‹ Louis XI et les VillesChapitre 156 sur 305 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

finitive « afin que le fait de la marchandise par terre et par mer se puisse mieux entretenir. » D'ailleurs, ajoute-t-il, qui n’a senti dans sa politique la ferme intention de maintenir la paix? Il n’a pas engagé la guerre, malgré les perfides entreprises du comte de Charolais!.

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Louis XI veut à tout prix se concilier, dans les villes, l’opinion publique. Au moment où éelate la guerre du Bien Public, ildésire prouver aux bourgeois qu'iln’estnullementresponsable des désordres qui pourront se produire*. Lorsqu’en octobre 1468 il fait part à ses fidèles sujets du traité de

1. Zbid., p. 154. — Louis XI, en 1470, informe les villes de Laon et d'Amiens de la victoire qu'Henri VI d'Angleterre a remportée sur ses ennemis (Bibl. nat., Collect. dom Grenier, t. LXXXIX, fo 299, et Collection Moreau, t. CCLV, fo 79); il notifie aux habitants d'Albi la paix qu'il vient de conclure avec ce prince (Bibl. nat., Collection Doat, t. CIV, fes 221 et suiv.). En 1475, il envoie à Poitiers le double du traité qu'il a signé avec le roi d'Angleterre (Archives historiques du Poitou, t. I, p. 180); en 1477, il avertit les Poitevins de la mort du duc de Bourgogne et du duc de Milan (tbid., p. 181); puis il leur annonce les succès de ses armées en Franche-Comté (#bid., p. 183, note 2): presque toutes les villes recoivent des lettres de même sorte (Cf. Louanpre, Lettres et Bulletins des armées de Louis XI adressées aux officiers municipaux d'Abbeville, dans les Mémoires de la Société d'Emulation d’Abbeville, 1836-37, p. 131 et suiv.). — Le sénéchal de Toulouse décrit aux gens de Verdun les opérations militaires du roi « pour ce que me tiens sûr, dit-il, que vous serez bien aise de oyr des nouvelles du Roy et de son bien. » (Bibl. nat., msc. fr., 6984, fo 373).

2. Le 9 mars 1465, il écrit aux consuls de Montpellier : « Voulans obvier aux inconveniens qui pourroient advenir par les exhortations et choses que l’on pourroit dire et faire a l’occasion et sous ombre de nostredit frère, nous avons bien voulu vous advertir et autres de nos sujets des choses dessusdites et de la maniere de faire, afin que ce inconvenient en venoit au Royaume..., ne cuidès pas que ce soit a nostre faute. » (Pièces justif., n° IX).

Péronne, il a bien soin de présenter l'affaire sous un jour favorable : s’il va combattre les Liégeois, ce n’est point en vertu d’une humiliante obligation : il tient seulement à secourir son parent, l’évêque de Liège’. — Mais voici un épisode encore plus ca actéristique : en 146%, Louis XI avait envoyé le bâtard de Rubempré en croisière dans la Manche, de. mission de s'emparer du chancelier de Bretagne, qui était parti pour l'Angleterre en ambassade. Or le bâtard, qui un.instant a débarqué sur la côte de Flandre, est arrêté par ordre du comte de Charolais ; Charles le Téméraire accuse le roi d’avoir voulu s'emparer de sa personne. À cette nouvelle, Louis XI, en toute hâte, envoie à Amiens le Chancelier et trois autres députés ; par leur bouche, 1l se diseulpe, auprès des bonnes villes picardes, de cette accusation mensongère : « [l fait exorter tous ses subgiez que de ce on se tesist d’en parler et que jamais on nen parlast ung seul mot. S'il venoit à la congnoissance du roy ne de ses gens que aulcuns en murmurassent ou parlassent, comme on fait souvent en tavernes, cabaretz et lieux publicques, le roy vouloit que ceux qui en parleroient fussent prins prisonniers et pugnis comme en tel cas appartenoit”. » — Aux

1. « Pour ce que nostre dit frère (le duc de Bourgogne) a eu nouvelles que les Liégeois ont prins leur evesque, son cousin et le nostre.., il nous a supplié, requis en faveur dudit evesque, nostre prouchain parent, lequel en son bon droit sommes tenus de secourir, que nostre plaisir si feust d'aller jusques ès marches de Lyege, prochaines d'icy : ce que lui avons accordé. » (Lettres, t. IT, pp. 291- 93, et Jehan DE Wavrin, Anchiennes Cronicques d'Engleterre, éd. Dupont, dans la Collection de la Société de l'Histoire de France, 1859, 6° partie, l. V, ch. XXXIX, t. Il, pp. 383-85).

