‹ Louis XI et les VillesChapitre 20 sur 305 · De Manpror, op. cit., p. 85 el suiv · texte numérisé non relu

De Manpror, op. cit., p. 85 el suiv

&. En 1472, dans la conclusion d'une trêve, Louis XI et Charles le

Dans les négociations de 1480, ses ambassadeurs ont été trompés par un personnage, dont ils ont eu le tort de ne pas assez se méfier. Le roi comprend la faute qu'ils ont commise : « Vous voyez bien, sanglantes bestes que vous estes, leur écrit-il dans son style énergique, quil ne tient que lenpriez, et ny adjoustez foi qua ce que vous verrez. » Et il leur dispense un dernier avis : « I1z vous mentent: bien mentez leur aussi’. » Voilà l’une des grandes maximes de sa politique.

IL connaît aussi les effets d’une habile corruption. À Péronne, il reçoit 50,000 livres, dont il fait bon usage? ; en 1477, ilrépond à Georges de la Trémoille, qui lui demande des terres : « Prenez en ce que vous en vouldrez, maiz, je vous prie, n’en ostez point à gens dont il me peust venir inconvénient, et en deppartez à ceulx qui vous semble qui me puent servir”. »

Louis XI a besoin d’être renseigné sur tout ce qui se passe : il institue done une véritable police. En 1470, il envoie du Bouchage en Guyenne, afin de surveiller son frère : « Et, lui écrit-1l, me advertirez bien au cler de tout. » Il le charge de corrompre les conseillers du duc de Bretagne. Il lui confie une sorte de contrôle sur ses autres agents: comme 1l se méfie de certains personnages, auxquels il a donné mission de négocier avec le connétable de Saint-Pol: « S'il le faut, dit-il, j'enverrai après eux monsieur du Bouchage pour les faire charrier droit”. »

À quoi tendent tous ces procédés? À fortifier l’autorité royale, à donner au pouvoir de l'État un caractère souverain et absolu. Louis XI se fait, en effet, une très haute idée de

Téméraire, au dire de Commines, cherchent à se tromper mutuellement. (Commines, 1. III, ch. 9, t. I, p. 277 et suiv.).

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