‹ Louis XI et les VillesChapitre 238 sur 305 · Ibid., no 20495, fo · texte numérisé non relu

Ibid., no 20495, fo

s'occupera des mines se trouvera affranchi de tout impôt; les étrangers seront traités sur le même pied que les nationaux, même dans le cas où la guerre serait engagée avec le pays, dont ils sont originaires. D'ailleurs, on fournira des secours à tous ceux qui en auront besoin pour tenter quelque exploitation”. Guillaume Cousinot, nommé « visiteur général des mines », s'occupe activement de sa charge, encourage les ouvriers et les marchands. Il montre les excellents effets de l’ordonrance royale : les ouvriers étrangers, qui allaient retourner dans leur pays, sont restés en France ?. — Louis XI favorise encore l’industrie naissante de limprimerle.

L'Italie, au moyen âge, fabriquait de la soie, des étoffes d’or et d'argent. Le roi conçoit le projet de transplanter ce métier à Lyon*: il espère à la fois enrichir la ville et conserver le numéraire dans le royaume : 1l estime en effet que l'achat d’étoffes de luxe à l'étranger constitue pour la France une perte de quatre à cinq cent mulle écus d’or par an“. Il faut appeler à Lyon des ouvriers habiles en cet art : c’est, dit Louis XI, un métier honorable, « auquel se pourront occupper licitement hommes et femmes de tous estaz, que dix mille personnes, tant de ladicte ville que des environs, et tant gens d'église, nobles, femmes de religion que autres, qui à présent sont oIseux, y auront honneste et prouffitable oceupacion*. » Il ordonne, à cet effet, une levée

1. On ajoute que tous les propriétaires de mines devront, dans le délai de quarante jours, faire leur déclaration au général-maître, sous peine de perdre tout profit pour dix ans; ceux qui ne seront pas en mesure d'exploiter leurs mines en concéderont l'usage au roi. (Ord., XVII, 466).

. Bibl. Nat., ms. fr. n° 20485, fo 75 et no 6983, fo 32.

. I y avait eu déjà, il est vrai, quelques tentatives particulières. — Sur tout cet épisode, cf, Virar DE Varous, Etienne Turquet et les origines de la fabrique lyonnaise, Lyon, 1868.

4. « Ce qui est, dit le roi, chose fort préjudiciable a nous eta la chose publique ».

9, Lettres de Louis XT, t. TITI, pp. 121-22, — Cf. les lettres-patentes

de 2,000 livres tournois sur la ville. Il accorde les plus grands privilèges aux ouvriers en soie, qui viendraient s'établir à Lyon. Guillaume Cousinot est instruit particulièrement de tous ces projets ; Jean Grand est préposé à la direction de l’entreprise”.

Mais le Consulat de Lyon semble hostile à cette innovation. Il craint que l’industrie de la soie ne devienne le monopole de sociétés anonymes. Puis, que de dépenses ! Ce n’est pas deux mille livres, pensent les Conseillers, mais trente ou quarante mille qui seront nécessaires pour mener à bien l'affaire. Où prendre cette somme? Comment et par quelles personnes la manufacture sera-t-elle régie? Telles sont les graves questions que les notables posent à Cousinot. Ce dernier ne répond qu’en termes vagues: « Tout se fera et conduira bien », assure-t-il. — Les bourgeois adressent alors une requête au roi, pour lui exposer l'impossibilité et le danger de son dessein: on ne pourra jamais, prétendent-ils, fabriquer à si bon marché que les Piémontais: puis « les maistres et ouvriers étrangers sont pauvres ; car des riches ne s’exposeroient pas a perdre leurs biens et leurs vies, attendu les défenses de laisser venir le dit art par deça; et aux pauvres on n’oseroit pas confier des matières précieuses ? ». On demande tout au moins que la direction de la nouvelle industrie soit donnée au corps de ville. Le 14 janvier 1467, les magistrats municipaux envoient auprès du roi Pierre Varmier, docteur en droit, et Guillaume Pel, marchand ferratier, pour lui demander la suppression de l’édit; mais l'ambassade n'obtient aucun succès*. On songe avec

terreur aux dépenses qu'il faudra subir‘.

du 23 novembre 1466, dans les Nouvelles Archives du Rhône, t. II, p- 133.

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