‹ Louis XI et les VillesChapitre 141 sur 305 · GrrauDer, Histoire de Tours, p · texte numérisé non relu

GrrauDer, Histoire de Tours, p

2. TarDreu, Histoire de Clermont, p. 519 et suiv. — Charles VII, en 1455, avait exempté la plupart des villes de l'imposition de 12 deniers pour livre ; Chälons-sur-Marne n'avait pas jJoui de cette exemplion, sous prétexte qu'elle appartenait à l'évêque, Louis XI, considérant que l'évêque « tient cette ville en foi et hommage du Roy et en pairie » lui confère aussi l'exemption et manifeste, de la sorte, sa souveraineté (BarBir, Aistoire de Chälons-sur-Marne, p. 353).

3. Cf. Dupré, Documents inédits sur l'Orléanais, dans les Mémoires de la Société Archéologique de l'Orléanais, &. XV, p. 415,

ment où même d’un tribunal : toutes les villes de la région multiplient les intrigues. Les habitants de Niort, en 1461, se vantent d'obtenir une cour ordinaire dans leur ville; les gens de Poitiers veulent, à tout prix, empêcher cette création ; ils adressent lettre sur lettre au sénéchal, au Conseil du roi, au chancelier; ils envoient des députés à Louis XI: c’est peine perdue, car, dès novembre, Niort obtient le siège. En 1466, les habitants de Montpellier demandent au roi de transférer dans leur ville le siège du Parlement de Languedoc ; les consuls donnent 500 écus d’or au due de Bourbon qui, par son influence, leur fera obtenir la translation ; en 1467, le roi se décide à opérer le déplacement; 1l veut même établir à Montpellier une Cour des Aides. Mais, en décembre 1468, il fixe de nouveau à Toulouse le siège du >arlement. En 1471, le Consulat de Montpellier demande encore une nouvelle translation, mais 1l échoue?. Durant tous ces pourparlers, Louis XI tient à sa merci les bourgeois de l’une et l’autre villes. — En 1469, lors de la cession de la Guyenne à Charles de France, le Parlement de Bordeaux a été transporté à Poitiers ; à la mort du duc, les habitants de Poitiers se déclarent prêts à tous les sacrifices pour conserver le Parlement dans leur ville ; 1ls donnent même à cet effet 2,000 livres au roi; mais, à la fin, ce sont les Bordelais qui l’'emportent*. Louis XI ne se fait pas faute d’exeiter la jalousie entre des municipalités voisines : en 1465, au mo-

ment où Bourges prend parti contre lui, il accorde des foires

1. Arch. mun. de Poitiers, Cart. 98, no IV,. fo 177, et Ord., t. XN, p. 188.

2. D'ArcrereuiLre, Histoire de Montpellier, éd. Germain, 1875, p'iosoelsuiv etnOn1d pe XVII p-167:

3. Bibl. nat., francais 20488, fo 121. — En août 1463, Louis XI rétablit à Brives le siège de la sénéchaussée du Bas-Limousin, qui, pendant les guerres, avait été fixé à Tulle. Entre ces deux villes sévit une rivalité sans trêve (Marvaup, Histoire du Bas-Limousin, t. I, note D.). Comme, en 1467, le siège des exempts cest transféré de Cusset à Montferrand, une véritable révolte éclate à Cusset(Ord., t. XNIT, p. 37 et suiv.).

aux habitants d’Issoudun : il s'agit non seulement de récompenser leur fidélité, mais de donner un sérieux avertissement au corps de ville de Bourges qui refuse de lui ouvrir ses portes”.

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Si, par des procédés variés, Louis XT essaie de se concilier l'amitié des bourgeois, il ne laisse pas cependant d’avoir la main lourde et de faire sentir aux municipalités le poids du despotisme royal. — Il exerce sur les villes une véritable tutelle administrative. La commune de Rue ne peut commencer les travaux qui lui permettront de conquérir du terrain sur la mer, avant d’en avoir demandé l'autorisation au roi : on la lui accorde, mais à une condition : c’est qu’elle paiera une redevance annuelle de douze deniers pour chaque arpent, qui sera regagné sur la mer”. La ville de Montreuil, en 1464, touche à la ruine: Louis XI prend en main l’administration municipale, nomme, pour diriger les affaires, une commission composée d’un maire et de onze échevins, établit un nouveau régime; il ne consulte pas une fois la volonté des habitants*. — On s’habitue à implorer, à tout propos, l'intervention royale : en 1475, le maire et les jurés de

Bordeaux, ne pouvant obtenir des fermiers le payement de

1. «... Scavoir faisons que nous, ces choses considérées et la bonne loyaulté, obéissance et grande affection que ont tousjours heu et ont lesdis habitans d'Yssouldun envers nous et la couronne de France, ainsi qu'ils ont monsiré et monstrent par effect en résistant pour nostre bonne querelle contre tous nosdis adversaires estans en ladicte ville de Bourges et aultre part, voullans en recognoissance de ce, et aflin que les autres en semblable cas y pregnent exemple... avons octroyé et octroyons ausdis bourgeoys, etc... » (Raynaz, Histoire du Berri, t. III, p. 519).

DAMON, LOUE joe HI

OTbDider p- 234,

certaines rentes qui appartiennent à la ville, recourent à Louis XI, qui contraint les fermiers à payer « tout ainsi qu'il est acoutumé de faire pour ses propres debtes et affaires". » é

Le roi dispose souverainement des personnes mêmes ; il veut obliger un marchand de Rouen, Jean le Tellier, à donner sa fille en mariage à Pierre de Liste, son valet de chambre. À ce sujet, les marchands de Rouen s’assemblent : l’un d'eux, Robert Gonel, déclare que les Normands sont « francs et libres » : on ne peut les traiter en serfs?. Cependant Louis XI n'hésite point à arrêter arbitrairement les bourgeois, et à les maintenir en prison, sans aucun souci de la légalité : deux marchands de Rouen, qui avaient rendu quelques services à Thomas Basin, sont incarcérés comme criminels de Ièse-majesté, et n’obtiennent leur hbération qu’au prix de 800 écus d’or, et encore les soumet-on à la surveillance de commissaires qui les menacent, à tout instant, d'emprisonnement et de confiscation”.

Les officiers et les agents royaux, comme il arrive toujours en pareil cas, se montrent bien plus tyranniques que leur maitre. En 1474, les receveurs des aides de l'Auvergne, du Limousin et de la Marche se rendent coupables de nombreuses exactions; 1ls réclament aux habitants des sommes indues, ils emprisonnent un grand nombre de bourgeois afin

de leur extorquer de l’argent*.— Pierre Furgon, receveur des

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