‹ Louis XI et les VillesChapitre 173 sur 305 · Chronique Scandaleuse, pp · texte numérisé non relu

Chronique Scandaleuse, pp

5. Ord., XNI, 341. — Cf. Chron. Scand., p. 31 : « Le samedy, tiers jour d’aoust, audit an MCCCC LXV, le Roy ayant singulier desir de faire des biens a sa ville de Paris et aux habitans d'icelle, remist le quatriesme du vin vendu à détail en ladicte ville au huictiesme..., et en oultre ordonna toutes les impositions qui avoient cours en ladicte ville estre abatues, hors et excepté les denrées de six fermes vendues en gros en icelle ville... » — La foire de Saint-Ladre est tombée, depuis longtemps, en désuétude, Cependant, plusieurs ofliciers exercent encore une juridiction et lèvent certains droits sur les marchands, qui font le commerce dans les limites de l’ancienne foire.

Les princes, de leur côté, comprennent que, s'ils s’emparent de Paris, ils deviennent maîtres de tout le royaume. Tandis que le roi court chercher du renfort en Normandie, ils commencent, comme le dit Commines, « a praticquer céans et promettre offices et biens, et ce qui povoit servir a leur matière! ». Le duc de Berri désire tenir une conférence avec les Parisiens : après trois jours de délibérations, le corps de ville se décide à envoyer des députés à Saint- Maur, pour écouter les propositions des princes. Mais on trouve leurs prétentions trop hautaines; leurs menaces déplaisent. D'ailleurs, les notables ne savent que résoudre : ils auraient sans doute consenti à livrer la ville, s'ils avaient pu la soustraire à l’occupation des gens de guerre. Néanmoins, ils sont bien près de céder; mais le peuple se montre résolu à soutenir énergiquement le roi : «1l est tout esmeu, dit Maupoint, de tuer lesdiz ambassadeurs et aultres bourgeois? » ; on soupçonne Charles de Melun d'entretenir des relations avec les princes et on le surveille de près; de crainte d’une surprise, on se refuse à éteindre les feux, que, durant tout le siège, l’on tenait allumés la nuit’. Le corps de ville se soumet à l'opinion publique : le 25 août,

Le 3 août 1465, Louis XI fait cesser tous ces abus «a la supplication et requeste de noz chiers et bien amez les prevostz des marchans et eschevins, manans et habitans de nostredicte ville de Paris, qui nous ont ces choses fait remonstrer et très justement requis labolicion de ladicte juridiction et cessassion desdictes exactions. » (Bibl. Nat., francais 18783, f° 143).

Page 1