Th. Basin, Apologte, 1. I, ch. 29 (tome IT, pp
ñ. « Ils se sont accoinctez ou associez avec autres marchans, ausquelz ilz ont baillez les rooles el contrainctes sur lesdiz habitans. » Ces marchands ont alors forcé les bourgeois à s'approvisionner chez
eux ct les ont exploités sans merci (Bibl. nat., francais 2902, fo 6).
aides en Saintonge, s'associe avec des marchands, emploie l'argent du roi à acheter des blés, du vin, du sel et autres denrées ; les membres de cette association accaparent toutes les marchandises disponibles, et « quant ce vient que la saison est chiere, ilz affament le peuple, car 1lz tirent iceulx blez dehors du pays par subtilz moyens, et combien quilz en ayent esté reprins, néantmoins ilz ne s’enchastient, pour ce qu'ilz tiennent les officiers des seigneurs chastellains en subjection. » Moyeñnant finance, Furgon exempte de tailles qui bon lui semble; il agit en despote : « Tout lui obeist, pour ce que a tous propoux, icellui Furgon couche du roy.! » — Les agents de Louis XI ne se font pas faute d'arrêter les bourgeois et de les maltraiter. En avril 1483, Pierre de Villars, l’un des plus riches marchands de Lyon, est appréhendé dans sa boutique par les sergents royaux, « en vertu d’une commission du petit scel au nom et requeste de Monsieur du Bouchaige ». En vain, Pierre de Villars demande-t-il à être conduit devant le lieutenant du sénéchal: on le mène jusqu'à Vienne et il ne doit son salut qu'au hasard. Il déclare que la ville a été gravement outragée en sa personne ; 1l demande que le Consulat poursuive réparation de cet acte arbitraire, car l'exemple en est bien dangereux : « Soubz umbre de justice, lon pourroit transporter les plus grans de cestedicte ville hors du royaume et les fere mourir ou destruire?. »
Souvent, pour mettre fin à ces abus, Louis XF envoie des
1. Cf. Pièces justificatives, n° VIII. A Nimes, en 1467, un receveur, Pierre Bouyn, commet des exactions de toutes sortes (Hist. Lang., t. XII, Preuves, ce. 108 et suiv.).
2. C. et G. Guicue, Bibliothèque historique du Lyonnais, 1888. — À Poiliers, en 1475, le receveur des aides fait arrêter chaque jour au Palais « aucuns des habitans de la ville pour avoir paiement des 2,000 francs imposés. » (Arch. mun. de Poitiers, Cart. 98, n° VII, p: 203). — A Narbonne, les consuls se plaignent des arrestations illégales et arbitraires commises par le procureur ; celui-ci déclare, en réponse, qu'il n’a jamais eu l'intention de violer les privilèges de la ville : il a seulement voulu réparer la négligence des consuls (Arch, mun, de Narbonne, Cinquième Thalamus, fs 63 et 64).
commissions extraordinaires; mais ces commissions deviennent bientôt de véritables fléaux pour les villes. Gaston du Lion écrit au roi, en 1470, que dans les sénéchaussées de Toulouse et de Carcassonne, il en vient tous les jours qui « font des chouses des plus deshonnestez et mal faitez de tout le monde, et tellement s’y gouvernent que la pluspart des gens des bonnes villes sont pour lessez vostre pais et abandonnez, si la chose dure’. » — En 1477, une commission de ce genre se prend de querelle avec les magistrats de Poitiers : elle trouve que la ville est en retard pour le payement du prèt de 2,000 livres que l’on a promis au roi. Le corps de ville se décide à envoyer une provision de mille livres. Les vexations continuent cependant : un des ecommissares se vante « de destruire ladicte ville et d’en faire ung village ». Les habitants envoient un député au roi : ils n’en sont pas moins condamnés à 2,000 éeus d'amende; les commissaires, chargés de lever cette amende, font encore « de grans et excessives execucions”® ». — Les commissions des francs fiefs et nouveaux acquêts tiennent à peu près la même conduite : on les supprime en Normandie dès 1470. Mais à cet impôt, il s’agit d'en substituer un autre : les commissaires auxquels cette tèche incombe exemptent les personnes, qui leur ont fait des présents, et accablent les autres, ne suivant d'autre règle que leur intérêt particulier”. Les commissaires réformateurs, établis dans le Lan-
guedoc, commettent tant d'abus que Louis XI supprime leur