‹ Louis XI et les VillesChapitre 70 sur 305 · J. Varsen, Lettres, t. III, p · texte numérisé non relu

J. Varsen, Lettres, t. III, p

4. En janvier 1478, le roi envoie aux Lyonnais un messager, qui leur recommande de faire « aussi bonne garde en cestedicte ville comme silz avoient C mille Angloys autour de la ville, et quilz ne se fiassent point en Monseigneur de Bresse, car il ne le tenoit pas pour son ami... » (Arch. mun. de Lyon, BB 16, fo 60 vo).

Poitiers, le 9 avril 1465, le maire et les conseillers créent un office de clere des guets et en donnent la charge à Jehan Michelot'. — À Tours, en 1465, pour obéir aux ordres du roi, l'assemblée générale décide que la ville sera divisée en onze quartiers : chaque quartier fournira une compagnie, que commandera un capitaine; chaque habitant s'armera et s’équipera selon ses moyens et à ses frais. Pendant les séjours du roi au Plessis, cinq cents bourgeois, armés et vêtus uniformément, doivent monter la garde à tour de rôle sur les murs; il est défendu à tout habitant de sortir de la ville, après huit heures du soir. Il faut que Tours crée, à l'usage de sa défense, toute une artillerie, ee qui lui coûte 3,000 livres tournois : des Liégeois viennent enseigner le maniement du canon aux. compagnies urbaines?, Les habitants de Paris forment une véritable armée, groupée par «dixaines » et par quartiers : en 1472, ils défilent, en armes, devant le roi, le président des Comptes, le prévôt des marchands et un grand nombre d'officiers, qui les passent en revue ; le 20 avril 1474, a lieu une nouvelle « monstre » de l’armée de Paris, qui comprend environ 100,000 hommes superbement équipés”. — Les corps municipaux promulouent sans cesse de minutieuses ordonnances relatives à la défense et à la sécurité de leur ville‘.

Le guet et la garde constituent pour les villes une lourde

charge. Aussi les bourgeois s'efforcent-ils d'y faire parti-

1. Le 26 avril « délibéré aussi a esté pour la plus grant seureté de la ville que chascun dixainier verra et visitera combien il est nécessaire davoir de guetz en la garde qui lui a esté baillée » (Arch. mun, de Poitiers, Cart. 98, no IV, fos 280 et suiv.).

. Girauper, Histoire de Tours, t. T1, p. 238 Chronique Scandaleuse, p. 98 et 108.

&. Var, Statuts, p. 784. En janvier 1471, voici ce que décide le

corps de ville de Reims : « Que nuls forains privés ne voisent hors

de leurs maisons ou logis de nuit sans clerté ouitre l'eure de IX heures, ne portent armes ou bastons... » Les portiers doivent surveiller les gens qui entrent..., ete., ete,

RO

ciper les ecclésiastiques : à Reims, en 1471, le Conseil décide que les gens d'Église feront le guet comme les autres habitants”; en juillet 1465, l'évêque d'Amiens prétend que le clergé doit être exempt du guet et de la garde; mais les magistrats n'admettent pas cette théorie, et l'assemblée générale invite Le capitaine de la ville à soumettre les clercs à la règle commune : «Se ils defaillent où n'y veulent aler, dit-elle, 1ls seront pugnis comme les autres? ». — Dans les débats de ce genre, Louis XI donne presque toujours raison aux bourgeois. À Langres, les gens d'Eglise refusent de faire le guet : le roi écrit au seigneur de Châtillon qu'il serait urgent de convoquer une assemblée, dans laquelle figureraient le clergé et la population laïque; l’on y détermineait dans quelle proportion les ecclésiastiques doivent contribuer aux charges du guet”.

D'ailleurs les bourgeois s'acquittent, en toute conscience, de ces devoirs de défense. Ils ne laissent pénétrer dans leurs murs que des gens sûrs. Les Lyonnais se montrent toujours très méfiants à l'égard des étrangers: en 1465, pendant toute la durée de la guerre civile, ils ferment leurs

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