Aug. Tarerry, t. II, p
8. Le roi écrit, le 28 juillet 1475, à Labellière : « M. le gouverneur, je vous baïille et vous prie que vous dites à M. de Torcy que si ceulx qui sont venus à Dourlens sont délogez que incontinent on y face mettre le feu et que tout soit bien bruslé, reservé les eglises, et s’ils ne sont partis, que inconlinent qu'ils le seront, qu'on le face bien brusler et qu’il n'y ait point de défaut. » (Deccove, Histoire de la ville de Doullens, Amiens, 1865, p. 86).
&. « Le lendemain, dit Commines, le Roy m'envoya parler a ceulx qui estoient dedans Mondidier, lesquelz s’en allèrent leurs bagues sauves et laissèrent la place. Le lendemain allay parler a ceulx qui estoient dedans Roye, en la compaignie de monseigneur l'admiral, bastard de Bourbon; et semblablement me fut rendue la place, car ilz n'espéroient nul secours : toutesfois contre nostre promesse, ces deux villes furent bruslées. » (1. IV: ch. 3, t. T/*pp. 325-et suiv.). CF la Chronique de Pierre le Prestre, abbé de Saint Riquier, publiée par M. le marquis de Belleval, dans les Mémoires de la Société d'Emulation d’Abbeville, 3e série, 2e volume (1878), pp. 100 et suiv. — Les habi-
Les habitants de Saint-Riquier, en mai 1475, avaient recu dans leur ville le sire de Picquigny, mais sous la condition expresse que leur sécurité serait pleinement sauvegardée ; à peine les bourgeois ont-ils fait au roi de France le serment de fidélité, que les soldats livrent la ville au pillage pendant dix jours: on comprend que les habitants se soumettent sans répugnance au duc de Bourgogne ; en juillet, l'amiral de France rentre dans Saint-Riquier : il ordonne un nouveau pillage et un incendie général".
En dépit de toutes ces fautes, les villes de la Somme restent dévouées à Louis XI: après la mort du Téméraire, Montreuil et Péronne reçoivent une garnison française? ; Abbeville se rend avec enthousiasme : le peuple, gagné par les bonnes paroles de M. de Torcy, qui est fort aimé, ouvre les portes de la ville, avant même que les magistrats municipaux aient pu intervenir. Le roi, touché de ces sentiments, exempte tous les habitants du ban et de l’arrière-ban et se propose d'écrire une lettre missive à chacun des quatre personnages les plus notables, pour les remercier des services que la ville lui a rendus”. Pendant la campagne de 1477, il tient les Abbevillois au courant de tous les événements ; le. 8 avril, il leur annonce la prise d’Hesdin : « Nous avons bien entencion et esperance, ajoute-t-1l, de au seurplus en gardant nostre bon droit, faire par maniere que tous nos bons et loyaulx subjetz en seront joyeulx et lesdis pays et
tants de ces quatre villes se réfugient à Amiens : le corps de ville compatit à leurs malheurs et leur permet « d'ouvrer de leurs mestiers, puisqu'ils avoient esté maistres et tenu leurs ouvroirs es dictes villes, dont par fortune de guerre et destrusion ils se seroient partis; et ne feront aucuns chiefz d'œuvre. » (Cf. de Beauvirré, Histoire de la ville de Montdidier, 1857, p. 175).