Bibl. Nat., francais 6961, pp
3. Odolant Desnos, Mémoires historiques sur la ville d'Alencon, Alençon, 1787, t. II, p. 414 et suiv.
fendue, elle est reprise par Jean d’Armagnac, er octobre 1472. Les troupes royales reviennent en forces, la reprennent, en mars 1473 : c’est alors un sac terrible : « Ny demoura personne, soit d'église, gentilhomme, serviteur dudit d'Armagnac, habitans de la ville ne autre, qui ne fut prisonnier, lyé, estaché, garroté et mis à grans ransons et plusieurs tuez »: c’est du moins ce qu'on lit dans le mémoire, rédigé par Charles d'Armagnac; la ville est incendiée et, en partie, démolie. Cependant, il semble bien que ces violences n’aient pas été ordonnées par le roi: « par plusieurs fois il l’a dit et déclairé de son vivant », affirment les lettres patentes du 3 avril 1484". — Il n’est peutêtre pas trop fàché de la leçon que ses troupes ont infligée aux bourgeois. Mais il ne tarde pas à réparer les maux de la guerre ?; immédiatement après la conquête, il fait rebâtir et fortifier Lectoure ; en mai 1473, 1l confirme les anciens privilèges et établit dans la ville le siège d'une sénéchaussée royale; le 22 janvier 1474, il affranchit les habitants de toute taille, de tout impôt ordinaire et extraordinaire ; en mai 1481, il approuve les coutumes, dont la ville jouissait depuis de longues années et qui lui conféraient une véritable indépendance. Les bourgeois finissent par être touchés de toutes ces faveurs : à la fin du règne, on les voit consacrer toutes leurs ressources à réparer leurs fortifications età créer une véritable milice municipale : Louis XI désirait que la ville fût bien gardée, car il la considérait comme la clé de la Guyenne”.
1. B. ne Maxpror, Louis X1, Jean V d’Armagnac et le drame de Lectoure (Revue historique, 1888, t. XL, p. 271 et suiv.).
2. Jean d'Armagnac avait été tué pendant le sac; la ville appartient, dès ce moment, au domaine royal.