‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 22 sur 129 · Journal des Etats généraux, p. 661 et suivantes · texte numérisé non relu

Journal des Etats généraux, p. 661 et suivantes

3. De Maulde, Procès du divorce de Louis XII, 1498. (Procédures politiques du règne, p. 1920 et suivantes.)

hk. Compendium de origine et gestis Francorum (1495). J'ai consulté l'édition du Compendium de 1501, fol. 139-160, dernière édition que revit Gaguin avant de mourir. (Bibl. Nat. Rés. L.3% 11). Version française de Pierre Desrey en 1514. (Bibl. Nat. Rés. L$5, 16.)

pédant”. La plus fameuse des anecdotes dont il émailla Le récit du règne de ce roi est l’histoire de Louis buvant le sang des enfants, lors de sa dernière maladie, et se couchant dans son propre tombeau à Cléry pour en donner l'exacte mesure : c’est déjà du bon romantisme *. Mais il faut aussi reconnaitre que le jugement final que Gaguin porte sur le roi demeure en somme assez favorable. Si Louis a opprimé la noblesse et le peuple, il eût été bien nécessaire qu’il vécût quelques années de plus pour le Jeune héritier qu'il laissait sans expérience des affaires et des armes *

Il était réservé à Claude de Seyssel, ambassadeur de Louis XII, qui devint évêque de Marseille, de vulgariser l'opinion que le roi Louis avait cherché à se débarrasser de son frère par le poison; anecdote sans fondement, enjolivée par Jean Bouchet dans ses Annales d'Aquitaine, remplies de légendes, et naturellement par Brantôme ‘ qui, lui, est le trésor des légendes; mais nous savons bien

1. Ajoutons qu'il avait échoué dans la mission que Louis XI lui confia en Allemagne. Voir l'introduction très complète de Louis Thuasne aux Epistole.

2. Voir la lettre à l'évêque de Langres dans laquelle Gaguin rapporte l'histoire de la chasse à l’homme cousue dans une peau de bète (Epislole, éd. Thuasne, t. I p. 309). Méfait imputé à Daniel Le Loup par la rumeur Re

3. «Qui tam etsi durissimis pro suo arbitrio institutis nobilitatem populumque presserit, opere tamen precium regno erat aliquotilli annos vitam superesse, donec Carolus reel quem tenerum et nullo rerum usu exercitum heredem relinquebat. »

4. Faut-il dire que Brantôme a bn le ton à tout ce qui a été écrit à l’époque classique et romantique, de Fénelon à Voltaire, de Walter Scott à Hugo ? On trouvera le portrait qu'il fit du roi dans ses Hommes illusires et grands capilaines françois : « Entre plusieurs bons tours des dissimulations, faintes, finesses et galanteries que fit ce bon roy en son temps, ce fut celuy, lorsque par gentille industrie, il fit mourir son frère le duc de Guienne, et luy faisoit le plus beau semblant de l’aymer, luy vivant. et le regretter après sa mort... » Cette anecdote, Brantôme l'avait recueillie à Paris, au collège, de la bouche d'un vieux chanoine de près de quatrevingts ans. — Mais Brantôme a eu le mérite de nous conserver une partie de la correspondance du sire de Bressuire, et le mot de François 1°" que Louis était « celuy qui avoit jeté les rois de France hors de page ». Et sa conclusion est que Louis fut un grand roi.

que le duc de Guyenne succomba à une maladie de lanqueur *.

Les Louenges du bon roy de France Loys XI de ce nom, dit pere du peuple, et de la felicité de son regne (Paris, Antoine Vérard, 1508°) ne sont qu’une longue diatribe contre Louis XI, destinée à faire valoir le dithyrambe en faveur du roi Louis XII. Ce que Claude de Seyssel a dit de l'enfance de Charles VIIT est absolument infirmé par les documents”. Si Louis a fait élever son enfant dans le château d'Amboise, .et l’a confié au plus fidèle de ses serviteurs, ce n’est pas dans la crainte qu'il avait de son fils; mais il redoutait qu'on s’emparût de l’unique héritier du trône. Louis avait grand soin de Charles * ; il s'inquiétait de sa santé, de ses rhumes; et comme l'enfant avait pris un refroidissement à la suite d’une chasse au faucon, il demanda qu'on le modérât dans ses jeux. Ce n’est pas pour empêcher qu'il se développât qu’il mit un frein à l’ardeur de Charles, mais pour calmer sa passion au jeu, cela dans l'intérêt de sa santé. Le roi avait été un très mauvais fils, ün rebelle; il avait, sinon désiré, du moins attendu très impatiemment la mort de son père. Mais quand Louis sentit sa fin venir, il fit appeler son enfant; il le salua lui-même du titre de roi; il lui adressa ses conseils, de la manière la plus solennelle, dans un admirable testament politique, et il envoya à Amboise sa propre garde”. Le roi n'avait plus besoin de rien puisqu'il allait mourir.

1. M. Henri Stein, dans son histoire si documentée de Charles de France, frère de Louis XI, p. 45o-456, en a fait la preuve.

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