‹ Louis XI. Tome premier: Le dauphinChapitre 44 sur 129 · PE · texte numérisé non relu

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Bourguignons avaient assassiné, en 1418, lors de l’émeute parisienne. C'est un homme sévère, modèle de chevalerie, de sagesse et de dévotion. |

Quand il entre dans une église, plus modeste qu’une épousée, il se met à genoux devant le crucifix, les yeux baissés, les mains au ciel, faisant oraison comme un homme du commun. Chez lui, on lit la Bible à l’heure du repas, des livres pleins de doctrine et de moralité comme on le ferait dans un réfectoire de Chartreux '. Et Louis l’endure impatiemment. Le premier chambellan est Amaury d’Estissac, chevalier de Guyenne, officier valeureux et politique éprouvé. Gabriel de Bernes, vieux serviteur du roi, fut choisi comme premier maître de l’hôtel. La charge de premier écuyer échoit à Joachim Rouault, chevalier, un bon soldat, fils d’un chambellan du roi tué à la bataille de Verneuil*. Jean Majoris, qui n’a plus rien à faire comme précepteur, devint confesseur*. Le chapelain est Pierre Harenthal, religieux augustin; Guillaume Leothier, attaché à Louis depuis sa naissance, demeure son « physicien », c’est-à-dire son médecin.

Simon Verjus est maître de la Chambre aux deniers du dauphin, qui reçoit pour ses dépenses ordinaires de l'hôtel une somme assez modique, 10500 livres tournois'. Et Jean Bochetel, l’assiste, qui prend le titre de contrôleur, et sera le principal secrétaire de Louis.

Ainsi, deux maisons particulières sont constituées pour les deux enfants qui, par la suite, auront si peu l’occasion de se rencontrer. Car Louis, qui porte plus que son âge, va être employé aux besognes de la guerre, tandis que Marguerite, sa promise, demeurera près de Marie d'Anjou, apprenant le français, lisant ses Heures près de cette dame pieuse et sage ?.

1. Chastellain, 11, p. 169. — 2. Le dauphin a, en outre, trois maîtres d'hôtel : Jean Sanglier, Jean Iavart, Rogerin Blosset, et Jean Trousseau, son premier écuyer tranchant (Beaucourt, III, p. 4o, n.).

3. Bibl. Nat, P. Orig., 1810. — 4. Treizième compte de Guilliume Charrier (Legrand, vol. VI, fol. 23; Leltres, TI, p. 163-164). — 5. Thibault, p. 150.

Le roi Charles est dans cette passe heureuse qui suivit le traité d'Arras, la grande pensée des diplomates et des fanatiques de la paix qui l’ont, au demeurant, fort bien conseillé. Un autre mariage diplomatique a suivi celui du dauphin Louis : Charles a fiancé Yolande, sa fille, avec le petit Amé de Savoie, prince de Piémont’. Le lendemain de cette cérémonie, Charles et son fils quittent Tours. Ils passeront l'été de 1436 sur les bords de la Loire et, au commencement d’octobre, ils entreprendront une longue chevauchée à travers les provinces fidèles.

Le dauphin Louis découvre la. France. Il va la regarder avidement de ses jeunes yeux aigus, montrant ce don d'assimilation dont il donnera tant de preuves. C'est le contact de 1a réalité, l'expérience qui formeront son esprit, plus que la doctrine.

Louis n'avait vu, jusqu'à présent que les calmes paysages du Berri et de la Touraine; il avait causé seulement avec les paysans, doux et malins, de ces régions. Le voici à Clermont, dans la montagne d'Auvergne, où les gens sont plus rudes et vêtus de grosse bure*?. Il assiste à l’assemblée des États provinciaux de la Basse-Auvergne que préside le roi Charles. Le 22 décembre, Louis entre, avec son père, à Lyon où il reçoit un présent de 500 francs d’or‘.

1. Bibl. nat. ms. fr. 2746, fol. 97, cité par Thibault, p. 151.

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