‹ Louis XI et les VillesChapitre 280 sur 305 · REQUÊTE DES HABITANTS DE SAINT-SERNIN AU ROI · texte numérisé non relu

REQUÊTE DES HABITANTS DE SAINT-SERNIN AU ROI

Au Roy nostre sire.

Supplient tres humblement voz humbles serviteurs et subgectz les consulz, manans et habitans de Saint-Sernin en Rouergue. Comme il soit ainsi que au temps passé la ville feust pour les {rois parties. atfeu..…… Louis, seigneur de Vaumert..….. et l’autre partie a Guillaume de Monestier, lequel... vendit icelles trois parties au Roy Charles?, qui Dieu pardoint, pour le pris de deux mil escus dor, duquel pris lesdis supplians pour le grant desir quilz avoient destre a tousiours maiz audit seigneur luy donnerent pour luy a Paris la somme cinq cens livres tournoys. Et depuis deux ans ença ledit Guillaume de Monestier a vendu lautre quarte partie et tous autres droiz que il avoit en ladite seigneurie a Pierre Raimond de Lavornie, escuier, pour le pris de dix sept cens livres tournois ; et icelle vendicion venue a la notice desdis supplians, se sont transportez en vostre ville de Rodes devers voz ofliciers ausquelz lesdis supplians signiflierent ladite vente, en les requerant bien que tout le seurplus dicelle

4. Dans le manuscrit, se trouvent plusieurs lignes à peu près effa-

cées, et qu’il est impossible de reconstituer.

seigneurie est vostre, de la retenir par puissance de fief et seigneurie audit pris de XVII Livres tournois et en remonstrant à vosdis officiers comme icelle ville de Saint-Sernin est ville forte et situee en lieu fort avantaigeux de montaignes, parquoy est besoing quelle soit nuement vostre pour la garde dicelle et du pais, sans ce quil soit besoing que ÿ aiez autre consort avec vous, pour les inconveniens qui sen porroient ensuir pour le temps avenir, ainsi que autresfoiz sont avenuz a cause de layeul dudit de Lavornie achecteur dessusdit qui se disoit avoir quelque part en icelle seigneurie, et par vindication daucuns de ladite ville, qui ne luy voulurent obéir a ses mauvaises entreprinses et oultrageux desirs et voulentez, bailla icelle ville au comte d'Armignac qui lors estoit, par quoy elle et tout le pais denviron furent par long temps en grande captivité et misere, a cause des pilleries et roberies qui y furent faictes. Et aussi offrirent iceulx supplians a vosdis officiers de vous aider a paier ladite somme que en a baillee et paier ledit de Lavornie de la somme de IIIIC livres tournois ; et combien que depuis par plusieurs foiz vosdis officiers ne eussent de ce faire esté sommez ni requis, ce nonobstant ung nommé maistre Jehan Lefevre lors soy disant vostre tresorier en Rouergue, sans avoir regard a vostre proffit et augmentacion de vostre dite seigneurie a investi ledit de Lavornie de icelle quarte partie et de tout ce que ledit de Monestier luy avoit baillé et vendu pour ledit pris et non obstant les contradictions de vostre procureur oudit pais quil faisoit que lesdiz loz ne feussent audit de Lavornie, ladite somme de XVII: livres tournois et tout ce qu'il en avoit baïllé dun an lors ensuyvant et acomply le premier jour de mars prouchainement venant que vous ou vostre procureur le puisses retenir ; et de laquelle investiture et possession lesdits supplians en appelerent en vostre court de parlement à Thoulouse ou ladite cause est pendant de présent. Ce consideré et aussi laugmentacion et prouffit que pourrez avoir chascun an en ladicte seigneurie dudit Saint-Sernin et que vostre dicte ville qui est l'une des plus fortes du pais de Rouergue en sera mieulx gardée et voz pauvres manans et habitans de ladite seigneurie estant nuement soubz vous mieulx entretenuz, 1l vous plaise retenir et tirer à vous tout ce que ledit de Monestier a baillé par contract de vente audit de Lavornie. Et lesdis supplians vous aideront, comme dessus est dit, de ladite

somme de IT: livres tournois et prieront Dieu pour vostre bonne prosperité et santé.

(Bibl. Nat., Ms. fr., n° 20495, fe 20.)

