Archives des Pyréuces-Orientales, B
3. Il autorise le duc de Nemours à pardonner « toutes rebellions et desobéissance » (Bibl. Nat., ms. fr. 20493, fo 87).
&. En mars, il avait déjà confirmé plusieurs anciens droits relatifs à la police intérieure de la ville, au jugement des procès, au transport des marchandises. (Ord., XV, 642).
5. Les officiers français sont exempts de toute aide pour les vivres et provisions, nécessaires à leur entretien. (Archives des Pyrénées Orientales, B 407).
6. Ord., XVI, pp. 49 et suiv. — Le 9 juin, Louis XI invite les Florentins à traiter les marchands du Roussillon et de la Cerdagne
comme ses propres sujets (Lettres, t. IT, p. 129).
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gulière méfiance: en mars 1463, il craint une révolte; il ordonne au due de Nemours d'arrêter tous les individus suspects et de faire prompte justice; si personne ne donne prise aux soupçons par ses propos, que l’on recherche avec soin tous les personnages qui ont quelque action sur le peuple : « Si vous n’en povez autre chose actaindre, écrit-il à ses officiers, vous pourrez adviser tous ceulx de qui vous avez suspezon et incontinent envoyez-les par devers moy ; et aussi bien de <hiefz du peuple, qui seroient gens de mestier, n'ayez point de honte de les envoyer devers moy, soit paillars ou aultres, soubz couleur de se venir excuser d’aucunes choses qu’on leur ara données '. » Le roi reçoit très froidement les députés, que les consuls envoient jusqu’à Dax pour conférer avec lui; il refuse même d’examiner leurs privilèges”. C’est par de tels procédés qu'il achève de s’aliéner tous les esprits.
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Les habitants, on le voit, n’ont aucune raison d'oublier leurs anciens seigneurs: on s'explique aisément que, le 17 juin 1464, le roi Jean remercie les consuls de Perpignan de leur fidélité et les prie de veiller plus attentivement que jamais à la défense de leur ville *.
Les Catalans font leur soumission en 1470. Dès ce moment,
1. Archives municipales de Perpignan, Livre Vert Mineur, fos 505-
2, Lettres tn Ut pe 41407
3. Il promet seulement aux ambassadeurs d'écrire au duc de Nemours et aux gens de son conseil « estans au dit lieu de Perpignan, quilz voient les dits privilèges, et après qu'ils les aront bien visitez, quilz besongnent sur ce avec les dits de Perpignan, par la meilleure et plus doulce voye que faire se pourra. » (Cf. B. de Manpror, Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, dans la Revue historique, Juilletaoût 1890, t. XLIII, p. 298).
le roi d'Aragon ne songe plus qu’à recouvrer le Roussillon : il excite à la révolte les Perpignanais ; en février 1473, il entre par surprise dans leur ville: il est appuyé par le sénéchal de Beaucaire, Bernard d'Oms, qui trahit son roi. — Louis XT veut prévenir la rébellion : le 9 mars, il déclare aux consuls de Perpignan qu’il va envoyer dans leur pays 300 lances et 2,000 francs archers ; comme il vient de conclure une trêve avec le duc de Bourgogne, il pourra porter toutes ses forces sur les frontières d'Espagne : « Et à ceste cause avons entencion de y envoyer si grant armée que, a laide de Dieu, il ne sera plus besoing de y renvoyer après A A EE re timide les habitants et le roi d'Aragon lui-même, qui se résout à conclure un traité, le 17 septembre 1473. — Louis XI promet au roi d'Aragon de lui restituer la Cerdagne et le Roussillon, dès qu'il aura reçu les 300,000 écus qui lui ont été promis. Sur une liste de deux personnages, présentée par le roi d'Aragon, 1l choisira le gouverneur général des comtés, qui prêtera serment aux deux souverains et n’exécutera jamais leurs ordres que s'ils se trouvent d'accord. Le roi de France présentera quatre personnes au roi d’Aragon, qui en choisira une pour la garde des châteaux de Perpignan et de Collioure. Pierre de Rocaberti est nommé gouverneur des comtés; Yves du Fou, commandant de la place de Perpignan. Les comtés, quoique gouvernés au nom de Louis XI, ne seront cependant administrés que par leurs lois et privilèges : 1l est défendu aux deux rois ou à leurs officiers d’entrer dans le pays *.
1. Bibl. Nat., francais n° 20493, fo 89. — D'ailleurs, les officiers du roi avaient déjà pris leurs précautions : « Semble a messire Pierre de Peralte et à messire Carles d'Oins, lit-on dans un mémoire contemporain, que incontinent que l'on aura trois cens lances et les archiers, que l'on les doit faire descendre dedens les lices, qui sunt dehors le chasteau ; et adonc viendra grant peuple dela ville pour parlementer; et semble que, par ce moien, on les pourra avoir sans piller ; et silz ne veulent parlementer ny entendre, qu'on ne les doit point esparnier, et peut on veoir à l'ueil ce qui sera à faire. » (Ibid., n° 20497, fe 68).