Arch. mun., BB 15, fos 12 et suiv
porter! À ce moment même ils équipent leurs francs archers qui vont partir en expédition à Avranches", D'ailleurs les ofliciers royaux surveillent les magistrats municipaux dans l'exercice de leurs fonctions; et de ce droit de contrôle naissent bien des abus. En septembre 1473, Louis XI envoieà Reims Raulin Cochinart;ille charge de présider à la réparation des murailles et lui « baille pouvoir de contraindre toutes sortes de gens exemps ou non exemps, privilegiez ou non privilegiez, d'y besoingner ou faire besoingner en toute diligence». Les habitants montrent un grand dévouement ; Louis XI est satisfait de leur activité. Mais en 1475, les Anglais et les Bourguignons menacent le pays : il faut achever sans retard les fortifications, « sans quoy, écrit le roi, nous sommes deliberez d'y mettre nuls gens d'armes, par quoy faudroit par necessité que la ville fust demolie ». Cette menace produit son effet : les habitants achèvent les murailles et se procurent de l'artillerie. En 1477, l’archevèque Pierre de Laval, lieutenant-général, reproche à Raulin Cochinart sa conduite violente et brutale, et fait emprisonner plusieurs de ses agents, sans que les Rémois manifestent le moindre mécontentement: Louis XI leur en fait un crime. En réalité, Cochinart avait commis à Reims de très graves excès : 1] avait rançonné les marchands, extorqué à tous les habitants de très fortes sommes : une fois, 1l a fait vendre toutes les marchandises qui se trouvaient chez deux merciers. Tous ces faits nous sont révélés par le procès, qu’on intente au commissaire royal en 1485: l'accusé ne se trouble en aucune façon: « Nonobstant toutes leurs pertes, répond-il, les gens de Reims me doivent encore beaucoup, car sans moi la ville eust esté abattue et rasée: je m'en rapporte à M. Pierre Doriole, à M. du Bouchage et à M. Jehan Leroy, tresorier de Reims ». En effet, le roi l'avait chargé de raser la ville, dans le cas où il aurait