2. Communes, éd. Dupont, Pièces Justificatiwves, t. TIT, p. 206 et suiv. — Voici ce que dit Jacques du Clereq : « Le Roy venu à Rouen, il rescripvit à ceulx de Tournay, ceulx de la cité d'Arras, Mortaigne, Noyon, Laon, Amiens, Cambray, Abbeville, Montreuil, Saint-Quentin et toutes les villes par lui racheptées au duc de Bourgogne, qu'ils envoyassent devers lui aulcuns députés, lesquels y envoyèrent, réservé Cambray; auxquels, par maistre Pierre de Morvilliers, son

nouvelles qu’il envoie, Louis XI tient à donner la plus grande publicité".

On comprend aisément qu'il ait créé une sorte de service diplomatique à l'intérieur même de son royaume. A tout instant, il écrit des missives aux corps de ville? ou leur envoie des agents, qu'il charge d'instructions secrètes *. En mars 1465, des commissaires partent pour Lyon, afin de hâter l'armement des nobles du Dauphiné ; ils présenteront aussi une lettre de Louis XT aux Lyonnais; ils harangueront les conseillers de la ville, leur diront « comment le roy de tous costés a esté informé de leur bon vouloir; et aussi la congneu et congnoist par effect, tellement qu'il ne l’oblijera jamès » ; « en tous leurs fais et affaires, ajouteront les agents, 1l les ara tousjours par sus tous autres en son especiale recommandacion. » À quelle fin tendent toutes ces promesses ? Louis XT espère que les Lyonnais voudront bien contribuer à l'équipement des nobles du Dauphiné*.

chancelier, il fist remonstrer comment il avoit entendu que par les pays du duc de Bourgogne et par aulcuns lieux de ses pays la renommée couroit que il avoit envoyé le bastard de Reubempré et ses complices en Hollande, pour cuider prendre le comte de Charollois et l’'amener devers lui, dont il n'en estoit rien... » (Jacques pu CLerco, Mémotres, livre V, ch. XIV, t. IV, p. 71).

4. En 1475, il envoie le Petit, chevaucheur d'’écuries, porter à Amboise copie de la trêve qui a été conclue avec le roi d'Angleterre. Ces articles « ont esté leuz et publiez en plein carroué d'Amboise, en la présence de plusieurs manans et habitans d'icelle ville. » (Cf. l'abbé C. Cuevazter, op. cit., pp. 3847-48).

2. Porter des lettres aux villes, telle est l'une des principales fonctions des chevaucheurs de l'écurie (Bibl. nat., francais 6758).

3. En octobre 1465, il adresse aux habitants d'Amboise les seigneurs de Chabannais, du Bouchage et Louis le Mage, « auxquelz, leur écrit-il, nous avons charge de dire aucunes choses de par nous. » (Lettres de Louis XI, t. IT, p. 368). — En septembre 1466, il envoie à Troyes le sire de Châtillon, auquel il a « donné en garde de dire aucune chose. » (/bid., t. IIT, pp 83-84).

&. J. Quicuexar, Documents relatifs à la Ligue du Bien Public, dans les Mélanges historiques, t. II, pp. 208-10.

— D'ailleurs, il veut être renseigné sur toutes choses ; il désire savoir exactement ce qui se passe dans les villes . Les municipalités ne sont pas moins empressées à entretenir avec le roi des relations constantes. Elles ne se lassent pas de lui envoyer des ambassades. La ville de Rouen adresse des députés à Louis XI, afin de l’engager à réfréner les empiètements que le Parlement se permet aux dépens de l’'Echiquier de Normandie”. À tout instant, les Lyonnais envoient des missfons auprès du roi, bien qu'ils aient à la cour un procureur attitré*. Il faut noter que ces ambassades créent pour les villes une source abondante de dépenses: en 1461, Lyon doit payer à cet effet près de

350 livres; souvent le séjour des ambassadeurs se prolonge

outre mesure : nous voyons Jean Dalloire, le député de Bordeaux, demander la prompte expédition de ses affaires : il

4. En septembre 1465, un messager spécial est envoyé à Épinal, afin d'apprendre dans quel état se trouve la ville et quelles sont les dispositions des habitants (Bibl. nat., francais 20497, fo 70).

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