CnasrecLain, éd. Kervyn de Lettenhove, t. V, pp
3. Pièces justif., n° IX. Cf. Lettres de Louis XI, t. 1], p. 244.
Lettres, t. Il, p.255.
Les princes, de leur côté, s'efforcent d'attirer Îles villes dans leur parti. Thibaut de Neufchâtel exhorte les habitants de Langres à abandonner la cause royale : « Lesditz princes, écrit-il, ont voulloir et intention de eulx emploier à ce que toutes les aides et subsides que supporte le peuple de ce royaume soient mises jus, et que plus ne soient relevées ne le peuple excequuté... et qu’en voz privilègez, franchises et libertez serés tenus et maintenus.» Les bourgeois, en dépit de toutes ces intrigues, restent fidèles au roi. *.
Dans le centre de la France, les coalisés n’ont pas beaucoup plus de succès. Ils ont tenté cependant de se concilier l'opinion publique: le 13 mars 1465, paraît le manifeste de Jean IT, duc de Bourbon; les princes, déclare-t-1l, n’ont fait alliance que « pour mectre et donner ordre, provision, police et administration de justice en cedit royaulme, comme ilz sont tenuz et serementez de le faire, et oster et abatre toutes impositions, exactions indeues, pilleries, mangeries et aultres violantes subjections qui ont tenu en cedit royaulme?. » — Dès le 16 mars, le roi envoie une longue réponse. Le royaume, aflirme-t-il, « estoit si paisible et en si grande tranquillité que marchandise couroit franchement partout, chascun vivoit paisiblement en sa maison, feussent gens d’esglises, nobles, bourgeois, marchans, laboureurs ou autres... » Il ajoute que les princes ne visent qu'un but: jeter le trouble dans tout le royaume”. Comme il a eu l’habileté de gagner à sa cause le comte de Boulogne, il fait de ce personnage un agent dévoué ; il l'envoie en mission en Auvergne, il lui indique le langage qu'il devra tenir aux gens des bonnes villes: le comte leur montrera que les promesses des coalisés ne sont qu'illusoires ; s'ils