Chronique Scandaleuse, p
attirer dans son parti les villes bourguignonnes ; c'est par l'intrigue et la diplomatie qu'il espère réussir. Il prétend conserver, dans tout le pays, le droit de créer des bourgeoisies royales ; son bailli de Sens s'efforce de soumettre à sa juridiction les habitants du duché de Bourgogne, qui habitent Sens ou Villeneuve-le-Roi?; mais, à la suite du traité de Péronne, il doit abandonner quelques-unes de ses prétentions *.
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À la mort de Charies le Téméraire, Louis XI envahit la Bourgogne et veut imposer aux villes son pouvoir souverain. C’est à Auxerre qu'il accourt, tout d’abord: il fait assembler les notables, qui consentent à lui prêter serment de fidélité, mais à condition qu’on leur donnera l'assurance parfaite de la mort du duc. Quelques jours après, le roi leur déclare qu’ « il est délibéré de les bien traicter aussi bien et mieulx sil povoit quilz estoient du temps du duc Philippes »; il confirme tous leurs privilèges, leur donne le droit d’approvisionner eux-mêmes leur grenier à sel, fait de
4. « Ce nonobstant nostre Baillif de Sens, sous ombre et couleur de ce que aucun desdis de nostredict frere et cousin se disent bourgeois de la Villeneuve le Roy, leur baille mandemens en forme de garde et autres, et par ce moyen actrait et veut actraire a luy la connoissance desdictes causes et procès... » (Commines-Lenczer, t. III (Preuves), pp. 60-62).
DTA locicit.
3. Il écrit à Dammartin, le 13 décembre 1470 : « ... Si vous pouvez trouver facon d'avoir ladicte ville d'Auxerre, je vous prie que le fassiez ; mais ne faites nulle guerre et ordonnez à ceux que vous avez mis en garnison quils se gouvernent bien, par manière qu'ils ne m'acquerent nuls ennemis et qu'ils attirent à eux tout ce qu'ils pourront... » Et il ajoute : « Mettez toujours des gens à praticquer avec ceux d'Auxerre. » (Lettres de Louis AT, t. IV, p. 170).
4. Leseur, op. cit., p. 285 et suiv.; Ord., XVIII, p. 225 et suiv.
leur ville le siège d’un nouveau bailliage. Il entretient avec eux une correspondance suivie et ne cesse de leur prodiguer ses bienfaits. Aussi les gagne-t-1l très rapidement à sa cause ; il trouve en eux des agents dévoués, qui l’avertissent de tout ce qui se passe en Bourgogne.
Dans les autres villes, il suit la même politique. Dès le 9 janvier 1477, il adresse une lettre aux magistrats munieipaux de Dijon : « Vous scavès, leur dit-il, que vous-estez de la coronne et du royaulme », et il leur ordonne de le reconnaître pour leur seul maitre’. Il leur promet la confirmation de tous leurs anciens privilèges ; il les délivrera de la présence des gens de guerre ; le 18 mars, il crée un Parlement de Bourgogne, à l'instar du Parlement de Paris’. Mais les Etats de Bourgogne ne se montrent pas encore satisfaits : le 20 mars, ils envoient leursrequêtes au roi de France ; ils demandent la suppression de tous les impôts qui pèsent sur les marchandises provenant du duché; ils désirent que les villes jouissent des mêmes exemptions que Paris : les habitants ne sont-ils pas sujets du roi au même titre que les Parisiens °?