LETTRE DE CHATEAUNEUF AU ROI (27 septembre 1471)

Sire, tant et tres humblement que nous povons nous recommandons à vostre tres bonne grace, à laquelle plaise savoir que les consulz, bourgois, marchans et autres habitans de vostre ville et cité de Rodez, envoyent presentement par devers vous maistre Guillaume de Mayres juge de Comminges pour vous remonstrer les bons vouloirs, loyale et feable affection, esquelz ilz sont, ont esté et ont entention destre à jamais envers vous, et aussi comment en acquictant leurs bonnes loiaultez et fidelitez, 1lz ont entention de tousiours demourer en vostre bonne et vraye obbeissance. Et pour ce que les avons trouvez et trouvons tousiours telz et en ce mesme propos, déliberez dy vivre et mourir ainsi que ledit Mayres, porteur de ces presentes, vous dira si sest de vostre bon plaisir. Vous supplions quil vous plaise de vostre grace les avoir pour recommandez en leurs affaires... et faire en maniere qu'ils puissent congnoistre le bon vouloir quil vous a pleu leur remonstrer par voz gracieuses letres, desquelles ont esté tant

contens que merveilles.

Signé : CHATEAUNEUF.

(Ib PANa Es Tr. n°2811, .°107.)

LETTRE DES OFFICIERS D'ANGERS A BOURRÉ (4 mars 1475)

Nostretres honnoré seigneur, nousrecommandons humblement à vostre bonne grace. Et vous plaise savoir, nostre tres honoré seigneur, que nous avons esté advertiz que a linstance et pourchaz de maistre Guillaume de Cerisay, les gens de la mairie de

ceste ville d'Angers ont voulu obtenir de monseigneur le chancelier lettres de congié de publier la confirmacion quilz dient avoir des privilleges de leur dite mairie ; dont doubtons que nen ayez esté adverty. Et pour ce en escripvons à mondit seigneur le Chancelier, ainsi que pourrez veoir par le double de ses lettres que nous envoyons cy dedans encloses, vous supplians, nostre tres honnoré seigneur, faire envers mondit seigneur le chancelier, en maniere que la sourprinse desdiz de la mairie ne sorte son effect. Et en briefs jours, vous envoyrons gens et memoires pour debatre et remonstrer les questions ou grant conseil et ailleurs ou adviserez. Nostre tres honnoré seigneur, nous prions le benoist filz de Dieu que vous doint bonne vie et longue. Escript de Angiers, le 4 jour de Mars.

Vos tres humbles serviteurs les officiers ordinaires et autres gens du Conseil du Roy à Angiers.

A nostre tres honnouré seigneur, Monseigneur du Plesseys Bourré, trésorier de France.

(Bibl. Nat., Ms. fr., n° 20493, f° 65.)

NA LETTRE DES HABITANTS D'ANGERS A BOURRÉ (8 mars 1475)

Nostre très doubté seigneur, nous recommandons tres humblement a vostre bonne grace et vous plaise savoir, nostre tres doubté seigneur, que par plusieurs foiz vous avons escript et adverty de linterestz que le Roy et la chose publicque de par decza a a lencontre de la confirmacion de ceste nouvelle mairye nouvellement erigee en ceste ville d'Angiers en grant confusion de nombre de gens, prejudice des droiz du Roy et de son auctorité, et comment les gens de touz estaz du pais navoient a ce donné leur consentement ne nestoient deliberez de jamais donner, et que a ceste matiere ne devoit estre touchié plus tost que messieurs les trésoriers de France et procureurs du Roy pour leritretenement du domaine et touz les estaz du pais eussent esté sur ce oiz. Et neantmoins avons esté advertiz et puis nagueres que aucuns, a linstance et pourchaz daucuns qui estoient de ladite mairie et mesmement de maistre Guillaume de Gerisay, ont voulu obtenir

Re

de vous lectres de congié de publier leur confirmacion de ladite mairie, sans ce que a ce aient esté appellez nosditz seigneurs les trésoriers et procureur du Roy, qui seroit chose de grant prejudice et detriment au Roy et a toute la chose publicque de par deça, qui sont touz deliberez ne souffrir telles choses pour rien que soit, et, avant que le souffrir, poursuyvre et faire poursuyvre par le procureur du Roy la cause dappel par lesditz de la mairie, interjectée en la court du parlement contre la reintegracion du domaine. Et pour ce que doubtons que quelques lectres qui vous aient esté escriptes pour les grans affaires que avez eues pour le Roy durant ces estaz et autrement, navezesté adverty de ce que vous avons escript, a cesle cause vous en escripvons de rechef pour y 8 garder les droiz du Roy nostre très doubté seigneur. Nous prions le benoist filz de Dieu que vous doine tres bonne vie et longue. Escript de Angiers le IV° jour de mars. (Bibl. Nat., As. fr., n° 20493, f° 54.)

