‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 38 sur 129 · PL IN · texte numérisé non relu

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Le samedi 3 juillet 1423, entre trois et quatre heures de l'après-midi, la reine Marie d'Anjou donnait à celui qu’on appelait le roi de Bourges un fils '. Le couple royal résidait précisément à Bourges dans le grand Palais épiscopal, situé à l'ombre de l'immense cathédrale, et que venait d'agrandir l'archevêque Guillaume de Boisratier®.

Le cœur du jeune roi Charles déborde d’allégresse. Il annonce aux seigneurs, aux prélats, aux bonnes villes que Notre-Seigneur, par sa clémence, venait de délivrer sa très chère et très aimée compagne d’un très beau fils. La mère et l'enfant se portent bien$. |

Voilà une nouvelle qui doit causer à ses sujets la plus grande joie, les consoler de leurs souffrances ; qu'ils y trouvent un bon motif de remercier Dieu de sa grâce et clémence. Et les courriers s’en vont au loin porter la bonne nouvelle aux rois de Castille et d'Écosse, les vieux alliés de la cou-

1. Arch. nat., KK 56, fol. 27 v°. « Depyis ce jour de nostre nativité qui fut le troisiesme jour de juillet, l'an mil quatre cens ving trois», lettre de Louis XI citée par Thibault, p. 68 n. — Louis rappellera qu'il est né à Bourges en concédant des franchises à la ville, l’anoblissement du maire et, des échevins, l'élection de magistrats (juin 1474). Ord., XVIII, p. 20. Il ajoutera que la cité est ancienne, grandement décorée de notables églises et d’abbayes, « qu’en ladicte ville et pays d'environ, feuz nostre ires chier seigneur et pere et nostre tres chiere dame et mere... se sont enus Ja plus grande partie du temps ». Enfin, les habitants avaient bien gardé leur ville qui ne tomba: ni aux mains des Anglais ni entre celles des Bourguignons : « Qui fut cause du recouvrement ect sauvement dudict royaume. »

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