‹ Louis XI et les VillesChapitre 65 sur 305 · Giry, Les Etablissements de Rouen, t. 1, p. 395 et suiv · texte numérisé non relu

Giry, Les Etablissements de Rouen, t. 1, p. 395 et suiv

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Clabault ont d’abord été drapiers, puis «€ marchands en waide »; à la fin du xrv° siècle ils arrivent à l’échevinage ; au commencement du xv° siècle, Pierrre Clabault occupe constamment la mairie; sous le règne de Louis XI, la famille devient toute-puissante: Jacques Clabault, élu maire après la démission de Philippe de Morvillers, fait partie de l’échevinage jusqu’en 1475 ; Antoine est élu maire pour la deuxième fois en 1475 et, en 1478, il rentre à la mairie pour cinq ans; à chaque instant ses compatriotes l’envoient en ambassade auprès du roi, qui a toute confiance en son dévouement. Les Clabault sont déjà alliés à plusieurs familles nobles de Picardie. Aux États Généraux de 1468, le maire de Poitiers n'est-il pas réputé « premier baron banneret » du comté de Poitou ? Aussi nulle part les nobles ne dédaignent de remplir des fonctions municipales : il suffit de citer, à Amiens, Jehan de Saint-Fuscien, sire Philippe de Morvillers, sire Hue de Courchelles, sire Jehan de Moy”.

Louis XT élève à la noblesse une aristocratie bourgeoise, très fermée, et qui constituera pour la royauté le plus énergique de ses soutiens”; grâce à elle, toutes les villes seront étroitement soumises au pouvoir central”.

1. Janvier, Les Clabault, famille municipale amténoise, Amiens,

2. Aug. Tarerry, Xec. de mon.inéd., t. I, p.304: — Il en est de même à Lyon, à Tours (cf. LamBnon pe Licnim, Armorial des maires de la ville de Tours, Tours, 1847).

3. Louis XI se méfie toujours des gens de basse naissance; ainsi les commissions municipales, qu'il institue, ne se composent jamais que de notables : à Montpellier, sur l’ordre du général des aides, on crée une commission de neuf notables, qui doit s'occuper de la justice des aides(Arch. mun., BB, année 1471); en 1478, le Parlement de Toulouse invite les Capitouls à convoquer seize notables, et à élire, en leur collaboration, deux ou trois hommes compétents, qui seront chargés de veiller constamment aux réparations du pont et de diriger ‘les constructions de la ville (Arch. du Parlement de Toulouse, B 84, f0,353v0.):

4. Bouthors fait très justement remarquer qu'à Amiens, lés patri-

Dans le courant du xv° siècle, les gouvernements municipaux sont devenus de plus en plus aristocratiques : toute l'autorité s'est concentrée dans les corps de ville qui, composés uniquement de riches bourgeois, forment une étroite oligarchie. Louis XI favorise cette évolution, se montre toujours hostile aux assemblées générales, se méfie du « menu peuple ». — Les pouvoirs des magistrats se sont singulièrement restreints, et ce n’est guère qu'en matière de police que leurs attributions se sont conservées intactes. Le roi précipite cette tendance : même dans les questions de police intérieure 1l intervient sans trêve. — Il modifie l’organisation des villes : il remanie un grand nombre de constitutions municipales, rarement à la requête des habitants, presque toujours d’après ses propres idées. Pour lui, en effet, toute réforme n’est qu’un prétexte à affaiblir les libertés municipales. Fonde-t-il une nouvelle ville de bourgeoisie : il ne la dote point de libertés politiques ; il ne lui accorde que des privilèges matériels, commerciaux, civils. — Il dispose à son gré des constitutions municipales, qu'il peut supprimer selon son bon plaisir; souvent 1l viole les chartes qu'il a lui-même octrovées. Les agents royaux se montrent encore plus autoritaires que leur maître ; ils s’opposent de toutes leurs forces à la création de nouveaux privilèges ou veulent tout au moins en entraver la pratique. Non seulement les Parlements ne cessent de contrôler l'administration municipale ; mais encore les simples ofhciers s’'immiscent dans toutes les affaires et, par une lutte journalière, poursuivent l’œuvre de centralisation. — Suivant une vue systématique, Louis XI s'efforce de transformer les magistrats en ofliciers royaux ; il s'ingère dans toutes les

ciens, anoblis par Louis XI, deviennent rapidement hostiles auxlibertés municipales ; c’est de leur classe, déclare-t-il encore, que sort toute la noblesse des environs (Coutumes locales du bailliage d'Amiens, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 1845,

Notice pp. 42-44).

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élections et parvient à en disposer souverainement. Il & gagne à sa cause les corps de ville et les riches bourgeois en leur prodiguant des faveurs personnelles ; 1l les . ainsi des libertés municipales ; il tend à élever à la noblesse le patriciat bourgeois ; grâce à cette classe dévouée, la royauté

peut anéantir Le derniers vestiges de l indépendance locale.

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