiennent un rabais des trois quarts!. — En 1470, Louis XI, qui a fait de grandes dépenses pour constituer l'apanage de son frère Charles, prétend se décharger sur la ville de Toulouse de l'obligation de payer les gages du Parlement?. Les habitants ne tirent-ils pas grand profit de cette cour de justice ? C’est ce qu'il se propose de leur démontrer dans sa lettre du 10 mars”; mais les Capitouls sont résolus à ne pas payer; ils supplient le roi de les tenir quittes des 6,000 livres tournois. Louis XI, de son côté, n’est disposé à aucune concession, car, déclare-t-il, « ledict parlement est assis en nostredicte ville de Toulouze, dont il y vient beaucoup de prouffit et utilité ; ainsi que par cy devant nostredicte ville a esté supportée plus que nulle autre de nostre pais de Languedoc ». D'ailleurs il ne peut revenir sur sa décision : les états de finances sont déjà terminés *, Les Capitouls font attendre leur réponse pendant huit jours ; enfin ils se décident à envoyer un député au roi; ils n’osent pas lever le subside, disent-ils, car « le peuple se vouloit esmouvoir contre eulx ». Ils sont assez habiles pour persuader aux ofliciers royaux que la ville ne peut donner plus de 2,000 livres *.
4. J. Vazsen, Notice biographique sur Jean Bourré, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1882, p. 461 et suiv.
2. Mandement de Louis XI à l’évêque du Puy, gouverneur du Languedoc (Arch. mun. de Toulouse, AA 39, fo 10, et Bibl. nat., francais n° 20428, fos 36 et suiv.). Cf. ist. Lang., t. XII, Preuves, cc. 132 et