DID BUS
3. 1bid., BB 14, fo 25 vo. — Comme le corps de ville de Beauvais, en 1477, tarde à payer une aide de 600 livres, le receveur des aides et tailles menace le maire et les pairs de les faire emprisonner. (Arch. mun. de Beauvais, BB 10). — En 1471, les bourgeois de Caen ne veulent pas laisser le sergent royal procéder à la levée des amendes ; mais si le roi manifeste expressément sa volonté, on se résignera à suivre ses ordres, car « il y a de quoi payer. » (Bibl. nat., fonds francais n° 20485, fo 121).
L'exploitation financière différe-t-elle sensiblement d’une région à l’autre ? Dans le domaine, la centralisation est déjà si forte que les particularités locales ont presque complètement disparu. Toutefois les régions méridionales et notamment le Languedoc semblent avoir joui d’une plus grande indépendance. Dans une certaine mesure, ces pays échappent à la brutalité de l'exploitation : les consuls ont le pouvoir d'établir et de lever les taxes municipales sans demander l'autorisation au roi. En ces contrées, Louis XI s'efforce de répartir les subsides suivant un mode équitable ; en 1480,
il y fait opérer une sorte de revision du cadastre”.
Les besoins de la guerre et de la politique ont multiplié les dépenses. Aucune province ne peut échapper à l’exploitation royale. Cependant Louis XI tend de plus en plus à affranchir les villes des tailles et des aides. Aux impôts ordinaires et réguliers, il substitue des subsides extraordinaires dont 1l dispose souverainement. Ces subsides revêtent mille formes diverses : tantôt ce sont des contributions, tantôt ce sont des emprunts. L'exploitation s'étend même aux villes, que Louis XI a le désir et le besoin de ménager. Parfois, l’on tente une résistance énergique, mais il est rare que l’on ne soit pas obligé de plier devant l’inflexible volonté du roi.