COMMENT EST RÉGLÉE LA QUESTION DE LA MAIRIE D'ANGERS (1° mai 1484)

A tous ceulx qui ces presentes letres verront, Anthoyne de Chourses escuyer, conseiller et chambellan du Roy nostre sire et cappitaine de son chastel d’Angiers et Jehan Bourré, escuyer, seigneur du Plessys Bourré, conseiller dudit seigneur et trésorier de France, commissaire dicelluy seigneur en ceste partie comme appert par registre du grant conseil du Roy et les lectres patentes de commission cy apres incorporees, salut. — Comme plusieurs debatz et questions feussent sours et meuz et esperez a sourdre et mouvoir au grant conseil du Roy nostre Seigneur, depuis la mort et deces du feu Roy Loys derrenierement decedé que Dieu absolve, entre les officiers ordinaires dudit seigneur en ladite ville d'Angiers et autres gens des estaz dicelle ville dune part, et les maire, soubsmaire eschevins et conseillers de celle ville dautre part, touchant ce que de la part desdits officiers et autres habitants de ladite ville estoit dit que ladite maire d'Angiers et le corps et communauté dicelle qui avoient esté de nouvel erigees

et mises sus par ledit feu Roy Loys en ladite ville estoient prejudiciables et dommageuses au Roy et a ses droiz et a ladite ville et habitans et a la chose publicque tant dicelle ville que dudit pais d'Anjou pour plusieurs causes et remonstrances que lesdits officiers du Roy et autres gens des estaz de ladite ville eussent fait dire et remonstrer audit grant conseil dudit seigneur, tendans a fin que ladite mairie fust ostee et adnullee, ou au moins quelle fust modiffiee et diminuee tant en nombre de gens que en plusieurs autres choses; et sur ce que lesdits maire, soubsmaire, eschevins et conseillers de ladite mairie d'Angiers disoient au contraire que ladite mairie corps et communauté dicelle et leur maison de ville a eulx donnee, erigee et mise sus par ledit feu Roy Loys derrenierement decedé estoient tres necessaires utiles et proufitables pour ladite ville et pour la chose publique dicelle et de tout le pais par plusieurs autres raisons, remonstrances et allégacions quilz disoient et allegoient au contraire desdits officiers du Roy et gens desdits estaz de ladite ville: par lesquelx differans debatz et questions lesdites parties tant d'une part que dautre se fussent trouvees audit grant conseil du Roy pour dire, proposer et alleguer leurs faiz, raisons et remonstrances tant d'une part que d'autre, sur lesquelles elles fussent accordees et condescendues a traicte, accord et appoinctement lequel eust esté accordé par entre eulx audit grant conseil et auctorisé par iceluy et par lequel traicté accord et appoinctement lesdites parties dun commun assentement nous eussent nommez, esleuz establis et eussons esté commis et ordonnez et depputez commissaires de par le Roy par l'ordonnance et appoinctement dudit grant conseil pour mectre ordre et pour disposer et ordonner sur et touchant le fait de ladite mairie d'Angiers, tant au nombre des personnes que pour le regime et gouvernement des deniers communs de ladite ville, ainsi que de toutes les choses dessusdictes appert par le registre, ordenance et lectres dudit seigneur donnees et expedices en son grant conseil, desquelles la teneur sensuit. Extrait, etc. En procedant a lexecucion desquelles lectres de commission et du pouvoir a nous donné et commis par icelles, nous le XXII" jour du moys dernier l'an mi ITeLXXXIV, apres Pasques estans en ladite ville d'Angiers et autres Jours ensuyvans avons fait assembler et comparoir par devant nous lesdits officiers et gens du conseil du Roy et autres

