Arch. Nat., K 70, n
6. Bibliothèque municipale de Poitiers, Coll. dom Fonteneau,t. XX, pp: 275-78.
7. Il donne à Lucon pour dix ans « tout ce que les traictes et coustumes des biez, vins et autres marchandises, chargées es pais ethavre
la Seine et de ses affluents il défend de faire « edifices et empechemens dans les rivières, vannes, gros pieux, moulins et pecheries, arbres plantés, hayes, buissons, saulsayes nuisibles aux nefs »: il leur interdit aussi de diminuer la largeur des chemins de halage ou de rétrécir les arches des ponts. Sur le cours de l'Eure, un chevalier, Jean Morhier, s'efforce d'entraver la navigation ; les habitants de Chartres lui intentent un procès; mais Louis XI met rapidement fin au débat: en décembre 1471, il ordonne de « faire reaumant raser toute la fortification de la maison de Morhier, afin que tous autres y prennent exemple et que la force et autorité demeure à justice »'. Sur le Rhône, il supprime un grand nombre de péages*. En 1467, il recherche avec Guillaume de Varye et ses conseillers les meilleurs moyens d'abolir tous les impôts, qui pèsent sur la navigation de la Garonne : de la sorte, déelare-t-il, les laines, les huiles, les muscades et tous les produits du Languedoc pourront être transportés à Bordeaux, et de ce port en Flandre et en Angleterre*.
Pendant la guerre de Cent Ans, la plupart des foires étaient tombées en désuétude : Louis XI en rétablit un grand nombre*. Il en institue de nouvelles, non seulement dans
de Luçon, Thalemondois et autres pors de mer pourroient valoir durant le temps susdit. » (Bibl. Nat., ms. fr. n° 20492, fos 105-107).
1. Dr Lérinors, Histoire de Chartres, t. IT, pp. 117 et suiv.
2. Ainsi, en août 1475, on permet aux habitants de Montélimar de charger leurs blés et autres marchandises sur des barques, de les faire naviguer sur le Rhône et de passer devant le château du Teil, en les dispensant de payer quoi que ce soit au seigneur (Archives du Parlement de Toulouse, B 4, fo 160). — Cf. Bibl. Nat., ms. fr. 69784, fo 262.
3. « Il est necessaire, dit le roi, pour faire la riviere de Garonne marchande, et mesmement que aujourd'huy les laines, huiles, muscades et autres biens de Languedoc descendent par icelle pour tirer a Bourdeaux et de la en Angleterre et en Flandre, ce que jamais ne se fist, que les peages soient remis ainsy quils estoient d'ancienneté, et sera ung grant bien pour Bourdeaux et pour tout le pays. » (/bid., loc. cit.)
4. En mars 1483, il rétablit les foires de Saint Germain et exempte
les villes, mais danstoutes les bourgades, qui se recommandent parleursituation!.—Tlse considère commele maître souverain des foires. En 1470, il avait établi deux foires franches à Caen”; en mai 1477, il les transporte à Rouen; elles n’ont pas prospéré dans la première ville, mais il en sera tout autrement, déclare-t-1l, dans la principale cité de Normandie, « joignant laquelle court la rivière de Saine, qui de la mer jusques a icelle ville porte et peult porter grans et bons navires, venans de tous pays et nacions estranges, et aussi partir de nostre dicte ville de Rouen amont la rivière, et porter à Paris et autres noz villes et citez toutes marchandises, qui y seront apportees par mer, et y en apporter dautres de nosdis royaume et pais, tant par la dicte riviere, et autres, qui en icelle cheent et affluent et mesmement par la terre, qui de nostre dicte ville et cité de Rouen pourroient estre tirces en la mer et par les navires menez en toutes nations et pays estranges joingnans a la mer... » Louis XI comprend que Rouen est un véritable port de mer, le meilleur débouché de tout le bassin de la Seine ; il y voit aussi pour les marchands une résidence commode et sûre. Il accorde donc à ces foires des privilèges très importants : il décide que toutes les monnaies étrangères y auront cours ; l’on supprimera toute taxe sur les marchandises qui y seront transportées; il y aura sécurité absolue pour tous ceux qui s’y rendront; les commerçants étrangers pourront élire domicile dans la ville et jouiront des mèmes avantages que les propres sujets du roi : ils ne seront pas soumis au droit
de tout péage et de tout subside les marchands, qui les fréquenteront (FéLiBreN, Histoire de la ville de Paris, t. III, p. 564).
4. La ville de Saint-Cendre, dans le pays d’Aunis, est gratifiée de quatre foires par an : elle est voisine de plusieurs bonnes villes ; beaucoup de marchands y passent et s'y arrêteraient volontiers(Ord., t. XV, p- 363). Dans le pays de Brives, qui est pauvre, mais « ouquel a grant passaige », Louis XI crée plusieurs foires (Aug. Cuassaixc, Spicilegium brivatense, Paris, 1886, pp. 558 et suiv.).
DAOTUMENNAIIRS EE
d’aubaine. Les débats commerciaux seront jugés rapidement et sans forme de procès par le baïlli ou par son lieutenant, auxquels le roi confère l'office de conservateurs des foires". — Louis XI fait tout plier devant son autorité : 1l ne permet pas que l’on change les dates des foires sans son autorisation. Il est le juge suprème de l'intérêt public : c’est ainsi qu'en 1471, il abolit les foires de Beaucaire, parce qu’elles nuisent trop aux localités voisines, dont elles suppriment le commerce”.
Par toutes ces mesures, 1l espère donner un rang prépondérant au commerce français. Ainsi s'explique sa sollicitude pour Lyon. Avant la fin du xrv° siècle, les grandes foires de Champagne avaient subi une complète décadence: Lyon commence à hériter de la prospérité commerciale de Troyes et de Reims. Déjà en 1419, on y crée deux foires franches qui doivent durer quinze jours chacune ; Charles VII en renouvelle le privilège en 1443. — Des l'avènement de Louis XI, le Consulat s’occupe activement de la question. Il considère qu'il serait indispensable d'obtenir quatre foires annuelles. Il se résout à envoyer une députation au roi; il choisit à cet effet Guillaume Pel, Pierre de Villars et le procureur de la ville ; on recherchera dans les archives les privilèges des foires de Champagne et l’on s’efforcera d’en obtenir de semblables pour Lyon. Le Consulat songe encore à l'emplacement des halles et nomme, pour étudier l'affaire, une commission composée de deux bourgeois, de deux clercs gradués, de deux clercs « de pratique », de six marchands*.
IT s’agit, à tout prix, de convaincre le roi; voici les raisons que font valoir auprès de lui les députés lyonnais : « Sion supprimoit les foires, déclarent-ils, on feroit dommage au
1. Ordonnance de mai 1477 (Bibl. Nat., ms. fr. n° 5950, fos 3 et suiv.). Cf. Farin, Histoire de Rouen, pp. 65-66.
Orne SOUL, Se