‹ Louis XI et les VillesChapitre 193 sur 305 · LouanDre, 0p. cit., t. II, p. 388 et suiv · texte numérisé non relu

LouanDre, 0p. cit., t. II, p. 388 et suiv

marches de par deça en demourront en repos et seureté. » D'ailleurs, il ne craint pas d’éprouver leur dévouement : à plusieurs reprises, il les invite à lui fournir des pionniers, « pour parachever de démolir et abattre les murailles et terres de la ville d'Arras! ». En 1479, il demande à Péronne un prêt de 500 écus d’or°. Les habitants d'Amiens, malgré la misère générale du pays, envoient constamment à l’armée royale des vivres et des munitions: Louis les récompense, le 2 septembre 1480, en confirmant leurs anciens privilèges et en leur octroyant de nouvelles faveurs*. Il gagne à sa cause les villes mêmes qui lui ont montré les sentiments les plus hostiles : aux bourgeois de Montdidier 1l accorde des lettres de rémission: il ne veut plus voir en eux que de fidèles sujets ; il a oublié tous ses anciens griefs *.

Les villes de Picardie, qui, depuis longtemps, se considèrent comme françaises, ont accepté avec joie leur réunion à la couronne. Pendant la crise de 1465, elles ont montré au roi un sincère dévouement. Le duc de Bourgogne, auquel le traité de Conflans a livré la Picardie, ne sait se concilier dans ce pays aucune sympathie. Louis XI, au contraire, agit avec üne merveilleuse souplesse : il tire parti de tous les mécontentements; il entretient des relations constantes avec les bourgeois de toutes les villes ; en 1471,

1. LouanDre, Lettres et bulletins des armées de Louis XT, adressées aux officiers municipaux d'Abbeville, dans la Société d’'Emulation d'Abbeville, 1836-37, p. 140 et suiv. — En récompense, il permet aux habitants de garder les nobles qui résident dans leur ville, ce qui facilitera la défense de la place (tbid., p. 157).

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