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3. En juin 1477, Louis XI s'était emparé de Grey : « Ÿ a plus de quatre mil hommes mors, écrit le roi aux Abbevillois, et y a esté prins ledict sire de Chasteauguyon et autres seigneurs et cappitaines.
C’est alors que le roi prend d’énergiques mesures : il remplace le sieur de Craon par Charles d'Amboise ; il attire dans son parti les Suisses, qui défendaient la Franche- Comté contre l’armée française; par une promesse de mariage avec sa nièce Louise de Savoie, il gagne l'amoureux Hugues de Chalon, l’un des principaux agents de la révolte.
Charles d’Amboise fait merveilles : en 1479, il prend Dôle et les principales places de la Franche-Comté. A Dôle, il y a massacre général des habitants, pillage et incendie’. Auxonne, qui résiste moins énergiquement, est traitée avec douceur : on lui conserve tous ses privilèges, toutes ses immunités ; on relàche les prisonniers, sans exiger de rançon?.
Les gouverneurs de Besançon envoient des députés au sire d’Amboise, pour le prier de laisser à la ville sa neutralité ; mais ce personnage se refuse à tout accord de ce genre. Les gouverneurs consentent alors à accepter les conditions du roi : ils se résignent à le considérer comme le successeur des ducs de Bourgogne, partagent avec lui les droits de justice et de gabelle. Le capitaine, nommé par Louis XI, sera chargé des fortifications de la ville, prendra
Et après ladicte desconfiture, noz gens donnerent la chasse, en laquelle en a esté beaucop tué. » (Louanpre, Bulletins des armées de Louis XL, loc. cit., p. 148). Cf. Duxon DE CHarnace, Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, Besancon, 1740.
1. Pendant trois semaines, suivant un document contemporain, les francs archers sont occupés « a mectre les feuz de maisons en maisons et à abattre tout le circuit des murailles de ladite ville pour la laisser du tout champestre. » (Ed. Crerc, Histoire des Elats Généraux, p. 185 ct suiv.).
2. Bibl. Nat., francais nos 6962, p. 444, et 6986, fo 397 ; cf. Basin, 1. VI, ch. 14. — Salins, Arbois, Poligny ne font qu'une très faible
résistance,
connaissance de tout ce qui concerne la guerre et la justice. Les bourgeois font serment de ne souffrir aucun acte qui porterait atteinte aux intérêts du roi, de s'opposer à toute conspiration qui pourrait se tramer contre lui, et de l’avertir de tous les événements importants”.
En cette occasion, se marque, une fois de plus, la différence de sentiments qui sépare la haute bourgeoisie et les gens du peuple. Tandis que le zèle loyaliste des notables se refroidit singalièrement, les artisans restent attachés à la maison de Bourgogne : à Besançon, ils sont d’intelligence avec un seigneur ComtOIs, Claude de Toulongeon, qui forme le dessein de se jeter dans la ville pour résister aux Français. Mais les notables font échouer l’entreprise: le 7 août 1479, Charles d’Amboise entre librement dans Besançon ; il flatte les bourgeois de mille façons ; ne les a-t41l pas « gardés de totale destruction » ? Il se considère déjà, prétend-il, comme « citoyen de la ville ». Les notables se rallient donc en masse au parti francais ; ils entretiennent une active surveillance pour empêcher l'attaque de Toulongeon. Mais l'hostilité des gens de métiers devient de plus en plus vive; le mouvement populaire prend une telle intensité que les gouverneurs se décident à envoyer une ambassade à Claude de Toulongeon*?. — Charles d’Amboise, irrité de cette conduite, menace alors ses anciens amis des plus mauvais traitements : « Et quand ainsy seroit, écrit-l, qu'ils se vouldroient parjurer, je leur jure Dieu et Nostre-Dame que je leur feray venir, avant qu'il soit ung mois, plus de trente mil hommes autour de leur ville, et ne m'en sauroit garder le prince d'Orange. Et sils veulent que le pays soit destruict, je le feray si bien chauffer qu’à six lieues à la ronde ne demourra une seule maison’. » En octobre, il entre dans Besancon et y met une forte garnison.
LOT NII NEO 1e 2. Ed. Crero, loc. cit.
3. C'est ce qu'il écrit au régale de Besancon, le 17 octobre 1479,