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CHAPITRE Il LES RÉQUISITIONS MILITAIRES

I. Envois de vivres, de munitions, d'armes. — II. Logement des hommes de

guerre. Excès commis par la soldatesque.

Si les besoins de la défense font peser sur les villes de lourdes charges, tout au moins, ces dépenses ont pour elles un intérêt particulier : 1l s’agit de leur sécurité. Mais il est d'autres obligations militaires qui incombent aux bourgeois, sans leur présenter aucun avantage direct : on les astreint à envoyer des vivres, des munitions, des armes aux troupes

royales ; on les oblige à loger les gens de guerre.

Il n'est pas de ville que le roi ne réquisitionne chaque année. À la fin de 1474, Louis XI, craignant une descente des Anglais, donne l'ordre d'accumuler à Bayonne les approvisionnements. À cet eflet, l'évèque d’Aire, assisté du sénéchal de Rouergue et de plusieurs membres du Parlement de Toulouse, part en mission dans tout le Languedoc. A Nègrepelisse, il mande le juge-mage de Toulouse, deux Capitouls et quelques marchands; ces personnages se proposent defaire porter à Bayonne 600 pipes de blé, « et le font très

voulontiers et de bien bon et erant vouloir ». Les consuls

des bonnes villes du Querey promettent 400 pipes'. L'Angoumois, la Saintonge, le Poitou même doivent envoyer des blés. Si quelques villes montrent le plus vif empressement?, beaucoup d’autres éprouvent de grandes difficultés à exécuter les ordres du roi: les habitants de Parthenay se refusent à livrer les 200 charges de seigle qu’on leur réclame” ; en mars 1475, Tonnay-Charente, Angoulême, Saintes n’ont encore rien donné“; malgré plusieurs lettres pressantes de l’évèque d’Aire, Toulouse, le 18 avril, doit encore 400 pipes”. La municipalité de Bordeaux s'était engagée à fournir 1,400 pipes; le 9 mai, elle n’a pu trouver l'argent nécesœeois, et le maire

sacrifiera à cette contribution ses propres deniers®. — En

saire : elle empruntera aux plus riches bour

1478, Louis XI ordonne aux Rémois d’expédier à Arras vingt-trois « queues de vin » et cinq « lars »; le 27 février, le corps de ville envoie à l’armée de Bourgogne un train de vivres qui lui coûte plus de 222 livres tournois ; à plusieurs reprises, dans le courant de l’année, il subvient à la nourriture des troupes royales: le 2 juin, Louis XI remercie les habitants et il leur marque sa gratitude... en les invitant à

4. Bibl. Nat., fonds francais n° 2811, fo 174 ; publié dans l'Histoire du Languedoc, tome XII, Preuves, ce. 156 et suiv. — Les gens du pays ont demandé, en compensation, d'être francs de tout péage au retour comme à l'aller; les propriétaires des péages souffriront de cette mesure, ajoute l’évêque, mais « le prouffit qui pourra ensuyr au Roy et au Royaume passe tout. » (/bid.). — Nous voyons en effet le sire de Rochechouart protester contre la suppression de son péage de Tonnay-Charente (fonds francais n° 20488, fo 61).

2. Par exemple Saint-Jean-d'Angély (fonds fr. n° 20491, fo 50).

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