‹ Louis XI et les VillesChapitre 17 sur 305 · Jbid, ENT reb.142(651Lp · texte numérisé non relu

Jbid, ENT reb.142(651Lp

&. Cf. Cuasrezzain, L. VI, ch. 59 (t. IV, p. 197) : « La multitude de son embrassier luy fit peu estraindre en la multiformité de son hastivement conclure et luy fit faire souvent chose estrange. »

5. Nul n’a mieux peint que Michelet l'impatience inquiète de ce caractère : « À peine roi, Louis prit l'habit de pèlerin, la cape de gros drap gris, avec les housseaux de voyage et il ne les ôta qu'à sa mort.

en toute saison par tout son royaume. — Mille passions occupent à la fois son âme et la consument. Saisi de la manie du jeu, il médite sans cesse de nouvelles combinaisons ; pour chaque affaire il prépare plusieurs solutions, au point de s’embrouiller lui-même dans cet écheveau si compliqué et de se prendre au filet de ses propres ruses. Il aime les coups téméraires, car alors il éprouve l'angoisse terrible et délicieuse du joueur ‘. Ainsi s'expliquent quelques-unes de ses fautes ; mais 1l en eût commis bien d’autres, si son esprit n'avait été merveilleusement net et prompt”, et sa mémoire, prodigieuse.

Il était au courant de toutes les questions, même de celles qui nous paraissent les moins importantes ; il comprenait qu'en politique rien n’est insignifiant*. [Il connaissait une infinité de gens, savait tous les détails de leur position, tous les traits de leur caractère et de leurs passions : « Nul homme, déclare Commines, ne presta jamais tant l'oreille

Campé plus que logé dans ce vaste hôtel des Tournelles, s’agitant, s'ingéniant de mille sortes, «subtiliant jour et nuit nouvelles pensées», personne ne l'eût pris pour l'héritier dans la maison de ses pères. Il avait plutôt l'air d’une âme en peine, qui à regret hantait le vieux logis ; à regret: loin d'être un revenant, il semblait bien plus tôt possédé du démon de l'avenir.» (Histoire de France, nouvelle édition, 1884, t. VII, p. 194.)

4. Avec quelle passion ne désire-t-il pas devenir maître souverain de la Bourgogne ! Il écrit à un de ses capitaines: «Je n’ay autre paradis en mon imagination que celui-là... J’ay plus grand faim de parler à vous, pour y trouver remède que je n'eus jamais à nul confesseur pour le salut de mon âme. » (Cf. Mronecer, op. cüt., t. VIII, p- 311). è l

2. Cf. Caasrezrain, livre VI, chap.59 (t. IV, p. 197): « Certainement plus actif engin ne plus esprit soubtil n'avoit eu longuement par avant en France que cestui ne mieux recueillant en luy toutes choses par une légère conception. »

3. Commwies, I. VI, ch. 12 (t. IT, p. 273): « De maintes menues choses de son royaulme il se mesloit, et d'assez dont il se fust bien passé ; mais sa complexion estoit telle et ainsi il vivoit. »

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aux gens, ny ne s’enquit de tant de choses ny ne voulut jamais congnoistre tant de gens; car aussi veritablement, il congnoissoit toutes gens dauctorité et de valleur qui estoient en Angleterre, Espaigne et Portingal, Italie et es seigneuries du duc de Bourgogne et en Bretaigne, comme il faisoit ses subjectz'. »

Tel est le trait de son caractère qui a eu le plus d'influence sur sa politique générale. En effet peut-on dire qu'il ait nourri de vastes ou de profondes conceptions ? qu'il ait lu dans l’avenir ? Sans doute,il désirait maintenir l'intégrité du royaume, étendre son domaine, et surtout faire respecter son autorité, abaisser ou supprimer tout ce qui pouvait l’entraver ; il a trouvé bien des idées neuves et originales, et souvent il a, pour ainsi dire, devancé son siècle. Mais. s’il réussit dans son œuvre, c’est qu’il s’appliqua à connaître les hommes et les choses. Il put profiter des circonstances, car il voyait venir les événements ; il était mieux renseigné que personne. Il était, suivant le mot de Chastellain, | « universel aragne », toujours prèt à fondre sur sa proie.

Par certaines particularités de son caractère, Louis XI appartient bien à son époque. Il n’est point profondément religieux, mais d'une dévotion outrée et tout extérieure; 1l traite Dieu et ses saints comme ses contemporains ; pour se ménager leur appui, il ne recule devant aucune dépense; ainsi fait-1l pour un Commines ou pour un du Bouchage. Il accorde de grands privilèges à l’abbaye de Saint-Claude, mais à condition que les religieux prient pour sa famille, et aussi, ajoute-t-il, « pour la bonne disposicion de nostre estomac, que vin ne autres viandes ne nous y puissent nuire et que l’ayons tousjours bien disposé? ». Dans les dernières années du règne, il comble les sanctuaires de ses donations

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