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Cependant, Louis XI suit sa politique accoutumée : il fait taire ses griefs et essaie de gagner définitivement à sa cause la bourgeoisie comtoise. En 1480, les Etats, réunis à Salins, exposent aux commissaires royaux leurs réclamations : ils demandent un Parlement; ils désirent que les capitaines punissent leurs soldats, chaque fois qu'ils auront commis quelque excès. Le pays a été ravagé et dépeuplé par la guerre ; les campagnes restent incultes : il serait bon de ne plus contraindre les laboureurs à faire le guet et de ne plus les rançonner de ce fait. Qu'on n'oblige plus les bourgeois à travailler, par corvées, aux forteresses que l’on construit. Les gens de guerre devront loger dans les hôtelleries, comme s'ils étaient de simples particuliers ; ils ne pourront prendre de vivres, sans les payer; les denrées seront portées aux marchés pour y être vendues selon le tarif fixé par les échevins ; aux soldats il sera interdit d’arrêter les vivres en route; les Comtois trafiqueront dans toutes les provinces du royaume en toute liberté, et sans payer plus d'impôts que les autres sujets du roi“. — Louis XI souscrit à toutes ces requêtes. En février 1481, il concède aux habitants de Besançon tous les privilèges, toutes les franchises et libertés dont jouissent les Parisiens, car, dit-il, « 1lz se sont amiablement mis en nostre garde
Au commencement de sa lettre, il dit : « Je m'esmerveille fort de messieurs de Besancon qu'ils veuillent dire ; vous scavez les termes que le roy les a tenus, et moy, par amour que J'avois a eulx, je les ai gardés de totale destruction. Car, à cause du plaisir et amour, que j'y avois treuvé du temps passé que j'estois demeurant dedans leur ville, je les ay autant aymé que si j'eusse esté propre citadin de la cité : et ne me peut tomber dans le cueur qu'ils facent chose que ne soit bonne et honeste... » (E. CLErc, 0p. cit., p. 36). 1. Bibl, Nat., francais 6987, fos 235 et suiv.
et protection! »; en mars, il transfère dans leur ville l’université de Dôle*?. Les habitants de Salins obtiennent confirmation du traité que leur avait accordé le sieur de Chaumont, lorsqu'ils s'étaient rendus à lui « de leur pure et liberalle volenté” ».
En dépit des avances de Louis XI, les villes de Franche- Comté ne se soumettent pas volontiers à l'autorité royale : elles n’oublient pas aisément les bienfaits de la maison de Bourgogne. Les bourgeois résistent énergiquement à toutes les attaques : la campagne de 1479 est longue et meurtrière. Cependant le sire d’Amboise s'empare des principales places. Il se produit alors un phénomène intéressant, que nous retrouvons dans bien des contrées : tandis que le menu peuple veut prolonger la résistance contre le roi, la bourgeoisie, au contraire, se tourne du côté de la France : comme dans le duché, elle sent le parti qu'elle peut tirer de l’annexion au royaume. Par ses bienfaits, Louis XI se concilie la bienveillance des municipalités : dès 1482, il est le maitre incontesté du pays. .
4 Ord., XNIII, 605:
2. Ibid., 612. Il confirme aux habitants le privilège qu'ils possédaient de ne pouvoir être appelés en justice hors de leur ville (cbid., 614).
3. On leur accorde une rémission générale ; on décide que les habitants ne pourront être contraints à servir en armes hors de la
ville ; les règlements relatifs aux « saulneries » sont maintenus dans leur intégrité (Arch. Nat., JJ 207, n° 327).