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PROGRÈS DE LA BOURGEOISIE

I. Progrès matériels. — II. La haute bourgeoisie tend à s'élever à la noblesse. Les anoblis. Les officiers royaux. — III. Les nobles, qui habitent les villes, com-

mencent à se fondre avec la bourgeoisie.

Dès le xin° siècle, la bourgeoisie commence à s'enrichir ; mais les progrès de cette classe, qui étaient continus depuis trois siècles, s’accélèrent sous le règne de Louis XI’. De grandes fortunes se créent : qu'il nous suflise de citer les de Beaune et les Briçonnet. Jean de Beaune, d'abord simple « marchant de draps » de Tours, l’un des fournisseurs du roi, remplit bientôt d'importantes charges financières : il devient « maistre de la Chambre aux deniers et argentier de monseigneur le Dauphin ». [Il intervient dans toutes sortes d'affaires politiques, soit qu'il fournisse de l'argent, soit qu'il paie de sa personne : en 1470, il avance les fonds qui doivent être livrés aux banquiers de Rome, afin d'obtenir des dispenses de mariage pour le fils de Henri VI et la fille du comte de Warwick ; le roi l'envoie en Angleterre avec son gendre, Jean Briçonnet, pour exposer aux yeux des Anglais

1. Il est même des gens de métiers, qui font des affaires considérables et deviennent fort riches. Ainsi la reine Marie devait à l'orfèvre Martin Hersant une somme de 1915 écus « pour plusieurs dyamans et bagues que la dicte dame avoit prinses et achetees de lui a plusieurs

et diverses foiz. » (Bibl. Nat., ms. fr. n° 204984, fos 95 et 96).

les produits de l'industrie française’. A plusieurs reprises, ce riche bourgeois fournit au roi des prêts considérables : en 1473, de compagnie avec Briconnet, il livre à Louis XI 30,000 livres tournois pour la campagne du Roussillon : on leur promet de les rembourser sur le fonds des subsides que doivent payer les villes de Languedoc. Jean Briconnet devient aussi un grand personnage : en 1470, on le charge d’une mission diplomatique à Berne. Les Beaune et les Briconnet occupent déjà une haute situation : de la famille de Beaune sortira Semblancay, le fameux surintendant des finances *.

Les bourgeois commencent à connaître le luxe : les Lyonnais jugent prudent de déclarer au roi que le luxe qui s'étale dans leur ville n’est pas de leur fait ; seuls, les marchands italiens « sont pompeulx en abillemens et apparence... Mais ostez Jlesdiz marchans estrangiers ytaliens, c'est une povre chose que ladicte ville® ». Quoi qu'ils disent, on ne peut supposer que ces étrangers n'aient exercé aucune influence sur les mœurs des commerçants français. En tout cas, certaines familles bourgeoises ont déjà acquis d'importantes fortunes territoriales : en février 1464, Pierre Marion, fils de Jean Marion, citoyen de Lyon, vend à Jean, duc de Bourbon, le tiers de l’étang de Brenoudes, au prix de 1,500 livres tournois".

A cette époque, une partie de la bourgeoisie tend à

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