‹ Louis XI et les VillesChapitre 263 sur 305 · Comines, L. VI, ch. vr. (t. II, pp. 244 et suiv · texte numérisé non relu

Comines, L. VI, ch. vr. (t. II, pp. 244 et suiv

le roi recommande à son fils de conserver la paix cinq ou six ans ; le royaume en a bien besoin, remarque Commines, «car combien quil fust grant et estendu, si estoit il bien mesgre et povre, et par especial pour les passaiges des gens d'armes qui se remuoient d’ung pays en l’aultre, comme ilz ont faict depuis et beaucoup pis'. » Comment, se demande encore le chroniqueur, le roi a-t-1l pu exploiter si durement un peuple, dont la soumission est si grande ? « Est-ce donc sur telz subjectz-que le Roy doit alleguer privilege de povoir prendre a son plaisir, qui hiberallement luy donnent? » C’est ainsi que naissent les guerres civiles; les rois répondront devant Dieu de leurs excès ; contre eux s’élèveront « la plaincte et clameurs du peuple, qu'ilz foullent et oppressent de toutes manieres, sans en avoir compassion ne pitié, les douloureuses lamentations des veufves et orphelins, dont 1lz auront faict mourir les maris et peres* » Aux États de 1484, le chancelier déclare lui-même que le peuple «avoit esté fort foullé a l’occasion des guerres et divisions qui avoient eu cours en icelluy roialme*. » Le Tiers État, dans son cahier, remontre que « le royaume a present est comme ung corps, qui a esté évacué de son sang par diverses saignees et tellement que tous ses membres sont vuydez. »

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