‹ Louis XI et les VillesChapitre 202 sur 305 · Bibl. Nat., francais 6983, fo · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., francais 6983, fo

à l’occasion des élections municipales, éclatent des troubles très graves ; ils sont provoqués par une vingtaine de notables.

Les bourgeois détestent le nouveau corps de ville, qui ne se compose, disent-ils, que de « gens roturiers et cordouaniers ». La nouvelle répartition des fermes leur cause aussi un vif mécontentement'. Les élections municipales se font au milleu du tumulte: dans l’émeute figurent au moins quatre mille habitants. Louis XI devait venir en personne pour régler l’affaire des élections ; il envoie à sa place de Brye, qui s'efforce de tout régler à sa guise : 1l pénètre dans la salle de réunion avec le sous-maire et vingt-cinq sergents armés : le tumulte redouble, on attaque l’escorte de l’agent royal. De Brye en réfère à Louis XI, qui alors envoie dans le pays François de Pontbriant et Guillaume de Cérisay. Ces commissaires font arrêter vingt-six notables ; au dire des bourgeois, ils se livrent à tous les excès : ils maltraitent les prisonniers, puis leur promettent la délivrance, s’ils consentent à avouer leur crime ;

ont tenu plusieurs assemblées illicites : on les condamne à

ces derniers confessent alors qu'ils

une amende de 12,000 livres tournois”; on opère un grand nombre de confiscations?.

1. C'est ce qu'écrivent à Bourré, capitaine du château, le doyen, le juge et l'élu d'Angers (Bibl. Nat., francais 6603, fo 155). — Il leur déplaît aussi que les échevins aient supprimé les foires de la ville (cbid., 20493, fos 25 et 26):

2. Tous ces détails nous sont fournis par la revision du procès, qui eut lieu, à la demande des Angevins, en 1484. En comparant les versions des deux parties, on parvient à entrevoir la vérité. Cf. Arch. Nat., X2a 49 (26 février et 3 mars 1484), et notre Appendice.

3. C’est ce que prouve cette quittance de 1478 : « Nous Loys, etc., confessons avoir eu et receu de Pierre Chaillou, bourgeois d'Angiers et par nous commis a recevoir les amendes et confiscacions d'aucuns de ladicte ville, qui puis nagueres sans auctorité de nous et le congé et consentement de noz gens et officiers en Jadicte ville avoient fait et commis plusieurs assemblees, sedicions, monopoles, tumultes et murmuracions à nostre grant deplaisir et contre le bien de la chose publicque de nostre royaume et de ladicte ville d'Angiers, la somme de cinq mil cinq cens quatre vings (trois escus, quil nouz a payee et

Louis XI, qui compte bien réunir l’Anjou à son domaine, fait de nouvelles tentatives pour conquérir l’amitié des habitants d'Angers. Après l’annexion, il maintient dans leur ville l’ancienne Chambre des Comptes”; il affranchit du guet les gens de métiers*; 1l décrète que le greffe de la prévôté ne pourra être affermé”*. Mais les bourgeois ne lui pardonnent pas l'institution de la mairie, qu'ils regardent comme un instrument de la tyrannie royale. À la mort de Louis XI, ils écrivent à Charles VIII pour le supplier de ne pas confirmer cette mairie ; ils prétendent que son prédécesseur s’est repenti de lavoir créée. Charles VIIT, tout en répondant que son père ne faisait rien que de sage, évoque en son conseil le procès, qui s'était engagé entre la mairie et les bourgeois : il donne à Angers la constitution qui régit Tours*; il envoie dans le pays Bourré, M. de Maigné et le trésorier de France, du Rollet”. Ces officiers, après avoir écouté les requêtes des bourgeois et du corps de ville, réorganisent l'administration : ils décident que le conseil municipal comprendra un maire et vingt-quatre conseillers ; le maire sera nommé, chaque année, à la fois par les bourgeois et par les gens du roi; quant aux conseillers, ils seront perpétuels *.

baillee comptant en noz mains pour faire noz plaisirs... » (Bibl. Nat., francais 2908, fo 41).

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