Journal de Maupoint, pp. 62 et suiv
3. J. Quicnerar, op. cit, t. Il, pp. 371 et suiv. Voici ce que révèle contre Charles de Melun le procès, qu'on lui intente, en 1468 : «Il s’en alla parmy ladicte ville, accompagné d'aucuns autres ses alliez comme il est à croire et admonestoit les gens quil veoit estre par les rues desteindre lesdis feux, dont la pluspart d’eulx respondirent quilz n'en feroient rien et quils deffendroient eulx, leurs biens et ladicte ville et
ne souffreroient point la perdition dicelle. » (Bibl. Nat., français 16543).
il déclare aux princes qu’il ne peut les laisser pénétrer dans la capitale : «Il ne plaist point aux gens du roy estans à Paris de vous rendre auleune responce sens premièrement avoir parlé au roy et sens savoir sur le tout son bon gré et plaisir. » Le 28 août, Louis XI rentre à Paris avec une fort belle armée ; 1l réprime les excès de ses soldats normands! et semble ignorer tout ce qui s’est tramé contre lui. Dès lors, les Parisiens se dévouent entièrement à sa cause : «Et, ajoute Maupoint, demourerent tousjours les gens d'église, les nobles, les bourgeois et marchans et tout le peuple de Paris en bonne union, amour et reverance avec le roy, et le roy en grant amour avec eulz ?. » Louis XI est sauvé. — Il comprend qu'il n’est pas inutile de rester en bons termes avec Paris : malgré le terrible besoin d’argent qui l’oppresse, il maintient pour la ville l’exemption de taxes ; en 147%, il défend à qui que ce soit de lever des impôts sur les marchandises, qui sont destinées à Paris°. Il devient, comme le dit Michelet, vrai bourgeois de la ville : pour se rendre populaire, 1l va souper chez un élu, Denis Hesselin, qui appartient à une vieille famille parisienne ; en toute occasion, 1l consulte les notables; puisque Paris est la capitale du royaume, déclare-t-il, elle doit être préférée à toutes les autres villes « en previleiges, prerogatives et
preeminences. »
4. C’est ce que nous lisons dans la Chronique Scandaleuse : « Vint à Paris plusieurs des nobles de Normandie et injurierent les Parisiens; el, veue la plainte des bourgeois, le principal malfaicteur et pronounceur desdictes parolles fut condemné a faire amende honorable devant l’hostel de ladicte ville, teste nue, desceint, une torche au poing, en disant par lui que faulsement et mauvaisement, il avoit menti en disant lesdictes parolles.. Et après eut la langue percée; et, ce fait, fut banny. »
2. Pour tout ce qui précède, cf. le Journal de Maupoint, et la Chronique Scandaleuse.
3. Arch. Nat., K 951, n° 10 4, ct Ordonnances royaux. Paris, 1644, p- 220.
&. Mrcuerxr, Histoire de France, t. VIII, pp. 96-97.
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Toutefois, pendant la crise de 1465, bien des villes montrent encore quelque hésitation dans leur dévouement à la rovauté. Louis XI se tenait assuré de la fidélité de Rouen : le 19 septembre 1465, il lui avait encore accordé de nouveaux octrois; il avait donné la garde du château à Madame de Brézé, en qui il avait grande confiance. Mais l'évêque de Bayeux, patriarche de Jérusalem, attire dans le parti des princes Madame de Brézé, et exhorte les habitants à recevoir le due de Bourbon; s'ils refusent, l'évêque les menace du pillage. Les notables s’assemblent à l'Hôtelde-Ville; mus par la peur, par le désir de réformes, par un regain de patriotisme normand, ils se décident à reconnaître l'autorité de Charles de Berri. À l'exemple de Rouen, Hartleur, Caudebece, Honfleur, Lisieux, Caen font défection au roi : les troupes du due de Bourbon pénétrent dans toutes les villes, sans coup férir. Ces événements décident Louis
\ Q pes ER à traiter avec les révoltés!
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Durant la guerre du Bien Publie, les villes se défient encore du rot, par moments : si l’on veut se rendre compte du progrès accompli par l'autorité royale en quelques années, il suflit d'examiner l'attitude de la bourgeoisie pen-
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dant la crise de 1472?, À la nouvelle de la mort du duc de
L. Basix, livre 11, eh. 7 et 8. — La ville de Rouen, dit Commines, «se consentit à cette mutation comme trop désirant d'avoir prince qui demourast au pays de Normandie, et le semblable feirent toutes les places de Normandie où peu s'en fallut » (livre I, eh. XII, €. I. PP: 97-98). Les Rouennais montrent au duc de Berri la plus grande fidélité et s'arment pour sa défense (Basix, I. IT, ch. 11).
2. Voir Dove, Histoire de la ville de Beauvais, Beauvais 18842 : Duroxr-\Wnrre, Le siège de Beauvais, dans les Mémoires de la Société Académique de l'Oise, t. I, pp. 105 et suiv.: Discours du siège de Beauvais par Charles de Bourgogne en 1472, dans l'édition de Commines de Lenglet-Dufresnoy, t. II, pp. 203 et suiv.
Guyenne, Charles le Téméraire déclare la guerre à Louis XI. L'invasion est furieuse ; à Nesle, tous les habitants sont massacrés sans pitié; le 24 juin, les Bourguignons arrivent devant Beauvais : la place est à peine défendue; et c’est cependant de sa résistance que dépend le salut du roi. Le duc de Bourgogne veut, à toutes forces, s'emparer de la ville ; 1l essaie, d’abord, de séduire les habitants ; il leur promet alliance et protection ; mais les habitants restent inflexibles. Arrivent alors le maréchal de Gamaches avec cent lances d'ordonnance; puis les sénéchaux de Poitou, de Carcassonne, de Toulouse. Cependant, toute la charge de la défense retombe sur les habitants. Les Bourguignons donnent l'assaut : les bourgeois résistent énergiquement ; les femmes elles-mêmes « mettent la main à la besogne ». Lorsque les troupes du due se retirent, le 22 juillet, les gens de Beauvais manifestent leurs regrets, car « tant plus longuement y eussent été, tant plus y en fut demeuré ». On avait enduré de vives souffrances ; toute la banlieue avait été dévastée. — Un grand nombre de villes secourent les assiégés : Rouen envoie des munitions; Paris fournit 60 arbalétriers ; Orléans expédie cent tonneaux de vin, des geois se préparent à faire aux ennemis une longue résistance : à
flèches, de la poudre, de l'artillerie. Partout, les bour
Paris, dit la Chronique Scandaleuse, « furent faittes de moult belles ordonnances par sire Denis Ilesselin, panetier du roy nostre sire, esleu de Paris et prevost des marchans de ladicte ville, comme de faire rediffier la muraille et gardes de dessus les murs, faire faire belles et grandes tranchées, mettre au point les chaisnes, rediflier les fossez, boulevars et barrières des portes, en faire murer aucunes, faire faire de moult belles serpentines toutes neuves?, » — Louis XI
1. Le connétable écrit aux gens de Beauvais, le 11 juillet 1472, qu'il ne peut leur fournir que des secours en argent. (Bibl. Nat., francais 6979, fo 94).