des autres estaz de ladite ville d'une part, et lesdits gens de ladite mairie d'Angiers en la plus grant et saine partie, procureur et autres officiers dicelle, d'autre part. Entre lesquelx pour parvenir a decision et pacificacion touchant le fait de ladite mairie et les debatz et questions qui estoient et povoient estre au tenps ancien a loccasion dicelle et des deppendences et pour parvenir à la forme et ordre et maniere de user pour le temps avenir de et en icelle mairie, a esté procedé par escript en la forme et maniere qui sensuit, cest assavoir que de la part desdits officiers du Roy et gens desdits estaz de ladite ville ont été faiz mis et baïllez par devers nous articles et remontrances, esquelz articles estoient contenus et comprins la modificacion forme et ordre, a quoy ils demandoient ladite mairie d'Angiers estre reduite et modifliee et dorenavant regie et traictée et aussi les deniers communs de ladite ville. Lesquelx articles par nous receuz ou la coppie diceulx ont par nous esté monstrez et baillez ausdits de la mairie d'Angiers pour les veoir et visiter et pour sur ce fere response par escript pour sur le tout estre par nous conclud et ordonné ce que verrions estre a fere par raison. Lesquels de ladite mairie d'Angiers après lesdits articles par eulx veuz ont mis par devers nous leurs responces et requestes quilz ont voulu fere et demander sur le contenu des articles dont cy dessus est faicte mencion. Après lesquelx articles d'une part et d'autre par nous veuz et iceulx par nous communiqués tant aux gens, ofliciers et procureur du Roy que a autres gens dautres estaz de ladite ville et apres les choses longuement debatues et arguees et plusieurs remonstrances faictes tant dune part que dautre, nous, par l’advis deliberacion et consentement dicelles parties tant dune part que dautre part pour la pacificacion et union des debatz et questions qui estoient et qui eussent peu estre pour le temps avenir et pour nourrir lunion et amour entre les habitans de celle ville, a ce que pour le temps avenir les negoces afferes et deniers communs dicelle soient et puissent estre bien gardez, traitez, regis et entretenus et pour oster les rumeurs, clameurs et dissensions et y obvier pour le temps avenir, nous avons modéré, modiflié et reduit ladite mairie d’Angiers, cest assavoir que pour le temps avenir y aura et demourra en icelle ville d'Angiers ladite mairie, composee seullement du nombre de ung maire et XXII eschevins et conseillers, ung procureur et ung clerc de ville,

ung receveur et III sergens, sans ce que ledit nombre de ceulx de ladite mairie puisse pour le temps avenir estre sourmonté ny estre augmenté ne plus ample. Lequel maire dorenavant y sera muable par chascun an et semblablement le receveur. Et au regart du sourplus du nombre decelle mairie, tant eschevins, clerc et procureur que sergens, ilz seront perpetuelz comme en la ville de Tours, cest assavoir a leur vie, si non quil y eust cause et matiere den oster et muer aucuns, au quel cas lesdits maire et eschevins le pourront fere. Et se eslira doresnavant par chascun an ledit maire pär les gens du Roy et des estaz laiz de ladite ville, cest assavoir par ceulx qui seront deleguez et depputez par lesdits estaz et convoquez avec ceulx de ladite mayrie et aussi par ceulx qui seront commis et depputez par lesglise et par l'université de ladite ville jusques au nombre de deux ou de troys personnes des chascuns desdits de leglise et de l'université qui pourront estre en ladite ellection avecques ceulx des autres estaz. Et se fera ladite election en la maison de ladite ville au jour du premier jour de may, et par laquelle election sera nommé et eslu une personne des estaz laiz de ladite ville soit desdits eschevins, conseillers ou autres des plus suflisans, ydoines et des plus honnestes estaz de ladite ville demourant et faisant residence en icelle et non autre, lequel esleu sera presenté ou fait présenter par lesdits eschevins. Lequel esleu sera présenté au senechal d'Anjou par lesdits eschevins ou au juge d'Angiers ou leurs lieutenans en leur absence ou a lun deulx. Et ledit maire qui sera esleu fera le serment audit senechal ou au juge en la présence desdits eschevins, tel quil est requis en tel cas. Et aussi sera tenu iceluy mayre le fere ausdits eschevins qui seront en ladite ville en leur maison de ville. Et au regart desdits eschevins et autres officiers dicelle mairie ainsi qu'ilz seront vaccans pour le temps avenir, ilz seront esleuz par lesdits maire et eschevins de ladite ville. Et lesquelx eschevins qui y seront esluz seront tenuz en prendre et accepter la charge de peur destre mis hors de la ville ; et se fera lelection à huitieme jour après la mort du décédé par lesdits maire et eschevins estans lors en la ville. Et lesquelx maire et eschevins et procureur, receveur et clerc de ville et leursdits sergens se pourront assembler toutes les foiz quil leur plaira pour les afferes particulieres dicelle mairie. Mais ilz ne pourront faire assemblee generale de ladite ville sans preallable-

