‹ Louis XI et les VillesChapitre 18 sur 305 · Ibid., 1.1, ch. 10 (t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1.1, ch. 10 (t. I, p

2. Voy.leslettres de Louis XI en faveur de l’abbaye de Saint-Claude (avril 1482), dans le Musée des Archives départementales, p. 329-31,

n° CXXXIX,

et de ses offrandes', ce qui ne contribue pas peu à surcharger son «pauvre peuple ». Sa dévotion n’est qu'un procédé politique.

Louis XI ressemble, en somme, aux princes italiens qui, les premiers, ont fixé le type du souverain moderne; il agit comme un Sforeza, mais avec plus de génie. Dans l'intérêt de la morale, on a souvent flétri son inhumanité et la perversité de ses ruses. Mais il faut, pour le juger, se dégager des idées modernes: Machiavel, qui n’est pas un malhonnête homme, ne considère-t-il pas l’odieux César Borgia comme l'idéal du prince? Louis XI n’est arrêté par aucun scrupule d'aucune sorte; mais il n'aime n1 la basse trahison n1 la cruauté sauvage; dans la guerre même, 1l cherche à éviter l’effusion du sang”. Il est, en réalité, moins cruel que la plupart des princes de son époque; mais pour lui, comme pour eux, la raison d'État prime toute considération.

En effet, Louis XI est déjà un souverain moderne. Il n'a plus rien de chevaleresque; 1l est toujours vêtu avec la plus grande simplicité : un jour, à Abbeville, on le prend pour un domestique de sa maison. Il déteste tout ce qui est cérémonie ou apparat: souvent, dans les villes, où, pour sa joyeuse entrée, on a tendu les grandes rues de tapisseries et préparé de superbes représentations, 1l s’empresse de se dérober par les ruelles, Il ne craint pas de se mêler à la foule, de se donner pour un bon bourgeois : on le voit « dans un cabaret de Rouen tenir tête à une réunion

1. Bibl. Nat.,mns. fr., 290%, passim.— Pour la canonisation de Pierre Berland, en 1483, Louis XI impose 3,500 livres tournois sur le Bordelais; la ville de Bordeaux est taxée à 1166 livres (Archives historiques de la Gironde, t. X, p. 409-10).

2. Au dire de Commines, il détesta la trahison de Campo-Basso et la cruauté de Richard III. Son ennemi Molinet assure qu’ « il aymeroit mieux perdre dix mille escus que le moindre archier de sa compaignie ». (Voy. Micaezer, op. cit., p. 336, note 1).

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