‹ Louis XI et les VillesChapitre 188 sur 305 · Lettres de Louis XT, t. IL, pp. 152 et · texte numérisé non relu

Lettres de Louis XT, t. IL, pp. 152 et

2. « Erant autem populi terrarum illarum, praesertim de Ambianis et Abbatis-Villa, mirum in modum laeti et exhilarali quod ad jus coronae regalis revertissent, ad quod tanquam ad naturale imperium dicebant se spectare et pertinere debere. Et licet sub ditione ducis Burgundionum, pro pignore detenti, ex libertate civili sub qua servati fuerant, in magnas opes et populi multitudinem excrevissent, scireque facile poterant vicinos suos, quos regia tenebat manus, maximis collectionum et vectigalium angustiis pressos et oppressos (idque solo prospectu villarum et facierum atque amictus populorum utriusque domini, unusquisque agnoscere et dijudicare poterat), ex quadam tamen vel arrogantia quae ex secundis eis rebus provenerat, seu stultilia, qua sub dira regis servitute quam sub bona et civili libertate esse malebant, miro modo exsultabant se a ducis ditione ad regiam manum esse devolutos. » (Basin, I. I, ch. 23).

3. Lettres, t. II, pp. 230, 238, 240. — Cf. Bibl. Nat., Collection dom Grenier, t. XCVI, p. 116.

des concessions de toutes sortes : 1l les tient quittes, pour ne citer qu'un exemple, d’une contribution de 10,000 écus, qu'il leur avait imposée. Au même moment, le comte de Charolais leur écrit lettres sur lettres, leur députe, à tout instant, ses plus fidèles agents". Mais elles ne répondent guère à ses avances : à Amiens, un héraut, qui portait une lettre du due de Berri, a été retenu prisonnier, et on a communiqué au roi la missive ; un autre messager a été gravement molesté. Charles le Téméraire exprime aux Amiénois tout le mécontentement qu'il éprouve de cette conduite : comment ont-ils pu oublier les bienfaits de son père ? Il entame aussitôt toute une apologie de la Ligue du Bien Public: les princes, déclare-t-1l, ne songent qu'à l'intérêt du royaume, à la réforme du gouvernement. Le 28 juin, on reçoit à Amiens une seconde lettre de Charles : on l'envoie à Louis XI?. Quant à Guillaume Hugonet, qui vient encore entreprendre les habitants, il n'a pas plus de succès que son maitre”. — Les gens de Saint-Quentin semblent moins dévoués à la cause royale : ils recoivent dans leurs murs Adolf de Clèves, qui est l’allié des Bourguignons ; bien des bourgeois tiennent ouvertement le parti du comte de Charolais'. Les habitants de Corbie se décident à laisser pénétrer dans leur ville l’armée ennemie : ils ne tiennent nul compte des remontrances que les Amiénois leur ont adressées à ce sujet: « Soyez seurs, déclarent ces derniers, que le roy ne vous habandonnera point, quant vous monstrerez estre seurs et feaulx et que brief aurez de luy novelles, aide et secours”. » Les villes de la Somme ont encore besoin de surveillance : le comte de Nevers recommande au chancelier de rester en Picardie afin de les

1. Arch. Nat., J 1021, n° 18, et J. QuicneraT, op. cit., dans les Mélanges historiques, t. II, p. 297.

Page 1