ment appeler les officiers du Roy ou deux des principaulx dentre eulx lors estans presens en ladite ville et eu avecques lesdits officiers sur ce advis et deliberacion. Et lesquelx maire et eschevins, conseillers auront et leur demeurent en main et distribuction au prouflit de la communeté de la ville les deniers, prouffits et revenus de la cloaison et des pavages et barrages, avec le droit de fournir le grenier a sel de ladite ville et le prouffit de la marchandise dicelluy grenier que ladite ville y sera tenu fournir si bon leur semble pour iceulx employer es prouffit et utilité de ladite ville. Avecques ce leur demeure la juridiction et justice et congnoissance de touz lesdits deniers communs de ladite ville contenuz et declairez es privileges de ladite mairie, et les reservacions cy apres contenues et déclairées, dont 1lz feront fere les contrainctes par leurs sergens. Et lequel maire qui doresnavant sera en ladite ville aura de gages la somme de cinquante livres tournoys tant seullement et non plus, ledit procureur de ville la somme de quinze livres, ledit receveur la somme de vingt livres et chascun desdits quatre sergens pour leurs robbes et gages la somme de douze livres tournoys et le clerc de ville la somme de vingt livres tournoys, sans ce que lesdits gaiges puissent estre haulsés ni diminuez pour le temps avenir. Et au regart de la baillée de la cloaison de ladite ville qui a esté fete par cy devant par lesdits de la mairie est appoincté quelle demeure en sa vertu selon sa forme et teneur pour convertir es acquetz et afferes deladite ville comme par cy devant. Et pour ce que lesdits de la mairie par leurs privilleges ont faculté de pouvoir assoir et imposer en cas de necessité pour les afferes de la ville aucun impost sur les marchandises jusques à la somme de mille livres, est appoincté et accordé que lesdits maire et eschevins conseillers audit cas le pourront faire, le tout selon le contenu de leurs dis previlleiges, pourveu quilz y appellent les ofliciers du Roy et gens des estaz laiz de ladite ville. Et en tant que touche le sourplus desdits articles et du fait de ladite mairie contenu par declaracion es lectres dudit feu Roy, avons déclairé et declayrons que iceulx mayre, eschevins, conseillers, receveur, clerc de ville et touz autres manans et habitans de la dite ville joyront doresnavant de touz leurs privileges a eulx donnez par ledit feu Roy et confirmez par le Roy nostre sire qui a ce present est, sauf et reservé la diminucion desdits de la mairie et ce que dessus est escript, et la justice

ordinaire, la prevosté et conservateurerie de ladite ville et le domaine du Roy nostre sire, auquel domaine, Justice, juridiction et conservateurerie et les choses qui en dépendent ilz ne pourront aucunement toucher ne aucune chose demander ne quereller mais en tous cas demoureront au Roy en maniere que aucune diminucion de son domaine ne sen pourra enssuyr ; nauront lesdits de la mairie que la justice et cognoissance de leurs dits deniers cy dessus declayrez quelque chose que contiennent lesdits privilèges et en feront fere Les contrainctes par leurs sergens. Et est ce fait sans prejudice et reservacion des privilèges, franchises et libertez de leglise et de luniversité de ladite ville qui demeurent en leur entier ainsi que est dit et contenu es lectres du Roy et appoinctement du conseil du Roy ci dessus incorporez. Et pour lesquels vingt quatre eschevins qui des a present seront et demourront en ladite mairie, ceulx de la mayrie, qui precedemment y estoient, ont esté consentans et daccord que les dix de leur nombre dont les noms senssuyvent soient et demourent dudit nombre desdits vinst-quatre. Et au regart des sept restans du dit nombre leur a semblé pareillement que des a present seront et demourront en ladite mayrie, non comprins le mayre, maistre Bertran du Vau et Jehan Bernard esleuz d'Angiers, Jehan Coherie, juge de la prevosté, Th. Muret, Mathurin Depnice, René Manuel, et Jehan Preau qui sont gens utilles pour le bien de la ville et de la chose publicque ; dont de tout avons esté contens et daccord. Et touz lesquelx vingt quatre eschevins assemblés sont et demeurent, seront et demourront eschevins et conseillers de ladite ville en la forme cy desclairée. Et au regart du sourplus du nombre des eschevins et conseillers qui estoient par cy devant de ladite mairie d'Angiers oultre ceulx qu sont demourez, ilz joyront des privilleges de ladite mairie ainsi que font ceulx de la ville de Tours.

Et davantaige pour conservacion desdits privilleges des maire, eschevins et autres de ladite mairie et aussi de touz les manans et habitans de la dite ville de touz estaz, contenuz es lectres de créacion de ladite mairie seront et demourront doresnavant les senneschal et juge d'Anjou et leurs lieutenans et chascun deulx conservateurs diceulx privilleges. — Fait à Angers es presence des officiers et du procureur du Roy estant audit lieu et autres, le premier jour de may lan mil CCCC quatre vings et quatre.

(Bibl. Nat., Ms. fr, n° 20493, fes 13-19.)

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