‹ Louis XI et les VillesChapitre 228 sur 305 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

I. En Lorraine, relations de Louis XI avec les villes ecclésiastiques. Ses tentatives sur Bar. — II. En Savoie, et surtout en Bresse et en Bugey, il gagne à sa cause la bourgeoisie,

Le duché de Lorraine constituait un État indépendant. Le roi s’efforce cependant d’y faire sentir son influence ; grâce à la bourgeoisie, son autorité pénètre dans le pays.

C’est avec les villes ecclésiastiques qu'il entretient les relations les plus étroites. À Charles VIT appartenait déjà la garde de Toul et de Verdun. Louis XI accorde à ces deux cités les plus grands privilèges : le 6 février 1461, il octroie aux habitants de Verdun le droit de transporter dans leur ville le blé qu’ils auront acheté dans le royaume’. Les bourgeois se réjouissent de l’aceueil qu'ils reçoivent en France ; ils fréquentent les foires et les marchés du royaume , ils ne croient donc pas acheter trop cher la protection du roi au prix de 500 florins d’or par an : ils le supplient de

1. «.. Plusieurs nos officiers, dit le roi, ont empesché lesdits citoyens ct habitans de lever et mener ‘hors de nostre royaume en la dicte cilé de Verdun les grains qui des leurs estoient, et plusieurs d'eux, de leurs heritages, censes, rentes, debles el possessions qu'ils ont et qui deubs leurs seront es villes subjectes d'iceluy nostre royaume et voisines de la dicte cité de Verdun. » (Ord., t. XV, pp. 321-22).

les maintenir en sa garde ; Louis XI leur promet de respecter leurs usages et privilèges et fait le serment de les préserver de toute attaque, de toute vexation'. Le 20 octobre 1465, à la suite du traité de Conflans, il désigne comme sousgardien de Toul et de Verdun le duc de Calabre et de Lorraine?; mais bientôt les Verdunois manifestent au roi le mécontentement qu'ils éprouvent à ne plus jouir de sa protection*. Louis XI, en dépit de ses promesses, laisse Charles le Téméraire s'emparer, en 1468, de la garde de la ville*. — Les habitants se résignent à leur sort: en 147%, ils livrent au duc de Bourgogne Jacquesdes Salles, un secrétaire du roi de France: ce dernier se souvient alors de Verdun; il prétend que la ville n’est pas neutre ; il dépêche le sire de Craon. Ce personnage exige que les habitants fassent amende honorable, la corde au cou, et paient une indemnité de 10,000 livres tournois”.

Louis XI essaie aussi de s'emparer de Metz. La ville s’est rendue indépendante de son évêque. Après plusieurs querelles, les magistrats messins ont fait saisir les biens des chanoines ; aussi ont-ils été excommuniés par le pape et mis au ban de l’Empire. Le roi, informé de la situation, envoie à Metz le maréchal de Lorraine, pour demander aux bourgeois une justification de leur conduite, puis il ordonne au bailli de Vitry-en-Perthois de faire poser les panonceaux de France sur les maisons des chanoines. Le 12 mai 1464, un héraut d'armes, Poictiers, arrive à Metz et remet au corps de ville une lettre, dans laquelle Louis XI rappelle

Ord., XV, 495-97.

Bibl. Nat., francais 16889, fs 86 et suiv.

Ibid, 6972 10.287.

Bibl. Nat., Collection Moreau, t. COL, fos 19 et sui.

Dom Caruer, Histoire de Lorraine, tome V, c. 302. : 6. Dès 1245, il s'était mis en relations avec les Messins ; en 1461,

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