‹ Louis XI et les VillesChapitre 278 sur 305 · RAPPORT SUR LES EXACTIONS DUN OFFICIER ROYAL · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES EXACTIONS DUN OFFICIER ROYAL

Avertissements au roi sur certaines exaclions et pilleries de Pierre Furgon, receveur des aides en Saintonge.

… Item icellui Furgon et sesdis clercs et commis ont certains marchans et autres gens par lesquelz ilz envoyent achepter les blez, vin, sel et autres denrrees et marchandises et leur baillent largent du Roy pour ce faire. Mais quant ce vient que la saison est chière, 11z affament le peuple, car 1lz tirent iceulx blez dehors du pays par subtilz moyens ; et combien quilz en aient esté

reprins, neantmoins ilz ne sen chastient point pour ce quilz tiennent les officiers des seigneurs chastellains en subjection...

Ledit Furgon tient plusieurs gens francs et exemps de toutes tailles tant par menasses quil fait a aucuns de dire quil les fera commissaires que aussi pour ce quilz sont ses mestayers et serviteurs, et pour certaines gratuitez, dons et corruptions quil en prent et aussi quilz sont ses serviteurs et serviteurs de ses mignons et familiers, et sen trouvera largement par le pays. Et pareillement de la vie dudit Furgon et de sesdis commis. Car tout leur obeist, pour ce que a tous propoux icellui Furgon couche du Roy.

Item icellui Furgon autresfoiz eut charge de par le Roy de appoincter et paier sur les deniers de sa recepte des aides certains marchans d'Angleterre, lesquelx avoient este prins et pillez en mer et desquelx marchans angloiz Jehan Coudrie de Marempue, ung appelé le Barbier, et autres eurent la marchandise, et pour ce quilz lavoient achaptée, le Roy ordonna que tous leurs biens feussent prins et venduz, jusques à plain paiement desdis Anglois, et ou cas que leursdis biens ne pourroient suffire quilz fussent paiez des deniers des finances de Saintonge. Neantmoins icellui en a esté remboursé par le roy...

(Bibl. Nat., Ms. fr., n° 2897, f® 56 et suiv.)

LETTRE DE LOUIS XI AUX CONSULS DE MONTPELLIER (9 mars 1465)

Chiers et bien amez, nous avons seu comme nostre frere le duc de Berri soudainement sen est allé et departi de nostre compaignie, et, au moyen daucuns qui lont séduit, sen est allé devers le duc de Bretagne sans nos scu et vouloir; et nous donnons grand merveille qu'a cela se soit mu, car depuis que sommes venu a la couronne, nous lavons toujours traité en toute douceur et faveur et comme bon frere doit faire, et mesmement luy avons puis n'a gueres creue sa pension de VI" francs par an, ainsi quil nous avoit fait requérir, et en outre lui avons dit de bouche et fait dire par aucuns de nos principaux et privés

officiers que, incontinent que l'appointement de Bretagne seroit fait, nous lui fairions et baïllerions tel apanage et provision quil en devroit estre bien content ; et pour ce que, attendu la maniere de son dit departement, et quil est a presumer que ceux qui lont a ce induit tendent a mauvaise fin que autrement, voulans obvier aux inconveniens qui pourroient advenir par les exhortatations et choses que lon pourroit dire et faire a l’occasion et sous ombre de nostredit frere, nous avons bien voulu vous advertir et autres de nos sujets des choses dessusdites et de la maniere dé faire, afin que ce inconvenient en venoit au royaume, ne cuidès pas que ce soit a nostre faulte, combien que nous avons intention et sommes deliberes, moyenant layde de Dieu et de nos bons et loyaux sujets de y obvier et donner provision par toutes manieres possible. Si vous mandons bien expressement, et sur la loiauté et obeissance que nous devés, que a nostredit frere ne a ceux quils envoieront de par lui devers vous ne faites ou donnés aucune ouverture, faveur ne obeissance sans nos congés et que ayez mandement sur ce de nous ; ainçois se aucuns venoient de par lui devers vous, ne faites ou donnés aucune ouverture, faveur ne obeissance sans nos congés, et que ayez mandement expres sur ce de nous; ainçois se aucuns venoient de par lui devers vous, les arretés et mettés en lieu seur sans en faire aucune delivrance, jusqu'a ce que ayez de nos nouvelles, et de surplus, vous veuilles si bien maintenir et gouverner envers nous, en continuant toujours et perseverant en la loyauté et obeissance que nous devez, comme en avons parfaite fiance, et par maniere que en doyez toujours de bien en mieux estre envers nous recommandés, comme bons et loyaux sujets doivent estre envers leur souverain seigneur.

Donné à Poitiers, le IX® jour de mars.

Lours DE LA LOoëRe.

(Bibl. Nat., Collection de Languedoc, t. XC, f° 36.)

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