À. Cuazce, Histoire du comté de Tonnerre, Auxerre
6. Leseur, Mémoires sur l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre, t. IV, pp. 288 et suiv.
7. Cf. Dupowr, Histoire ecclésiastique et civile de Cambrai ct du Cambrésis, pp. 9&. et suiv.
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Les finances municipales sont singulièrement obérées. Dès 1466, les habitants de Poitiers sont, pour ainsi dire, ruinés « tant pour les grosses et excessives tailles que aussi pour les gens d'armes, qui pillent et prennent toute la substance du peple'. » En 1476, le maire jette un cri d'alarme : « Au moien des grans et innumerables charges que la ville a supportees depuis X ou XIT ans en ça, tant a l'occasion des guerres, des empruns, de la translation du Parlement de Bordeaux en ceste ville que aultrement, a convenu a la ville vendre et engager tout le domaine d'icelle, et ny a plus aucuns deniers pour reparer et entretenir les portes et murailles de ladicte ville, qui sont fort ruyneuses, ne faire les aultres choses necessaires de ladicte ville... ? » — Les habitants de Montdidier sont incapables de payer au roi les droits qu'ils lui doivent : « Aux fauxbourgs, souloit y avoir six à sept cens feux ; a present, ny en a cinquante. Les maisons et moulins ont esté ars et desmolis à cause des guerres *. » À Troyes, de 1477 à 1478, la population diminue de 5,000 habitants".
Dans les dernières années, la situation s'aggrave encore. De terribles épidémies sévissent en 1481 et 1482°. La famine fait bientôt son apparition. A Reims, sur une population de 10,000 âmes, il y a 2,000 indigents ! Le nombre
1. Arch. mun. de Poitiers, Cart. 98, n° VI, fo 52 vo. 2. Jbid., Cart., 98, n° VII, p. 246.
3. De Beauvirré, Histoire de la ville de Montdidier, 1857, pp. 167-
4, Bowror, opeoit, tal /p- 158.
9. Varin, Statuts, p. 769, note. — La banlieue de Reims manque tout à fait de pain et de grain, « et la ville n'en donnoit point aux villageoïs, parce qu’il étoit évident qu’il n'y en avoit pas assez pour atteindre au nouveau, et qu'on étoit obligé d'en chercher ailleurs. »
des misérables croît de jour en jour; on ne sait plus où trouver du blé". À Paris, le prix du pain augmente des deux tiers, et l’on s'attend à de graves émeutes. À Lyon, en 1481, les pauvres meurent « de faim, de povreté et de misère” ». En novembre 1482, le Consulat se voit dans l'obligation « de soulaiger le povre peuple de ladicte ville, qui na de quoi paier a cause de la chereté des vivres ». Et 1l ne reste plus d'argent! Les habitants de Clermont « sont tellement appouvris » qu'ils ne peuvent plus acquitter les tailles dues au roi ni faire face aux dépenses municipales”. Comme le dit la Chronique Scandaleuse, Louis XI « avoit mis son peuple si au bas que au jour de son trespas estoit presque au désespoir * ». Les ofliciers royaux eux-mêmes sont saisis de compassion”. Basin déclare que, dans les dernières années du règne, cent mille personnes sont mortes de misère et cent mille, de la peste°. — Son témoignage peut paraître suspect; mais consultons Commines: nous retrouvons la même impression. Louis XI, dit-il, « avoit plus chargé le peuple que jamais roy ne feit, combien qu’il eust bon vouloir de les descharger, comme J’ay dict ailleurs ; mais 1l debvoit commencer plus tost?». À son lit de mort,
1. Cf. Arch. mun. de Lyon, BB 17, fo 12; Archives de la Gironde, G 285, fo 27 ; Ménar»o, Histoire de Nismes, t. IV, p. 2.