Arch. mun., Cart. 98, no VII, fo
3. Le roi, par lettres du 10 décembre 1473, mande à Jean Raguier, receveur général des finances en Normandie, de mettre fin à ces abus (Bibl. Nat., francais 6980, fo 255). — A Poitiers, en 1462, les commissaires des francs fiefs « seflorcent de vouloir mectre sur les maisons qui jamais nen paierent, » (Arch. mun., Cart., 98, n° IV, fo 197). En 1474, ils « sefforcent de faire executer plusieurs habitans de ceste ville sans cause raisonnable, dont plusieurs plaintes sont venues. » (/bid., Cart. 98, n° VIT, fo 143).
charge en 1479*. En somme, tous ces envoyés extraordinaires ménagent encore moins les villes que les autres olliciers.
Les magistrats municipaux doivent, à tout prix, se concilier la bienveillance des agents du roi : ils leur accordent donc des pots de vin: ces dons volontaires ne tardent pas
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devenir des contributions obligatoires. MM. du Plessis et du Bouchage sont comblés de présents par les villes; les Lyonnais ne se lassent pas de leur offrir de l'argent et de riches cadeaux?. De ces mêmes Lyonnais, Commines reçoit tout un lot de poissons : « Ledit seigneur, déclarent les conseillers, peut beaucoup servir la dicte ville devers le Roy, comme autrefois a fait * ». Commines, à plusieurs repnses, exploite la situation sans aucun scrupule*. — Les conseillers de la Rochelle désirent obtenir décharge du quart de la
traite que l’on lève sur les vins de Saintonge : ils s'adressent
4. Archives de l'Hérault, Arréts et Ordonnances, t. I, fos 8 vo et 9, et Hist. Lang., t. XII, Preuves, ce. 197 et suiv. — D'ailleurs les nobles et les ecclésiastiques ne sont pas mieux traités, du moins au dire des États de 1484 : « Per universum regnum nobiles et ecclesiastiei cujusque dignitatis, pro voluntate sceleratorum commissariorum ad quascunque graves summas continuo solvendas damnabantur. » (Jehan Masse, Journal des États Généraux de 1484, p. 90).
2. Cf. Arch. mun. de Lyon, BB 15, fos 146 et suiv., CC 455, etc.
3. Ibid., BB 351. — Lyon offre encore vingt pièces de toile d'une valeur de 40 écus d'or à Guillaume de Varye, général des finances, qui a contribué au rétablissement des foires et organisé leur police (1bid., BB 10, fo 22 vo).
k. En 1475, les habitants de Tournai prient Commines d'empêcher la cession de leur ville au duc de Bourgogne. Commines recoit, à cette occasion, de nombreux présents; cependant il ne s’en montre pas satisfait : il prie encore le roi de lui accorder les revenus des francs fiefs et nouveaux acquêts de la ville. En vain les bourgeois essayent-ils de protester contre ces prétentions : ils sont obligés de céder (Kervyx pe Lerrennove, Lettres et négociations de Commines, 1867, t. [, p. 128). — En 1478, les Dijonnais tentent de le séduire par leurs présents (/bid., p. 162).
RE à Bourré et implorent sa protection, ce qui leur coûte assez cher".
£n dépit de tous ces abus, les villes sont encore infiniment mieux traitées que les campagnes qui, exposées sans défense aux ravages de la guerre, souffrent mille maux. Les petits bourgs, qui s'élèvent aux environs de Narbonne, ont été désolés par le passage des hommes d'armes; beaucoup de personnes ont été arrêtées ; les bestiaux et les biens des particuliers ont été saisis ou volés. La situation est
devenue intolérable : un grand nombre d'habitants sont
morts de misère; d’autres se sont réfugiés à Narbonne. La ville, par contre, n’a que très peu souffert, et cependant elle paie des impôts bien moins forts que les localités de
la banlieue?.
Louis XI soutient énergiquement les municipalités contre tous leurs adversaires, contre les nobles et les ecclésiastiques. Ilacquiert encore sur les villes une grande puissance, en se donnant comme l'arbitre des fréquentes rivalités qui éclatent entre elles. Il les ménage ; mais 1l ne peut s’empêcher de les traiter souvent en despote; ses agents commettent sans cesse des exactions et des abus: il est malaisé
de rompre avec des habitudes anciennes et tenaces.
4. Bibl. Nat., francais 6602, fo 102. — En bien des occasions, les Parisiens recourent aussi à sa protection (/bid., fo 101). 2. Bibl. Nat., Collection Doat, t. LIV, fos 323 et suiv.