Monraccon, Histoire de Lyon, t. I, p
3. Il remarque encore que les anciennes ordonnances relatives aux foires de Lyon n'ont pas été observées, « par quoy les matieres d'or et d'argent ont esté et sont chaque jour transportées audit lieu de Geneve et ailleurs de nostre royaume... ou grand prejudice de nous et de la chose publique de nostre dit royaume... » (Ord., t. XV, pp. 571- 72).
&. Ils sont sous la sauvegarde royale, doivent être traités comme des Français et sont exemptés du droit d'aubaine (4bid., XV, 644). Le 18 mars 4463, il ordonne à la Chambre des Comptes de vérifier les lettres de franchise des foires de Lyon, qu'il a établies, dit-il, « pour
ruiner le commerce de Genève’ : il fait rigotwreusement poursuivre tous les marchands, qui se rendent aux foires de cette ville ; il charge de cette besogne trois ou quatre commissaires, qui s’en acquittent avec conscience. Un certain Thomassin Grimault, qui a enfreint la règle, est condamné à une amende de 10,000 livres tournois ; il expédie tous ses biens hors du royaume et il s'apprête à s’expatrier ; mais le commmissaire royal le fait arrèter : « Se cestoit vostre bon plaisir, écrit-il à Louis XT, que le feisse mener devers vous, vous en ariez plus tost argent... » Il a trouvé bien d’autres marchands, qui sont dans le mème cas : « Et me semble, ajoute-t-1l, que jen tireroy bien autres X mil frans ou plus »*. L'intérêt fiscal s'accorde, en cette occasion, avec l'intérêt commercial.
Les Lyonnais tiennent ardemment à leurs foires. Louis XI les menace-t-il de leur en retirer le privilège : il obtient d'eux toute espèce de concessions. Tel est le procédé qu'il emploie, lorsqu'il essaie d'établir l'industrie de la soie à Lyon*. Il en arrive à ses fins : il confirme donc les foires, en
le très grant bien et utilité de la chose publique de nostre royaume. » (Lettres, 11, 108).
1. Ainsi il accorde aux Bernoïs la permission de passer par Genève pour se rendre à Lyon ou pour s’en retourner, mais à condition de ne vendre dans cette ville aucune des marchandises, qu'ils pourront avoir acquises à Lyon (Bibl. Nat., ms. fr. n° 20428, fo 68).
2. « Se l'on eust peu besongner en Languedoc, écrit-il encore, vous eussiez argent de retour. » Il demande pour les commissaires une indemnité de 1,200 livres : « Je vous respons que pour cent vous en aurez mil. » (Pièces Justif., n° XIX).
3. Comme les gens de Genève se vantaient de faire casser l'édit, portant défense de se rendre aux foires de Genève, les magistrats se décident à envoyer vers le roi un député pour obtenir, dans son intégrité, la conservation des foires: on choisit, à cet effet, Guillaume Berri, docteur en droit (Arch. mun. de Lyon, BB 10, fo 118). En 1466, l'inquiétude augmente : on adresse à Louis XI Pierre Balariv, docteur en droit, et l'élu, sire Humbert de Varey, munis de 200 écus d'or, qu'ils doivent distribuer au chancelier, au général des finances, aux
conseillers les plus influents (ébid., fo 178). En juillet 1467, Louis XI
novembre 1467 ; mais il a toujours soin de présenter ce privilège comme le « plus grant bien qu'il puisse faire à la ville »'. Les Lyonnais, qui se méfient toujours des intrigues de la Savoie, prennent à tâche de contenter le roi? : celuiei protège eflicacement les foires et, par sa ferme conduite, assure leur prospérité *.
En matière de marchés et de foires, Louis XI parvient à faire reconnaître son autorité dans tout le royaume : il fait défense au comte de Boulogne de créer des marchés à Saint Amand et interdit à ses sujets de s’y rendre‘. Le seigneur de Villeroi veut établir dans son domaine un marché et deux
foires : 1l en demande l'autorisation au roi”.
LIT
Louis XI montre le plus grand zèle pour le développement du commerce extérieur, — Dans la plupart des villes, il supprime le droit d’aubaine, qui empêche les étrangers de se fixer en France: en 1471, il accorde cette faveur à
frappe un dernier coup : Guillaume de Varye notifie au Consulat le traité, qui a été conclu avec les Génevois ; mais comme le roi ne l'a pas encore ratifié, les Lyonnais lui envoient un nouveau député, Jean Palmier, qui promet que ses compatriotes donneront tous leurs soins à l'industrie de la soie. (cbrd., fos 266 et suiv.).
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