‹ Louis XI et les VillesChapitre 279 sur 305 · DE SERVIR LA POLICE ROYALE · texte numérisé non relu

DE SERVIR LA POLICE ROYALE

Ce sont les articles du serment que Jean Quetier, Arnoul Ruzé, Guillaume de Beaune et Thomas de Saint Paoul, marchands de Tours, feront par le commandement du Roy et de son ordonnance sur la vraye Croix de S'-Lau, present le Doyen de la dicte Eglise de S'-Lau, qui recevra ledit serment, et aussi presens les maire ou soubsmaire, et aucuns autres de la Loy de ladite ville que lesdis maire ou soubsmaire y appelleront.

Premièrement que s'ils scavent ou ont congnoissance que a Tours ou ailleurs on traicte d'aucune chose qui touche ou soit contre le Roy ou Monseigneur le Dauphin dont il soit besoin le Roy estre adverty soit de provision et quelques grands offices ou benefices, comme d'Eveschez, d'abbayes ou autres dignitez que incontinant qu ils en auront congnoissance, ils en advertiront ledit seigneur; et feront advertir, sans aucune chose luy en receler.

Item, qu'ils ne s'entremettront desdictes grandes matieres ne icelles conduiront en quelque maniere que ce soit, que premièrement ilz ne scachent et soyent acertenez deuement que ce soit le bon vouloir et plaisir du Roy.

Item, qu'ils ne souffriront aucun estre pourveu en la ville de Tours à offices ou benefices qui ne soit feal au Roy. Et si on s'efforcoit de le faire, ils l'empescheront à leur pouvoir et en advertiront ledit seigneur comme dessus.

Item, qu'ilsn'auront société, communication ou intelligence a aucuns qu'ils scachent estre malveillans au Roy, et mesmement avec le Tresorier de Bretagne, ne ne leur escriront aucunes nouvelles, ne feront scavoir de bouche ne autrement sur peine destre reputez desloyaux au Roy, et punis comme crimineux de lese-majesté.

Item, et dudit serment et promesse cy-dessus contenue, bailleront lettres signees de leurs mains lesquelles letres demeureront a la garde desdis doyen et chapitre de la dicte Eglise de Saincet Lau.

Ainsi signé : Regnier.

(Bibl. Nat., Ms. fr., n° 2831, f° 54.)

LETTRE DE DE NARBONNE, BOUASTE ET PICART AU ROI (16 novembre 1467)

Sire, nous nous recommandons à vostre bonne grace tant et si tres humblement que plus pouvons. Sire, par Guillebert de Grassay, vous avons nagueres escript ce qui avoit esté fait et besoigné sur le fait d'aucuns de ceste ville sur lesquels on avoit souspecon. Et depuis-nous avez escript et mandé par Jehan Picart et mesmement aujourduy par autres letres que vouliez que on vous envoiast aucuns denommez en voz lectres et autres sur qui on avoit souspecon. Et pour ce, Sire, qu'il nous a semblé que les dénommez en une cedule cy dedens enclose, estoient suspectez pour les causes qui y sont declairees, nous les avons mandez et parlé avec eulx, reserve a Briselance, au filz Cadino et Blanchart qui estoient alez hors de la ville, et leur avons dit que pour aucunes causes, il est besoing quilz alassent devers vous incontinent, lesquelz ont promis tous ainsi le faire et se partent aujourduy pour y aler. Mais, pour vous avertir, sire, ilz ne sont pas tous d'une condicion, et y en a de plus suspectz les ungs que les autres, que vous dira, se c'est vostre bon plaisir, Pierre Tuvache, lequel nous envoyons devers vous, afin de vous informer bien a plain de tout pour en ordonner à vostre bon plaisir. Et au regard desdits Briselance, Cadino et Blanchart, incontinent qu'ilz seront venus nous les envoierons.

Au surplus, sire, vous nous mandez que ne nous soussions que de fere grant chere, et que ne prenons pas assez garde en ceste ville, et que Monsieur Charles ne marcheroit point sil ny avoit aucuns entendemens. Sire, nous y avons fait et faisons tous les jours tout ce qu'il nous est possible de faire et comme pour nous mesmes, Car 1] nous semble bien que le cas nous touche de nostre vie et estat. Mais, sire, il est bien besoing de prendre garde ailleurs que a Rouen, et donner provision aux places et pais de la Basse- Normandie qui sera gasté, se remede ay est mis. Et se il y a bonne resistence, nous naurons garde a Rouen du costé des Bretons. EL quant eulx ou autres y vendroient, si nous semble il bien quilz seroient deceuz de leur pretencion, car il y a autre ordre en la ville quil ny avoit a lautre fois que fusmes trompez. Sire,

nous veons et oyons tous les jours parler ceulx de la ville et communiquons souvent avec eulx ; mais nous les trouvons tous de bon vouloir pour vous servir contre tous et nommeement contre monseigneur Charles, et aussi nous leur avons tousiours dit que vous avez ceste fiance en eulx.

Sire, nous avons escript à Monseigneur l'admiral quil sen viengne en ceste ville et lactendons chascun jour; et au plaisir de Dieu, prendrons garde si bien partout que aucun inconvenient ny adviendra, auquel nous prions qu'il vous doint bonne vie et longue et accomplissement de voz tres nobles desirs. Escript a Rouen le XVI®* jour de novembre.

Vos tres humbles et tres obeissans subgetz et serviteurs :

de Narbonne, Bouaste, Picart.

(BLDIENat Ms. fr, n°2811, 1° 55.)

Page 1